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corrigé du thème mondialisation et uniformisation culturelle

Le corrigé du thème mondialisation et uniformisation culturelle :

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En complément :

Ecoutez






émission du mardi 15 janvier 2008
Ordre mondial






par Thierry Garcin

Y a-t-il une idéologie occidentale destinée à promouvoir une forme de mondialisme pro-américain ?


La thèse défendue par l’invité est, à certains égards, iconoclaste. Elle soutient que l’idéologie dominante est le mondialisme, différent de la mondialisation, destiné à abattre ou à réduire le pouvoir des États, afin de constituer de grands ensembles économiques régionaux, permettant aux Etats-Unis d’imposer une gouvernance mondiale servant leurs intérêts.

Quels sont les constats et les grands arguments qui militent en faveur de cette vision, appuyée par un important travail d’enquête ? Quelles principales objections soulève-t-elle ?


Mais aussi toujours sur France culture :

Ecoutez






émission du jeudi 24 janvier 2008
Altermondialisme






par Thierry Garcin

Comment caractériser le nouveau cours du mouvement altermondialiste ?


______________________________________________

Vous pouvez aussi réécouter notre émission du jeudi 1er novembre 2007 qui était consacrée au rôle des fonds souverains dans l’économie mondiale, ou celle du mardi 13 février 2007 qui avait pour thème : la mondialisation vue de France, un boulet ou un rempart ?

Dissertation Investissement et demande 2007-2008

LE SUJET ET LE CORRIGE DE LA DISSERTATION : Les conditions de la demande s'avèrent-elles déterminantes pour expliquer l'évolution de l'investissement :


pour télécharger :
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en complément sur le site contre info :
Paul Jorion : le « moment keynésien »
4 mars 2008

« L’année 2007 marque un tournant puisque l’on s’intéresse à nouveau aux économistes qui considèrent que le capitalisme est essentiellement une mule qui tire à hue et à dia et qu’on ne parvient à maintenir sur le droit chemin qu’à condition de la rosser copieusement. » L’année de la grande crise du crédit sera-t-elle celle du retour à Keynes ?

Par Paul Jorion, 3 mars 2008

Les années 1981 à 2006 auront été la période faste des économistes qui considèrent le capitalisme comme une machine parfaitement réglée et qui fonctionne au mieux de sa forme si l’on se contente de la regarder en s’abstenant surtout d’y toucher. Cette opinion fut tout particulièrement défendue par l’école dite de Chicago, dont la tradition remonte à von Hayek et dont Milton Friedman fut le plus fameux représentant. L’année 2007 marqua à ce point de vue un tournant puisque l’on s’intéresse à nouveau - et pour des raisons évidentes - aux économistes qui considèrent au contraire que le capitalisme est essentiellement une mule qui tire à hue et à dia et qu’on ne parvient à maintenir sur le droit chemin qu’à condition de la rosser copieusement.

pour lire la suite : Paul Jorion : le « moment keynésien »


Corrigé par Laurianne , élève de seconde de la QSTP sur la socialisation et la réussite scolaire

APPRENTISSAGE DE LA PRISE DE NOTES ET DE LA QUESTION DE SYNTHESE EN SECONDE

En classe les élèves de seconde ont regardé deux extraits vidéos de :

  1. Fils d’archevêques : analyse de la première famille : une famille de l’aristocratie bretonne installée à Versailles
  2. la loi du collège qui présente un collège de banlieue

2 objectifs étaient visés :

  1. travailler la prise de note à partir du visionnage des deux extraits
  2. rédaction d’une question de synthèse à l’issue d’un petit travail préparatoire :

- travail sur la méthodologie de l’intitulé du sujet

- travail sur la rédaction de l’introduction et de la conclusion

- respect du plan et de ses parties dans le développement

la copie est celle de Laurianne , élève de seconde J : copie qui a eu 18

Sujet : Vous montrerez dans une première partie que la famille présentée dans l’extrait de fils d’archevêque a des objectifs scolaires et sociaux très ambitieux, qu’elle atteint par l’application de méthodes de socialisation que vous présenterez. Dans une seconde partie , à partir de l’analyse de l’extrait sur le collège Garcia Lorca, vous montrerez que les comportements des élèves sont très différents, vous en expliciterez les raisons, en prenant en compte le contexte social , scolaire et familial.

Introduction :

Un enfant entré en 6 ème avec un an d’avance à trois chances sur quatre de poursuivre des études secondaire ou supérieures, invessement un enfant entré en 6 ème avec un an de retard à une chance sur dix de continuer des études secondaires ou supérieures.

