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Ressources pour le nouveau programme de première de SES


Publicité et développement sont-ils concilliables ?

PUBLICITE ET DEVELOPPEMENT DURABLE SONT-ILS CONCILLIABLES ?


I - LA SITUATION JUSQU'A LA FIN MARS 2008 : UN BLANCHIMENT ECOLOGIQUE TOLERE






le site d'alliance pour la planète : ici



critique le blanchiment écologique ou green washing :

L'argument écologique permet de vanter dans une publicité ou sur un emballage les caractéristiques écologiques d'un produit ou service, ou ses avantages pour la protection de l'environnement. Du fait de l'engouement actuel pour des produits plus respectueux, d'une part, cela permet d'orienter le consommateur dans ses choix, et d'autre part, cela pousse les entreprises à innover pour modifier leur offre.

Or, depuis quelques années, de plus en plus de produits et services sont présentés comme "écologiques", "protégeant la nature" ou "protégeant l'environnement", alors que l'intérêt du produit ou du service pour la nature est minime, voire inexistant. C'est d'autant plus critiquable que l'argument écologique est très utilisé pour les produits et par les entreprises les plus polluants : voitures, produits chimiques, sociétés pétrolières...

Cela s'appelle faire du blanchiment écologique ou de la "désinformation verte" (greenwashing en anglais), parce que cela donne une aura écologique à des entreprises et à des produits qui ne le sont pas.


Sur le site est présenté l'opinion des associations sur le BVP (bureau de vérification de la publicité) :

Une structure d'autodiscipline inefficace

1) Un organisme interprofessionnel d'autodiscipline juge et partie

Le Bureau de Vérification de la Publicité est une association loi 1901 chargée de l'autodiscipline du secteur publicitaire en France. Ceux qui en sont membres édictent les règles déontologiques et en assurent le respect.

Notre avis : il s'agit donc d'une structure à la fois juge et partie.

Mission du BVP : selon l'article 1 des statuts de l'association, de "mener une action en faveur d'une publicité loyale, véridique et saine dans l'intérêt des professions intéressées, des consommateurs et du public". Pour cela, il :

  • Élabore des codes de déontologie
  • En assure le respect

Objectif non dissimulé de l'autodiscipline : éviter toute réglementation plus contraignante de la part des pouvoirs publics.

Notre avis : C'EST REUSSI !! Les pouvoirs publics français se satisfont vraisemblablement de ce système d'autodiscipline sans trop y mettre le nez. Ce système est très utilisé en Europe, sous des formes variées (Voir ce document). Mais contrairement à la France qui se contente d'encadrer la publicité par une réglementation très générale en laissant au juge de soin de l'interpréter (Voir les lois applicables), certains Etats, comme la Suède pour la publicité pour enfant (Voir la note sur la publicité pour enfants), posent un cadre plus strict. C'est donc que cela est possible.

Pour lire la totalité des critiques : l'insuffisance du contrôle de la publicité effectué par le BVP

II - UNE CHARTE QUI PERMET DE CONCILLIER PUBLICITE ET ECOLOGIE ?


Sur le site du Figaro :

Une charte a été signée vendredi entre les publicitaires, les ONG et le gouvernement.

«C'est une mutation complexe. Mais, de grâce, réussissons-la !», a lancé vendredi Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement, qui a mis sept mois à convaincre les professionnels de la communication et les associations écologistes de s'entendre. L'objet des négociations était la mise en place de nouvelles règles de régulation de la publicité au sein du BVP, ou sa disparition pure et simple prônée par certaines ONG. Les parties sont finalement arrivées à un compromis débouchant sur une charte d'objectifs et d'engagements «pour une publicité éco-responsable». «Nous avons fait le choix de la confiance des uns envers les autres», a souligné le ministre. «À défaut, nous serions obligés d'en référer à une haute autorité.» En clair, soit les publicitaires acceptent la concertation, soit une législation contraignante les attend.

Annonceurs, agences et médias se sont engagés à soumettre à l'avis du BVP, avant diffusion, toutes les campagnes comportant un argument écologique. Et ce, afin d'éviter dans la communication des marques des fausses promesses, ce que l'on appelle du «green washing». En outre, le BVP livrera au ministère de l'Environnement un bilan des 15 000 campagnes de l'année, avec désignation de celles qui contreviennent aux instructions. Un processus similaire fonctionne depuis déjà cinq ans, sur le thème du respect de la personne humaine et de l'image de la femme. Un sujet sur lequel Jean-Louis Borloo estime «les lignes de partage plus faciles, car elles relèvent de la morale. En matière de protection de l'environnement, le verdict n'est pas évident et les enjeux économiques lourds».