Nos prénotions nous conduisent à dire que tous les enfants allant à l’école reçoivent a priori le même système d’éducation et que les objectifs scolaires sont les mêmes pour tous . En étudiant les systèmes éducatifs et de socialisation dans différents cadres scolaires et familiaux nous pouvons nous demander si cette socialisation est la même pour tous .

Nous montrerons dans un premier temps que la famille présentée dans le premier film a des objectifs scolaires et sociaux très ambitieux et dans un second temps à partir de l’extrait nous montrerons que le comportement des élèves est très différent

Partie I :

La famille étudié a des objectifs scolaires et sociaux très ambitieux. Ils ont un grand patrimoine familial avec un grand capital de tradition qui à 5 siècles d’histoire. C »est une famille aristocrate bretonne qui vit dans un hôtel particulier à Versailles.

Depuis de nombreuses générations, les fils de la famille entrent à polytechnique(quelquefois aussi les filles ) et réussissent.

Dans Cette famille les parents , donnent à leurs enfants dés leur plus tendre enfance une éducation particulièrement stricte , sérieuse, disciplinée et respectueuse de leurs ancêtres, qui les socialise à être les meilleurs, come leurs parents et pour leurs parents.

A quatre ans par exemple , ils ont déjà appris à lire, c’est leur mère qui s’occupe de la socialisation des enfants, qui leur apprend à lire et à écrire pour ainsi entrer à l’école avec de l’avance, en étant déjà le meilleur. De plus ces enfants vont dans les écoles les plus réputées, comme les écoles privées de versailles. Tout cela est fait pour réussir les études quoiqu’il arrive.

Si ces enfants ne réussissent pas, ce qui est impossible à concevoir pour la famille , ils sont rejettés. Par exemple un des fils n’a pas fait polytechnique mais HEC, meilleure école de commerce de France, il est considéré comme le raté de la famille , puisqu’il n’a pas fait X (polytechnique) et cela est d’autant plus méprisable, qu’il fait des études qui se rattache à l’argent, et que dans l’aristocratie l’argent est méprisé. C’est considéré comme d’un petit milieu selon sa grand-mère.

Ce qui est important c’est que les enfants font X pour leur satisfaction personnelle mais aussi et surtout pour satisfaire et ne pas décevoir la famille. La grand-mère et les parents du jeune homme furent déçus du choix d’orientation de leur fils.

Pour se faire respecter, obtenir de leurs enfants ce qu’ils veulent et pensent être le mieux pour eux, ils reçoivent une socialisation stricte, sans droit à un écart de conduite, ils savent depuis tout petit ce qu’ils devront faire plus tard et ce qui est bon ou mauvais selon leurs parents. Ils se doivent de vouvoyer leurs parents. C’est pour les parents très important comme marque de respect, ils sont aussi très polis, et se font entre frères et sœurs remarquer les erreurs ou oublis sur leurs manières de se tenir, à table par exemple.

Tout est donc fait pour devenir le meilleur et monter ou rester en haut de l’échelle social. Les enfants n’ont en aucun cas un droit à l’erreur.

PARTIE II :

Les élèves du collège de banlieue que nous avons pu voir dans le second film ont un comportement nettement différent de celui de la famille Lesquin . Ils ont tout d’abord des objectifs scolaires et sociaux retreints et ont plusieurs obstacles qui se posent devant eux pour réussir .Ils ont premièrement une situation familiale quelque peu bouleversée , comme par exemple le fait d’avoir des parents divorcés , ou père ou mère morte , comme dans ce collège une jeune fille est arrivée , elle venait de perdre son père , était étrangère et ne parlait pas le français . Le but de l’ensemble de l’équipe pédagogique est de sortir ces jeunes de l’échec scolaire . De plus ils sont souvent issus de familles défavorisées , très modestes et même très pauvres quelquefois , et souvent aussi issus de familles nombreuses où les parents n’ont ni le temps ni les moyens de s’occuper de la scolarité de leurs enfants,ce que les parents laissent donc de côté qui n’est peut-être pas plus important que ça à leurs yeux . Ces élèves-là ne veulent pas travailler , ils n’ont pas l’envie du savoir puisqu’ils n’ont jamais appris à travailler rigoureusement et sérieusement , pour certains aller à l’école est une punition .De plus les parents ne se préoccupent pas de la situation d’échec scolaire de leurs enfants puisqu’eux-mêmes n’ont pas fait d’étude et arrêté l’école très tôt .

De plus leurs parents ne leur ont pas inculqué des principes tels que le respect , le sérieux et l’obéissance , contrairement à la famille Lesquin . En classe , nous pouvons voir qu’ils ont une attitude violente , qu’ils parlent de façon familière envers leurs professeurs , on peut même voir à un moment un élève qui tutoie son professeur .µ

Leurs professeurs ne sont pas assez stricts avec eux car ils ont de la pitié pour ces jeunes , ils s’apitoient et donc en demandent moins aux élèves , les professeurs ne savent plus comment gérer leur classe et continue leur comme si rien ne se passait , alors que personne n’écoute , ce qui engendre un brouhaha très désagréable .

Les professeurs doivent les obliger à travailler plus et à se donner à fond , car sinon ils stagnent ou régressent même . Il faut les pousser pour obtenir des résultats et ne surtout pas s’apitoyer sur leur sort . Plus ils travailleront , plus ce sera leur rendra service .

Conclusion :

Nous disons que l’école est laïque , gratuite et la même pour tous , selon la loi , cela nous paraît être juste et non à vérifier puisque cela nous paraît normal .Mais la réalité est autre , nous savons à présent que selon l’origine sociale et la socialisation apportée à l’enfant , jusqu’où il ira dans l’échelle sociale et quelles sont ses limites . Cela peut nous paraître tout de même incompréhensible .

Aujourd’hui , nous entendons dire que les classes sociales se mélangent complètement , qu’il n’ y a plus d’intérêt à rester dans sa classe sociale si ce n’est l’argent pour certains , qu’il n’est question que d’affinités et peu importe la classe sociale à laquelle appartient l’autre , en réalité certaines affinités ne seraient-elles pas quelque part poussées ? A quoi serviraient alors les rallyes aujourd’hui ?

QSTP corrigée en première socialisation et culture : fulla et barbie


Question de synthèse n°1 2007-2008


I – Dossier documentaire

Document 1 :

Evoquer la vie en rose lorsqu’on parle de la poupée Barbie relève à double titre du pléonasme ;. Se détachant sur ce fond de couleur rose de la femme , de la paix et de la fraternité c’est pourtant le blanc qui domine ou que Mattel impose comme une valeur dominante de la société américaine , car whiteness is rightness (« le blanc , c’est la norme » ) .Dès ses débuts , Barbie est la plus blanche des filles blanches . Du reste , elle le demeurera toujours , même si la firme , comme si elle cherchait l’occasion de se donner une image progressiste , a pu la cloner en versions plus soutenues .( …) Barbie est blonde , elle a les yeux bleus , et sa silhouette longue et mince évoque les standards de la beauté féminine occidentale

Un autre aspect impérieux de Barbie , c’est sa propension naturelle à dépenser , à consommer pour s’accomplir – de la mode notamment-, son inclination à se réaliser dans les activités multiples de loisirs en jouissant de tous les biens matériels et des accessoires qui y sont attachés . ( … ) Perchée sur ses hauts talons qui devraient , logiquement , lui interdire certaines activités matérielles , Barbie s’affiche en conformité avec l’image américaine d’une certaine féminité oisive , originellement investie d’une mission sociale , celle de valoriser l’homme blanc qui s’est fait une place dans la société américaine , qui s’est intégré en réussissant sa promotion sociale . ( … )

A la condition d’accorder du crédit aux témoignages recueillis lors du trentième anniversaire de la belle , il est légitime de penser que Barbie est en phase avec les quatre préoccupations culturelles majeures de la société américaine d’aujourd’hui , à savoir l’opulence , le vieillissement , l’obésité et la beauté féminine . ( … )

Son apparence physique , sa célébrité et son matérialisme outrancier apparaissent comme une expression caricaturée des attributs que l’Amérique a vénérés et valorise toujours . En tant qu’objet culturel et ludique produit par la société américaine , c’est une représentation fidèle de la communauté adulte que propose à l’enfance américaine ; du reste , si Barbie était en rupture avec la société , sa popularité aux yeux des enfants se serait trouvée tarie depuis longtemps . A l’évidence , on peut ainsi conclure à l’américanité de Barbie .