Tournant historique

La charte de la publicité «éco-responsable» repose sur la refonte du BVP, qui accueillera en son sein un «conseil paritaire de la publi­cité». Celui-ci sera composé et présidé par des ONG et des associations de consommateurs. L'autorégulation sera ainsi soumise à une concertation avec la société civile.


lire l'article : ici

sur le site du BVP :


" Cette Charte concrétise plusieurs mois de concertation approfondie, entre professionnels de la publicité, pouvoirs publics et parties prenantes associatives, dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, mais également du Conseil National de la Consommation, de la Commission de Concertation et du Forum Pub et Cité.

« Dans cette Charte, les professionnels de la publicité prennent trois engagements forts en matière d'environnement : d'abord, un renforcement de leurs règles déontologiques; ensuite la mise en place d'un conseil avant diffusion tous médias systématique dès lors qu'il y a argument écologique; enfin, un bilan annuel sur la publicité diffusée » a précisé Jean-Pierre Teyssier, Président du BVP.

Tout en reconnaissant les apports de la démarche d’autodiscipline, cette Charte souligne la nécessité de l’optimiser et rappelle les principes du dispositif rénové de régulation professionnelle de la publicité.

III - UN VERDISSEMENT DE LA PUBLICITE BIEN AMBIGU :

le refus de la majorité des associations écologistes de cautionner l'accord

Comme le constate le figaro :


"De son côté, l'Alliance pour la planète (80 ONG dont Greenpeace, WWF), qui a quitté la table des négociations, va créer un «observatoire indépendant de la publicité».


Au même moment LE BVP retoque une campagne pour inciter à la diminution des déchets :

sur le site du BVP : la présentation du point de vue du BVP : Publicité et environnement : jusqu’où la désinformation ?

"Une campagne de presse met en cause un conseil récent délivré par le BVP au sujet d’une publicité en faveur de la réduction des déchets à la source. Elle met en doute l’impartialité de l’organisme français de régulation professionnelle de la publicité, qui serait enclin à protéger les intérêts des « pollueurs » et des « marchands », et à sacrifier les objectifs du Grenelle. Au total, le BVP continuerait, selon ses détracteurs, « à agir contre l’environnement ».

Ces critiques calomnieuses, dénigrantes et mensongères, appellent plusieurs remarques :
- les publicités en question ont bénéficié, avant leur diffusion, d’un long travail avec les juristes-conseil du BVP, permettant, notamment, d’en limiter la portée dénigrante pour des marques qui étaient initialement tout à fait reconnaissables. Ces conseils ont été suivis et deux versions modifiées ont reçu notre aval. Restaient en suspens cinq visuels posant des problèmes de détail, et étaient donc diffusables au prix de très légères modifications (ex. changer la couleur d’un produit ou un mot dans une expression). Dans ces conditions, on peut s’interroger sur les motivations de l’indignation publique de l’annonceur… alors que le dossier était en passe d’être réglé et que, de surcroît, ses publicités ont été diffusées ;
- en délivrant ce type de conseil, notre organisme assure non pas la représentation de « méchants pollueurs » ou de « coupables intérêts marchands », mais simplement le respect du droit puisque, chacun le sait, il n’est pas possible légalement en France aujourd’hui de faire de la publicité dénigrant des marques ou des secteurs industriels. Ce n’est pas le BVP qui l’a décidé, c’est une règle juridique, et lorsqu’un professionnel nous demande un conseil, nous rappelons cette règle. Rien que de très normal ;
- Au delà de cette question du dénigrement de marques et/ou de secteurs, se pose une question de bonne information du public. Est-il possible, surtout dans une région exposée aux problèmes de pollution des eaux, d’écrire sur une publicité que « l’eau du robinet ça coule de source » ? Non, et d’ailleurs, l’annonceur lui même en a convenu, acceptant de modifier son visuel en conséquence. De même, est-il exact de faire croire au public que les fruits et légumes emballés ont perdu l’intégralité de leurs vitamines ?
Il est trop facile de se prévaloir du bien fondé d’une « cause » (ici la réduction des déchets ménagers à la source), si légitime soit-elle, pour s’exonérer du respect des règles de droit et de déontologie qui s’appliquent à tous les autres annonceurs.