Source : M.F .Hanquez-Maincent , Barbie , poupée totem , autrement , 1998

Document 2 :

A : Poupées Barbie :

  • 1952- Reinhard Beuthin (dessinateur de Bild Zeitung, All.) crée le personnage de Lilli ;
  • 1955 - des poupées Lilli apparaissent ;
  • 1956 Ruth Handler et son époux, Elliot Handler (fondateur avec Harold Mattson de Mattel) les remarquent ; ils acquièrent les droits et l'appellent Barbie (diminutif de Barbara, leur fille) ;
  • 1970 minijupe ;
  • 1977 tête plus « glamourous » ; accessoires se développent ;
  • 1985 tailleur rose et attaché-case ;
  • 1991 Marina l'Eurasienne ;
  • 1998 lifting (formes moins rondes).

Dans le monde :

  • Chiffres d’affaires de Mattel (en Milliards de $) : 2001 : 4,69; 2002 : 4,88 ;2003 : 4,96 ; 2004 : 5,1 ; 2005 : 5,18 ;
  • ventes (en millions de poupées) : cumulées (1959-98) : environ 1 000 ; annuelles : 80 (France 4,5).

Consommation moyenne : USA : 8 poupées par enfant ; France : près de 90 % des filles de 8 à 10 ans (ayant au moins 1 Barbie), Italie 96 %, USA 87 %, , Allemagne : 80 %. Club des amies de Barbie (France) : créé 1982 ;en 2000. Adhérentes : 250 000.

Source : http://www.quid.fr/2007/Principaux_Secteurs_Economiques/Jouets/1

B :

Silhouette fine et élancée, chevelure brillante, un regard bleu azur, un univers toujours à la dernière mode, … elle fait rêver des milliards d'enfants dans le monde entier. Née le mars 1959, Barbie est devenue une poupée mythique, un véritable phénomène de société. Deux poupées Barbie sont vendues chaque seconde dans le monde, plus d'un milliard de poupées ont été commercialisées depuis sa création. Barbie est une star qui est le témoin de son époque.
Sa grande force : avoir crée son propre univers et le faire évoluer en permanence...

Source : http://www.oboulo.com/search.php?q=barbie&start=0&topConsult=0

Document 3 :

A :

Sagement alignées dans de jolies boîtes roses, répliques quasi exactes des emballages de la célèbre Barbie américaine, les poupées Fulla (jasmin, en arabe) font un tabac. Près de 2 millions et demi d'exemplaires ont déjà été vendus, selon les professionnels du secteur. Il faut dire que le prix est séduisant. Fulla ne coûte qu'une dizaine d'euros en moyenne.

Lancée par NewBoy Design, une grande marque de jouets syrienne, elle est la soeur jumelle mais islamique de la célèbre créature de rêve à l'américaine. L'un des modèles est couvert de la tête aux pieds d'une longue abayah noire. La version working girl est moins austère. La chevelure de la poupée n'est recouverte que d'un foulard de couleur vive. Fulla n'est pas la première à porter la coiffe islamique . ( … )

Pour Fawaz Abidin, de NewBoy Design, le succès de la poupée tient à sa personnalité : « Il ne suffit pas de mettre un hidjab à une poupée Barbie. Il faut créer un personnage positif auquel parents et enfants puissent s'identifier. » Les publicités diffusées à la télévision présentent Fulla comme une personne « honnête et aimante, qui respecte son père et sa mère ».

Source : A .Le Goff , Une Barbie islamiquement correcte , L’Expansion , 01/11/2006

B :

Fulla a quasiment les mêmes proportions que la blonde Barbie occidentale, mais la comparaison s’arrête là. Leur seul point commun : elles sont toutes deux fabriquées en Chine. Sinon, Fulla a le teint mat et de grands yeux marron. Dans la version du Golfe, elle porte une abbaya noire et est vendue avec son tapis de prière. Dans sa version nord-africaine, elle porte le hidjab et de longues robes couvrantes. Pas de maillot de bain dans sa garde-robe et pas de petit ami non plus. Pas de Ken oriental à l’horizon. « Les parents ne veulent pas de ça. Ce n’est pas culturellement correct. Fulla sera toujours célibataire », explique Fawaz Abidin, son créateur. Fulla a déjà deux copines aux cheveux plus clairs, Yasmeen et Nada, et on annonce l’arrivée de ses frères, Bader et Nour, pour l’année 2006. Fulla, du nom d’une espèce de jasmin, est un véritable phénomène de mode au Moyen-Orient. En Syrie, Egypte, Jordanie ou Qatar, les magasins vendent les céréales Fulla, le chewing gum Fulla, les bicyclettes Fulla... et plus de 200 accessoires sont disponibles pour l’habiller. Il y a deux ans, l’Arabie Saoudite a interdit la vente des Barbie sur son sol, critiquant ses tenues « honteuses », symboles de « l’Occident pervers ». Fulla est venue combler ce vide. Son créateur a voulu en faire une porteuse de « valeurs musulmanes » comme la modestie, le respect et la piété. ( … ) Contrairement à Barbie, femme active qui évolue dans nombre de métiers, Fulla n’est que médecin ou professeur. « Deux métiers respectables pour les femmes. On aimerait encourager les petites filles à s’engager dans cette voie », explique Fawaz Abidin. Ce dernier a pensé à la touche « moderne » pour la petite musulmane modèle : elle a une tenue pour la maison, avec jupe, pantalon, tee-shirt ou débardeur. Mais « si vous faites sortir Fulla de la maison, n’oubliez pas de lui mettre sa nouvelle abbaya ! » clame la réclame sur les chaîne satellitaires arabes pour enfants, inondées de pubs Fulla.