Bien évidemment, dans le cas évoqué, le bien fondé du message délivré ne nous a pas échappé, mais notre conviction est que la fin ne justifie pas les moyens. Tous les annonceurs, que leur message soit d’ordre commercial ou d’ordre citoyen, sont logés à la même enseigne, et il trop facile pour ceux qui souhaitent transgresser la règle commune de se poser en victimes, en dévoilant le contenu de conseils délivrés à titre confidentiel et en dénigrant tout à la fois l’organisme de régulation des professionnels de la publicité et certains secteurs économiques qualifiés de « pollueurs ».

Que ceux qui ont à cœur l’éducation éco-citoyenne soient rassurés : le BVP a, au cours de ses derniers mois, étudié de très nombreuses campagnes publicitaires sur ce thème d’actualité et aucun n’a suscité les problèmes ici montés en épingle. Inversement, ceux qui dénoncent notre prétendu « laxisme » à l’égard des « marchands », savent-ils que les 2/3 des projets publicitaires commerciaux parlant de l’écologie soumis avant leur diffusion au BVP sont « retoqués », avec des demandes de modification ou de précision ?!



Sur le site résistance à l'agression publicitaire :est présentée l'affiche qui fait débat :

Le BVP fête (à sa façon) la Semaine du développement durable !


Mais aussi :

Voitures et CO2 : 99 % des publicités automobiles imprimées seraient illégales ! :



Communiqué de presse des associations : Réseau Action Climat / Action Consommation / Agir pour l’environnement / Amis de la Terre / Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports / Greenpeace / Résistance à l’agression publicitaire / WWF


La quasi totalité des publicités pour les voitures diffusées en France et qui utilisent un support imprimé (magazines, journaux, panneaux d’affichage) ne respecteraient pas la transposition en droit français(1) d’une directive européenne(2) sur les informations relatives à la consommation de carburant et aux émissions de CO2.

Finalement le bilan des pubs aujourd'hui : sur le site alliance pour la planète :

Analyses et critiques de publicités récentes... et les plus exemplaires

[ Transports - Images des peuples premiers - Énergie - Chimie - Consommation - Autres thèmes ]

Notre palmarès de publicités sélectionne quelques unes des publicités qui respectent le moins la déontologie professionnelle que s'est pourtant donné à lui-même le secteur publicitaire.

L'objectif est d'expliquer à chacun comment décrypter ces publicités qui usent et abusent de l'argument écologique.

Ce palmarès est aussi vertueux : il a aussi pour objectif d'expliquer à ce secteur...et au BVP comment appliquer leurs propres règles.

Attention : cela ne signifie pas que nous cautionnons les recommandations écologiques du BVP. En effet, nous les considérons insuffisantes et beaucoup manquent de clarté.

SUR LE SITE LES CASSEURS DE PUB :est ce un choix ?


La réforme de l'impôt sur les successions en débat


Une des principales réformes annoncée par Nicolas Sarkozy pour relancer le dynamisme de l'économie est la réforme des droits de succession qui est une mesure de mesure de politique économique qui est l'objet de débats chez les économistes :

  • une mesure souhaitée par les français
Comme l'indique L Maurin " Les droits de succession payés lors d’un décès n’ont pas bonne presse en France. 85,8 % des Français souhaiteraient les voir supprimés, selon un sondage HarrisInteractive réalisé en mars dernier.

  • Les mesures proposées par N Sarkozy durant la campagne :

Le candidat Nicolas Sarkozy a bien lu les sondages et a compris l'intérêt des français à leur héritage
«Je voudrais exonérer de droits de succession et de droits de donation 95% des Français. (…) Quand on a travaillé dur toute sa vie, qu’est-ce qui donne du sens à la vie? C’est de faire que ses enfants commencent un peu plus haut que soi-même on a commencé. Eh bien, je ne vois pas pourquoi on devrait payer des impôts sur les successions ou sur les donations.»"

M. Sarkozy dans son discours de Poitiers a dit: « Je souhaite que l’on donne à chacun la liberté de choisir l’école de ses enfants, son temps de travail, l’âge où il cesse de travailler, la liberté de transmettre le fruit de son travail à ses enfants sans droits de succession, de disposer comme il l’entend d’au moins la moitié de son revenu, de prendre sa retraite quand il le veut, et même de travailler autant qu’il le veut après avoir pris sa retraite. "

et il poursuit : "Je m’inscris vigoureusement en faux contre ceux qui considèrent que la suppression de l’impôt sur les successions pour 95 % des ménages est une mesure en faveur de la rente. Qualifier de rentiers toutes ces familles qui n’ont fait que travailler toute leur vie, payer des impôts sur leurs revenus, et dont le seul tort est de préférer laisser quelque chose à leurs enfants plutôt que de consommer eux-mêmes est tout simplement injuste et insultant »

  • les arguments avancés pour justifier la mesure :

P Salin économiste à Dauphine justifie la réforme en écrivant : " La seule réforme qui ait un sens à la fois économique et moral est la suppression de tous les droits de succession. Tout le reste n’est que du bricolage fiscal au gré des opportunités politiques. Même si les droits de succession ont été grandement amputés ces dernières années, ils demeurent un impôt inique, sans légitimité économique et aux
conséquences graves, comme la fuite des capitaux.Mieux, je me place même sur un plan éthique
pour dénoncer cet impôt : comment en effet justifier un prélèvement, qui reste élevé, sur un mort au seul motif qu’il a su se constituer ou entretenir dans sa vie passée un capital ?
Cela remet en cause la légitimité de la propriété du capital et par conséquent la liberté du propriétaire de donner la destination qu’il souhaite à ce capital après sa mort. Cela revient à punir celui qui a fait l’effort toute sa vie d’accumuler un patrimoine, non sans avoir au passage acquitté des impôts souvent importants. C’est toute l’absurdité de la progressivité des droits de succession . (..) La suppression de cet impôt ne serait en rien un « cadeau » fait aux plus fortunés : il n’a tout simplement pas de sens dans un pays qui reconnaît le droit à la propriété privée. "

  • Mais une mesure contestée et contestable :
Pourtant aux USA des self made men se sont opposés à la logique de cette mesure : L’analyse de Philippe Frémeaux, directeur d’Alternatives Economiques (extrait d’une chronique de France Musique):

Warren Buffet, deuxième fortune mondiale, vient de décider, de donner 85 % de sa fortune, à des fondations caritatives, et notamment à la fondation Bill et Melinda Gates, qui finance la recherche médicale et la délivrance de médicaments au profit des populations du tiers monde. Comment analyser ce renouveau de la charité privée ?

Warren Buffet, fondateur de la société d’investissements Bershire Hataway partage avec Bill Gates, le fondateur de Microsoft la conviction qu’il est légitime, pour un individu, d’accumuler une immense fortune si celle-ci provient de sa contribution à la création de richesses. En revanche, ils estiment l’un et l’autre que cela n’a pas de sens de transmettre une telle fortune à leurs descendants et qu’il est plus juste qu’elle revienne à la collectivité sous des formes qu’ils ont l’un et l’autre choisies. Bill Gates avait d’ores et déjà affecté une grande partie de sa fortune à la fondation qu’il a créé avec sa femme. Le voilà rejoint par Warren Buffet.

En résumé, Warren Buffett et Bill Gates ont un comportement qui contredit le programme des partis politiques de droite, aux Etats-Unis comme en Europe...

Tout à fait. Parce qu’ils considèrent que le capitalisme et avec lui, la logique du marché, ne peuvent être légitimes si on ne met aucune limite à la transmission héréditaire de la richesse. La richesse doit d’abord être acquise par le travail, par le talent, et non par le simple fait d’avoir hérité de ses parents. Une société où le pouvoir économique se transmet sans avoir à faire preuve de mérite, a un petit goût d’ancien régime. C’est une société condamnée à la croissance lente, où les rentiers l’emportent sur les créateurs. C’est ce que nous avons connu, en France, au XIXème siècle, avant que la création de l’Impôt sur le revenu progressif et de l’impôt sur les successions ne viennent redistribuer un minimum les cartes, comme l’a bien montré l’économiste Thomas Piketty.

En résumé, vous semblez considérer que l’abolition des droits de succession est nuisible à la croissance ?

Evidemment. Elle est même en contradiction avec l’éthique fondamentale du libéralisme. Elle ne sert qu’à satisfaire une clientèle de petits patrons, de professions libérales aisées, voire de managers avides qui ont accumulé de quoi dispenser leurs enfants de travailler en s’accordant des revenus colossaux. Une société dynamique, une société de croissance, c’est au contraire une société où le travail est valorisé. Et valoriser le travail, c’est donner la priorité aux revenus qu’il engendre, c’est permettre à l’innovateur génial, à l’investisseur astucieux de faire fortune. Ce n’est pas créer une nouvelle aristocratie du capital

Dans une note de lecture sur le livre : Le capitalisme d'héritiers. La crise française du travail par Thomas Philippon au seuil - La république des idées éconoclaste explique : " Les français aiment le travail, les enquêtes internationales le montrent. Il compte même plus dans leur vie que dans la plupart des autres pays développés. Et pourtant, la France est aussi parmi les pays où le chômage est le plus élevé et le taux d'emploi le plus faible. On aime le travail, mais on l'évite. "