Source :http://www.afrik.com/article9307.html

II- Travail préparatoire

  1. Après avoir défini le terme culture , montrez en quoi la poupée Barbie véhicule la culture de l’Amérique (doc 1)
  2. Après avoir défini le terme sous-culture , montrez en quoi Barbie symbolise la sous-culture féminine , notamment le statut et le rôle de la femme en Occident( doc 1 )
  3. En quoi la mondialisation de Barbie se traduit-elle par une acculturation ? (définissez les termes )Quelles peuvent-être les différentes conséquences de cette acculturation ? ( doc 2 )
  4. Pour quelles raisons l’Arabie Saoudite a-t-elle interdit la vente des Barbie sur son sol ?( doc 3 )
  5. Quels sont les points communs et les différences entre Barbie et Fulla ? De quoi est-ce significatif ?( doc 3 )

III – Question de synthèse

Dans une première partie , vous montrerez que Barbie véhicule la culture américaine et plus particulièrement la sous-culture féminine . Dans une seconde partie , vous mettrez en évidence que la diffusion massive dans le monde de Barbie entraîne une acculturation qui pourrait générer une uniformisation culturelle (américanisation du monde ) , mais qu’ en réalité , les cultures n’adoptent jamais passivement les modèles dominants , comme le montre le succès de Fulla ( poupée islamique)




Correction de la question de synthèse

I – « L’américanité de Barbie » ( doc 1 )

Barbie n’est pas seulement un jouet réservé aux fille ; cette poupée véhicule la culture américaine et plus particulièrement la sous-culture féminine .

A – Barbie : un symbole de la culture américaine ( q1 , doc 1)

Les caractéristiques de Barbie représentent la culture américaine , c’est-à-dire un ensemble d’éléments interdépendants constituant un tout organisé , inculqué aux membres de la société et respecté sous peine de sanctions , visant à répondre aux défis auxquels chaque société est confronté . Ainsi , Barbie indique les valeurs , normes et pratiques sociales américaines .

1. Les valeurs américaines véhiculées par Barbie

a) Définition du terme valeur

On appelle valeur une manière d’être ou d’agir qu’une personne ou une collectivité reconnaît comme idéale et qui rend estimable les être ou les conduites auxquels elle est attribuée

b) Caractéristique des valeurs américaines

Barbie représente l’idéal de la société américaine .

C’est une poupée à la peau très claire avec des yeux bleus et des cheveux blonds dans une société « où la valeur dominante est le blanc » ( doc 1 ) . Elle dispose de nombreux vêtements et accessoires , ce qui montre sa richesse ; elle est jeune , car depuis sa création en 1959 , elle n’a pas pris une ride et symbolise l’éternelle jeunesse . Elle est très mince , car elle a une « silhouette fine et élancée » ( doc 2 B )

Barbie est ainsi « en phase avec les préoccupations majeures de la société américaine d’aujourd’hui , à savoir l’opulence , le vieillissement et l’obésité » .

Pour atteindre cet idéal , des normes vont être adoptées .