Pourquoi donc : "Le paradoxe s'expliquerait par des relations sociales déplorables. Là aussi, les enquêtes montrent que la France est parmi les pays où la satisfaction dans ce domaine est la plus faible. Pourtant, cet indicateur est nettement corrélé à des taux d'emploi élevés et des taux de chômage faibles. "

"D'où vient le mal ? D'un déficit de coopération dans le monde économique, d'une méfiance exacerbée entre individus, plus particulièrement entre groupes : patrons et salariés, cadres et non cadres. Pour l'auteur, les analyses en termes de rigidité du marché du travail expliquent bien moins les mauvaises performances en matière d'emploi que ce déficit de coopération. D'après Thomas Philippon, ce sont pas moins de 70% des différences en matière de taux d'emploi qui sont expliquées par de mauvaises relations sociales dans l'entreprise !"

"A quoi imputer cette insuffisance ? A une forme de capitalisme typiquement français qui repose sur l'héritage. Héritage direct, lorsqu'il s'agit de transmission héréditaire du pouvoir dans les entreprises ; héritage sociologique lorsqu'il s'agit de la logique de reproduction sociale. L'ambition de l'auteur est de montrer que ce fonctionnement institutionnel a un coût économique considérable."

"Il établit tout d'abord un lien historique entre la faiblesse des syndicats à l'aube du vingtième siècle et les mauvaises relations sociales aujourd'hui. La démonstration est menée avec une grande clarté méthodologique. Reste encore à expliquer pourquoi plus d'un siècle après, on aboutit à une persistance des mauvaises relations sociales. Jusqu'à la seconde guerre mondiale, le capitalisme français n'évolue guère, comparé à celui d'autres pays développés. Le paternalisme, qui n'eut qu'un temps ailleurs, persiste en France, soutenu par le goût des hiérarchies et des statuts. Alors que les autres pays voient le management se professionnaliser, la France reste à l'écart du mouvement et la direction des entreprises y reste largement une affaire de famille. Au sortir de la seconde guerre mondiale, c'est une régulation bureaucratique qui prend le relai du paternalisme pour réguler les conflits du travail"

"Le capitalisme familial sert de rempart au libéralisme. Le capitalisme familial a deux dimensions. La première a trait au contrôle patrimonial de l'entreprise ; la seconde se réfère au management de l'entreprise. En matière de contrôle, près de 65% des entreprises françaises cotées sont contrôlées par un actionnariat familial (contre 24% en Grande Bretagne). Cette situation semble répondre à l'hostilité des relations sociales. Les entreprises familiales tendent à les pacifier. Le revers de la médaille réside dans des pratiques managériales spécifiques qui semblent peu propices à élever la productivité et favoriser la croissance de l'entreprise. En matière de gestion des ressources humaines, elles on tendance à figer les situations et limiter l'émancipation des travailleurs. Globalement, ce trait spécifique du management des entreprises françaises est sans effet notable sur leur niveau technologique, mais se ressent négativement en matière organisationnelle. En définitive, le contrôle familial de l'actionnariat est probablement neutre en matière de performances économiques (il est certes un frein à la croissance, mais évite les excès de celle-ci dans le cadre d'un actionnariat dispersé où les dirigeants ont plus de marges de manoeuvre). Il n'en va pas de même en matière de transmission héréditaire du management. Il suscite guerres de succession et restreint le vivier de compétences en se limitant au giron familial.

Comment mesurer les méfaits du capitalisme d'héritier ? En observant tout d'abord le rejet des français pour l'entreprise, les entreprises françaises très spécifiquement. Dans la plupart des pays, la question des entreprises où il est agréable de travailler débouche sur un classement où les premières places sont largement occupées par des firmes nationales. Pas en France, où la plupart des entreprises où il fait bon vivre sont des filiales d'entreprises étrangèresAu rayon des solutions, Philippon retient quelques pistes indicatives. Au sujet de la transmission d'entreprises, "la plus mauvais idée si l'on veut améliorer les relations dans l'entreprise, la justice sociale et la performance économique de l'économie française à long terme serait de supprimer l'impôt sur les successions. [...] Il devrait être aussi facile pour un entrepreneur de transmettre son entreprise à sa fille ou à son fils spirituel qu'à sa fille ou à son fils naturel(le). Or, ce n'est pas le cas aujourd'hui, car la transmission en ligne directe est nettement plus facile et moins onéreuse que les autres.". En matière de croissance des PME, l'auteur retient une option simple : développer le système financier pour que les comportements à l'égard du risque des entreprises familiales puisse s'accorder avec les besoins en matière d'innovation, par le biais d'investisseurs plus disposés à supporter les risques