2. Les normes américaines représentées par Barbie

a) Définition du terme norme

Les normes sont des règles de conduite très largement suivies dans une société ou un groupe donné , dont la non-observance entraîne des sanctions diffuses ou explicites

b) Caractéristiques des normes américaines

La principale règle pour atteindre le corpus de valeurs américains sera une consommation matérielle exacerbée . Il faut dépenser beaucoup pour montrer sa richesse , mas aussi pour garder l’éternelle jeunesse et la minceur , par le biais d’opérations esthétiques . Cela correspond très bien à Barbie car « un autre aspect impérieux de Barbie , c’est sa propension naturelle à dépenser , à consommer pour s’accomplir » . En effet , dès 1977 , les accessoires se multiplient ( doc 2 A ) et les nouveautés sortent régulièrement . Barbie est bien symptomatique de la consommation de masse : « être c’est avoir »

Barbie véhicule donc la culture américaine ; mais comme elle avant tout un jouet de fille , elle transmet prioritairement la sous –culture féminine , présentant statut et rôle de la femme américaine

B – Barbie : un symbole de la sous – culture féminine , du statut et du rôle de la femme dans la société américaine ( q2 , doc 2)

1. Barbie , caractéristique de la sous-culture féminine

a) Définition de la sous-culture

Une sous-culture est le système de valeurs , normes et modèles de comportements , propre à un groupe social lui permettant de se différencier et d’intégrer ses membres en développant une conscience collective sans pour autant s’opposer à la culture de la société .

b) La sous-culture féminine américaine

Barbie transmet ainsi les valeurs réservées aux femmes : elles doivent être belles en répondant aux canons de la beauté occidentale : « Barbie est blonde , elle a les yeux bleus et une silhouette longue et mince » . Pour continuer à répondre à ces exigences , elle a connu en 1998 un lifting qui l’ a encore amincie ( doc 2A ) .Elles doivent suivre les tendances de la mode : « un univers toujours à la dernière mode » ( doc 2 B ) . Toutes ces exigences nécessitent du temps , elles sont donc oisives et ne travaillent pas .

Or ces éléments ne sont pas exigés aux hommes ; ils correspondent au statut et au rôle de la femme dans la société américaine .

2. et donc du statut et du rôle de la femme dans la société américaine

a) le statut de la femme dans la société américaine

Le statut est la position qu’un individu occupe sur une des dimensions de l’espace social . Barbie symbolise bien l’infériorité sociale de la femme aux Etats-Unis : « Barbie s’affiche en conformité avec l’image américaine d’une certaine féminité oisive , originellement investie d’une mission sociale , celle de valoriser l’homme blanc » ( doc 1 ) : être une femme c’est être dans une position de dépendance vis-à-vis de l’homme

b) le rôle de la femme dans la société américaine

La place inférieure de la femme dans la hiérarchie sociale américaine détermine alors le rôle qui correspond à l’ensemble des comportements d’un individu qui sont attendus par les membres de la société . Pour la femme américaine , son rôle consiste à être le symbole de la réussite sociale et financière de son mari : elle n’ a pas besoin de travailler à l’extérieur pour gagner de l’argent : elle ne le peut pas puisque « ses hauts talons devraient lui interdire certaines activités matérielles » ( doc 1 ) ; elle dépense beaucoup ; elle s’occupe d’elle-même .

Barbie est donc plus qu’un jouet réservé aux petites filles ; elle représente les caractéristiques essentielles de la culture américaine , et plus particulièrement de la sous-culture féminine . Comme toutes les petites filles américaines ont des poupées Barbie , aux Etats-Unis , chaque petite fille a en 8 en moyenne ( doc 2 A ) , cela assure une reproduction culturelle efficace . Barbie est donc un agent de socialisation qui permet l’intégration des valeurs , normes et pratiques culturelles américaines sans contraintes .

II – La mondialisation de Barbie

Or , avec la mondialisation , Barbie n’est plus seulement réservée aux petites filles américaines . Des poupées barbie se vendent dans le monde entier , ce qui génère un processus d’accculturation . Contrairement à ce que l’on pourrait penser , le risque d’uniformisation culturelle est faible , car la culture américaine est trop éloignée de nombreuses cultures , notamment musulmanes . En revanche , une poupée correspondant à la culture musulmane va être créée .

A – Une généralisation de Barbie au niveau de la planète qui génère une acculturation ( q3 , doc 2 )

1. Barbie : un jouet devenu mondial

Les ventes de Barbie ne sont plus seulement concentrées aux Etats-unis . En effet , « deux poupées Barbie sont vendues chaque seconde dans le monde » ( doc 2 B ) . Depuis sa création , en 1959 , plus d’un milliard de poupées ont été commercialisées , ce qui assure une augmentation du chiffre d’affaires de son fabricant Mattel : entre 2001 et 2005 , il a augmenté de près de un milliard de dollars .