T Piketty explique dans une analyse comme toujours pertinente : " L’expérience du XXe siècle suggère que des sociétés trop évidemment inégales sont intrinsèquement instables. L’étude du siècle passé confirme qu’une trop forte concentration du capital peut avoir des conséquences négatives en termes d’efficacité économique, et pas seulement du point de vue de la justice sociale. Il est fort possible que l’aplatissement des inégalités patrimoniales survenu au cours de la période 1914-1945, en accélérant le déclin des anciennes dynasties capitalistes et en favorisant l’émergence de nouvelles générations d’entrepreneurs, ait contribué à dynamiser les économies occidentales des « trente glorieuses ». L’impôt progressif a le mérite d’empêcher que se reconstituent des situations analogues à celle qui prévalait à la veille de la première guerre mondiale, et sa mise à mal pourrait avoir pour effet de long terme une certaine sclérose économique.."

L’impôt sur les successions constitue en effet une manière de remettre les pendules à l’heure en évitant que les fortunes se transmettent trop facilement. De quoi favoriser ceux qui créent de la richesse eux-mêmes, plutôt que ceux qui la reçoivent de leurs parents. « Il n’existe aucune justification économique solide pour réduire massivement un impôt sur les successions rapportant déjà si peu », relevait de son côté l’économiste Thomas Piketty dès l’été dernier , observant que cet impôt ne pèse aujourd’hui que 0,4 point de produit intérieur brut (PIB), contre un point au début du siècle.


En effet, comme pour l’impôt sur le revenu, si le taux maximal affiché paraît élevé, il ne s’applique en pratique qu’à une poignée de contribuables. Ainsi, entre époux ou en ligne directe, le taux de 40
% ne s’applique que sur la partie du patrimoine supérieure à… 1,7 million d’euros, ce qui ne concerne que le 1 % des plus fortunés. Rien à voir avec le fruit du dur labeur d’un ouvrier ou même des classes moyennes aisées ! Un smicard qui arriverait à épargner 300 euros par mois – ce qui n’est pas mince, puisque cela représente un tiers de son revenu – devrait travailler 472 ans pour arriver à mettre de côté une telle somme. Quant au ménage aux revenus médians , il devrait vivre deux siècles…

Conclusion de Guillaume Allègre, économiste à l’OFCE : « Les droits de succession ne peuvent pas s’apparenter à une confiscation des fruits du travail ».


Une mesure économique qui ne peut donc être complètement justifiée par des critères d'efficacité, mais en plus une mesure couteuse en ces temps d'austérité et de dérapage non controlé du déficit et de la dette
"Un choix politique coûteux pour les finances publiques : la mesure conduirait l’Etat à renoncer à 5 milliards d’euros par an (sur 7 milliards de recettes au total), de quoi par exemple construire 42 000 logements sociaux par an et loger 170 000 personnes, ou multiplier par 8 le budget des zones d’éducation prioritaires..."

Abondance et pénuries !

Ce dimanche je me connecte au site du Monde et je lis deux articles comme souvent très éclairants :mais montrant les ruptures auxquelles nos sociétés sont confrontées :


le premier titré: "Des consommateurs li-bé-rés ! ": est une interview de C Anderson le rédacteur en chef de wired :

  • "Grâce à la distribution et au commerce en ligne, nous entrons dans un monde d'abondance. Il est plus facile de créer des produits, moins cher de les distribuer, et des outils de recherche permettent aux consommateurs de s'orienter." : la société US aurait-elle réalisé le rève messianique marxiste de libérer l'homme du besoin , les théories de M Sahlins sur la société d'abondance serait-elle caduque ? pas vraiment car s'il y a abondance de produits qu'en est-il de la capacité à les satisfaire ?
  • Finalement l'abondance c'est quoi ? : le monde interroge : Est-ce la fin des produits stars, achetés par la majorité pendant la seconde moitié du XXe siècle ? Anderson répond : "Non, mais disons que c'est la fin de leur monopole comme celui du marché de masse. Il y aura toujours des hits, des best-sellers, mais ils vont se partager le marché avec des millions de produits de niche, qui n e plaisent pas à tout le monde mais plaisent beaucoup à quelques-uns. Ceux-ci constituent un marché de "longue traîne". Le numéro un restera le numéro un, mais les ventes correspondantes ne seront plus ce qu'elles étaient" consulter l'article de sos ses pour une analyse approfondie et pertinente : http://sosses.over-blog.com/article-6426154.html