Tous les pays sont touchés : si 87 % des petites américaines ont une barbie , c’est le cas pour 96 % des petites filles italiennes et 80 % des allemandes . La France , où près de 90 % des filles de 8 à 10 ans ont au moins une barbie , a une spécificité : un Club des amies de Barbie qui regroupe 250 000 adhérentes .

2. qui génère une acculturation

Cette commercialisation mondiale de barbie entraîne un phénomène d’acculturation

a) Définition de l’acculturation

qui se définit d’ après Redfield , Linton et Herskovits comme « l’ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact continu et direct entre des groupes d’individus de cultures différentes et qui entraîne des changements dans les modèles culturels initiaux de l’un ou des deux groupes » .

b) Barbie , vecteur de l’acculturation

Barbie est donc bien un élément de rencontre des cultures , puisque elle se vend dans le monde entier et véhicule la culture américaine . En jouant avec sa barbie , une petite fille de n’importe quel pays va entrer en contact avec la culture américaine .

3. et peut déboucher sur une uniformisation culturelle ( assimilation culturelle)

Barbie a donc les mêmes caractéristiques que le mcdo : un produit né dans une société particulière , qui véhicule la culture de ce pays , mais qui est vendu dans le monde entier . Le risque est alors une mcdonaldisation du monde : tous les pays consommant les mêmes produits vont adopter les mêmes valeurs et les mêmes normes ce qui débouche sur une perte de diversité culturelle et une uniformisation culturelle : l’ensemble de la planète développerait les valeurs et les normes américaines .

B –Un risque à relativiser

Ce risque paraît pourtant faible , car la culture américaine s’oppose à de nombreuses cultures , notamment musulmane . Barbie va donc être rejetée au profit d’une poupée plus conforme aux valeurs et normes de l’islam : Fulla qui est le symbole d’une culture syncrétique.

1. Barbie transmet une culture non généralisable ( q 4 , doc 3 )

En effet , les valeurs développés par l’islam sont en totale contradiction avec celles véhiculées par Barbie : le respect des anciens , notamment « du père et de la mère » , alors que l’univers de Barbie repose sur la jeunesse ( doc 3 A ) ; l’importance de la religion comme fondement de la vie : « la modestie , le respect , la piété » ( doc 3 B ) .

C’est pour ces raisons « qu’il y a deux ans , l’Arabie Saoudite a interdit la vente des Barbie sur son sol , critiquant ses tenues « honteuses » , symboles de l’ « Occident pervers » ( doc 3 B ) . Mais pour répondre aux exigences des petites filles musulmanes a été créée Fulla .

2. La création d’ « une Barbie islamiquement correcte »

Celle-ci est symptomatique d’une culture syncrétique : de la rencontre des deux cultures naît une culture nouvelle qui peut en en être une véritable synthèse .

a) Une sélection de certains éléments

Fulla reprend d’abord quelques caractéristiques de Barbie , celles qui sont compatibles avec le noyau dur de sa culture . en effet elle est la « sœur jumelle de Barbie »( doc 3 B ) puisqu’elle a quasiment les mêmes proportions

b) Une réinterprétation

D’autres éléments sont réinterprétés , c’est-à-dire que la culture native prend des caractéristiques de la culture conquérante , mais les transforment en fonction de son noyau dur : ainsi Fulla a le teint mat et de grands yeux marrons ,ce qui correspond au physique féminin du Moyen-Orient .

Pour donner des compagnons à Fulla sans que cela soit un petit ami , ce qui est mal vu au Moyen-Orient , « on annonce l’arrivée de ses frères , Bader et Nour »

c) Et un refus de certaines caractéristiques

En revanche , d’autres facteurs vont être rejetés car incompatibles avec la culture musulmane : même si Fulla dispose de nombreux accessoires , sa gare-robe est relativement austère : « pas de maillot de bain « et l’ un des modèles est couvert de la tête aux pays d’une longue abayah noire » ( doc 3 ) . De même , le nombre de métiers effectués par Fulla est très limité : « elle n’est que médecin ou professeur . Deux métiers respectables pour les femmes » ( doc 3 B )

Ainsi , Fulla reprend les caractéristiques extérieures de Barbie tout en la vidant de sa culture américaine . Elle les remplace alors par la culture musulmane . Derrière cette poupée , sont transmises les valeurs et normes de l’islam : quand la réclame affirme : « si vous faites sortir Fulla de la maison , n’oubliez pas de lui mettre sa nouvelle abaya , un double message est lancé . Un message explicite : achetez la nouvelle abaya ; un message implicite : une « bonne » musulmane doit obligatoirement sortir avec son abaya