Le second article s'intitule : "vices et vertus du système de santé américain :G Rodwin y compare les modèles française et US :à l'occasion de la présentation à cannes du dernier doc de M Moore sicko portant sur le système de santé US :

  • "Chez vous, quand on parle de réforme, c'est pour préserver la combinaison d'une assurance-maladie universelle et d'une médecine libérale. Tout le monde est couvert. Il y a un secteur public et un secteur privé. L'architecture du système est assez bonne. Le problème, c'est comment mieux le gérer pour assurer une meilleure qualité des soins et une meilleure intégration des services entre les hôpitaux, les cliniques et la médecine de ville... Aux Etats-Unis, quand nous parlons de réformer le système de santé, c'est parce que le nombre de personnes n'ayant pas d'assurance-maladie ne cesse de croître, et la qualité des soins est très inégale."
  • Rodwin poursuit : "Chez vous, tout le monde est couvert par le même système d'assurance-maladie. Chez nous, parmi les gens couverts par leur employeur, la liberté de choix de l'assureur est considérable, mais presque 20 % de la population n'est pas couverte.La plupart sont des employés qui ont des petits salaires, des "working poor". Ils travaillent dans de petites entreprises qui ne peuvent pas payer les primes d'assurance-maladie pour eux. La durée moyenne pendant laquelle une personne reste sans assurance est de deux ans. Ensuite, soit elle trouve un emploi pourvu d'une assurance, soit elle devient si pauvre qu'elle peut être couverte par Medicaid. Une étude du National Institute of Medicine a montré que le risque de mortalité chez les non assurés est de 25 % plus élevé que chez les assurés.Mais s'il s'agit d'une question de vie ou de mort, même les hôpitaux privés sont contraints de "stabiliser" le patient. Ils ne sont pas obligés de pratiquer des actes autres que ceux qui peuvent maintenir la survie. Mais ils doivent stabiliser le malade avant de l'envoyer à l'hôpital public" (pensez à la série urgences)
  • et la situation risque de ne pas s'améliorersi l'on en croit poliques sociales.net :

    L’idée d’une ownership society a été lancée lors du premier mandat de Bush, mais ce n’est qu’au cours de son deuxième mandat qu’elle est devenue un des principaux thème de l’agenda politique du Président. Selon l’esprit de la réforme, c’est en apprenant à gérer leur propre régime de sécurité sociale et d’assuranté-santé que les citoyens redeviendront « maîtres » de leur vie.

    La sécurité sociale. Le volet le plus médiatisé de cette ownership society concerne la sécurité sociale. Actuellement, plus de 33 millions de retraités vivent principalement grâce au revenu provenant de ce système. Plus de 8,3 millions de travailleurs reçoivent des pensions d’invalidités, tout comme 1,6 million d’enfants.

    L’assurance-santé. La seconde initiative de la ownership society concerne l’assurance santé. La réforme a été lancée en décembre 2003 avec la création de Comptes d’épargne santé (Health Savings Accounts, HSAs). Le but de ces HSAs est de contrôler les coûts du système de santé tout en augmentant le nombre d’assurés.

    Financement. Les réformes liées à la ownership society impliquent une refonte en profondeur du système d’imposition américain. Celle-ci inclura probablement la diminution des taux d’imposition sur les revenus d’investissement, initiative souhaitée depuis longtemps par Bush. Toutes ces mesures impliquent donc une diminution globale des revenus du gouvernement. Il semble toutefois impensable de financer ces changements sans enliser le pays encore plus dans l’endettement.

Alors qu'en conclure:
  • doit-on s'émerveiller d'une société offrant toujours plus de biens et de services , à des prix toujours plus faibles ?
  • ou au contraire doit on avec les pessimistes jeter aux orties un modèle inégalitaire qui conduit Michael Moore a faire l'objet d'une enquête des autorités américaines après un voyage à Cuba qu'il a effectué avec d'autres personnes dans le cadre de son documentaire, consacré au système médical des États-Unis.M. Moore a emmené en février à Cuba, pour qu'ils y soient traités, une dizaine de secouristes souffrant apparemment de troubles à la suite des travaux de déblaiement sur le site new-yorkais des attaques du 11 septembre 2001, selon une porte-parole du cinéaste, Lisa Cohen.Il est reproché au cinéaste d'avoir ignoré l'embargo instauré par Washington contre Cuba depuis plus de 45 ans, qui interdit aux citoyens américains de dépenser de l'argent à Cuba et donc implicitement d'y séjourner?
Qu'en pensez vous ?

publicité et développement durable

Nous ouvrons une nouvelle rubrique débats en tous genres. Cette rubrique ne vise pas seulement à apporter les connaissances du cours, ou les méthodes de SES mais à les compléter en proposant d'ouvrir la discussion sur des thèmes d'actualité, de réflexions, voir de conflits (théoriques, idéologiques,etc.)


Comme le démontre tous les jour l'excellent SOS SES (comment cf fait-il pour tenir ce rythme ? le lien est : http://sosses.over-blog.com/), l'objectif des SES n'est pas de proposer des analyses indiscutables, des théories clés en mains , mais tout au contraire d'amener les élèves (futurs ou déja citoyens) à se poser des questions , et à débattre en comprenant la complexité des solutions.






Premier thème la pub un outil pour contribuer au développement durable ?



Notre réflexion est partie d'un article de libé : "sus aux pseudo-pubs écolos " qui commence ainsi : "La pub pollue. Nos boîtes aux lettres, la planète et nos cerveaux. Tel est, en substance, le message de la campagne commune actuellement menée par les militants antipub de Résistance à l'agression publicitaire (RAP) et les ONG écologistes réunies au sein de l'Alliance pour la planète (WWF, Greenpeace, fondation Nicolas Hulot, etc.). D'après le ministère de l'Ecologie et du Développement durable, les prospectus, publicités ou journaux gratuits s'entassent dans les boîtes aux lettres à raison de 40 kilos par an et par foyer. Ces supports nécessitent beaucoup d'encre et de papier traité. Et la publicité pollue aussi indirectement en vantant des produits énergivores (l'écran plasma) et polluants (l'emblématique 4 x 4)." pour lire la suite : http://www.liberation.fr/actualite/terre/222439.FR.php



  1. Pourtant le ministère de l'écologie et du développement durable utilise la pub pour sensibiliser les consommateurs :


- campagne "il n'y a pas de petits gestes quand on est 60 millions à les faire " : lien : http://lesgestes.ecologie.gouv.fr/ et cliquez sur la fenêtre "l'écologie a besoin de nous tous" pour voir les animations de la campagne





- mais aussi : la campagne "Réduisons vite nos déchets, ça déborde





et paradoxalement aussi la campagne : stop pub




est-ce le serpent qui se mord la queue ?


2- sur le site du PNUE (programme des nations unis pour l'environnement) des pubs responsables pour inciter les ménages à un développement durable :










une pub espagnole qui joue sur l'humour pour inciter les individus à économiser l'eau :http://www.unep.fr/pc/sustain/advertising/ad/ad_details.asp?id=17868&cat=5

Mais aussi :




une pub française qui joue sur l'ethnocentrisme de l'occidental pour soutenir les ONG qui répondent aux vrais besoins des PVD : http://www.unep.fr/pc/sustain/advertising/ad/ad_details.asp?id=44043&cat=5

Mais sur le même site : une pub vantant les mérites de wal-mart pourtant plus connu pour sa politique de régression sociale que pour ses politiques de lutte contre les discriminations :




http://www.unep.fr/pc/sustain/advertising/ad/ad_details.asp?id=36352&cat=4


3- Finalement on voit ici toute l'ambiguité des campagnes publicitaires bien mises en évidence sur le site : http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/ : dont est tirée la pub de véolia environnement

l'alliance parle de blanchiment écologique : "L'argument écologique permet de vanter dans une publicité ou sur un emballage les caractéristiques écologiques d'un produit ou service, ou ses avantages pour la protection de l'environnement. Du fait de l'engouement actuel pour des produits plus respectueux, d'une part, cela permet d'orienter le consommateur dans ses choix, et d'autre part, cela pousse les entreprises à innover pour modifier leur offre.
Or, depuis quelques années, de plus en plus de produits et services sont présentés comme "écologiques", "protégeant la nature" ou "protégeant l'environnement", alors que l'intérêt du produit ou du service pour la nature est minime, voire inexistant. C'est d'autant plus critiquable que l'argument écologique est très utilisé pour les produits et par les entreprises les plus polluants : voitures, produits chimiques, sociétés pétrolières...
Cela s'appelle faire du blanchiment écologique ou de la "désinformation verte" (greenwashing en anglais), parce que cela donne une aura écologique à des entreprises et à des produits qui ne le sont pas.



Alors qu'en pensez vous :
  1. Etes vous sensibles aux campagnes de pubs pour le développement durable

  2. Pensez vous qu'il faille utiliser les armes du modèle productiviste pour le combattre ?

  3. Ou considérez vous que le blanchiment écologique va décrédibiliser la communication pour le développement durable ?