QSTP en terminale croissance et développement

travail préparatoire

1. Après avoir rappelé de quoi se compose l’IDH, vous vous demanderez si l’on peut établir une relation entre la variation du niveau de vie et celle de l’IDH ? (doc. 1) (2 points)

2. Justifiez la phrase soulignée du texte en vous appuyant sur des chiffres tirés du document 2, quelle relation l’auteur établit-il? (2 points)

3. Pourquoi le PIB n’est-il pas un bon indicateur pour mesurer le développement selon les auteurs du document 3, quelle conception les auteurs remettent-ils en cause ? (2 points)

4. Donnez le mode de lecture et de calcul du chiffre pointé sur la courbe du document 4 (1point)

5. Quelles conclusions pouvez vous tirez de l’analyse du graphique du document 4 (2points)

question de synthèse

Après avoir montré que la croissance économique favorise le développement qui en retour la renforce, vous montrerez que cette liaison n’est pas nécessairement systématique. (10 points)

Documents

Document 1

Comparaisons internationales


PIB réel en $

par hab.

PPA - 2004

TCAM*

PIB par hab.

1975-2004

TCAMa

Population

1975-2004

IDH

1975

IDH

2004

Indice du niveau

d’ instruction

2004

Norvège

38 454

2,6

0,5

0,868

0,965

0,99

Koweit

19 384

-0,8

3,3

0,763

0,871

0,87

Corée du Sud

20 499

6,0

1,0

0,707

0,912

0,98

Afrique du Sud

11 192

-0,5

2,1

0,655

0,653

0,80

Chine

5 896

8,4

1,2

0,525

0,768

0,84

Mozambique

1 237

2,6

2,1

0,299b

0,390

0,47

a. TCAM = taux de croissance annuel moyen ; b. 1980

Source : PNUD, Rapport sur le développement mondial, 2006

Document 2

La clé du progrès social

Chaque fois que, dans le couple machine-homme, l’accroissement de la productivité globale du système permet de diminuer le temps de travail des hommes, lorsqu’ils sont occupés à des tâches ingrates, on réalise un progrès pour l’espèce humaine. Améliorer la productivité des corvées, c’est améliorer proportionnellement la qualité de la vie. […]

Il faut tout de même avoir en tête que, si la durée du travail a été divisée par deux en un siècle, en même temps que le revenu moyen augmentait de façon considérable, ce n’est pas sans rapport avec le fait que la production effectuée par une personne qui travaille aujourd’hui vaut treize fois ce qu’elle était au début du décollage industriel, vers le milieu du xixe siècle. La production par heure travaillée vaut vingt-cinq fois celle des années 1830, c’est-à-dire que, en cent cinquante ans, chaque homme a multiplié sa productivité par vingt-cinq, il a multiplié par vingt-cinq la quantité de biens produits, à durée égale de travail. Une proportion hallucinante… Plus près de nous, de 1949 à 1973 (les « trente glorieuses », le plein-emploi, la richesse des Français multipliée par quatre…), la productivité du travail a augmenté de 4,5 % à 5 % par an ; de 1973 à aujourd’hui, elle a augmenté de 2,2 % par actif occupé, de 3,1 % par heure travaillée.

Ce sont ces gains de productivité qui, en un siècle, ont été la clé du progrès social, de l’accroissement du niveau de vie et du formidable développement économique, culturel et social des pays tels que les nôtres. Gardons assez de lucidité pour le reconnaître.

G. Aznar, Travailler moins pour travailler tous, Syros, 1993

Document 3 :


PIB, croissance et bien-être

Une société où il y a beaucoup d’accidents de la route, qui vont exiger des soins médicaux, des réparations de véhicules, des services d’urgence, etc., aura tendance, toutes choses égales par ailleurs, à avoir un PIB plus gros qu’une société où les gens conduisent prudemment. Plus précisément, elle aura tendance à orienter une plus grande partie de ses ressources économiques et de ses activités vers la réparation des dégâts, sans progression globale du bien-être, plutôt que vers la production de bien-être supplémentaire. […]

Si les ménages achètent de plus en plus d’équipements et de services de protection contre le vol ou de dispositifs antipollution, et si les États dépensent des milliards pour prévenir des risques terroristes croissants, leurs dépenses correspondantes doivent être soustraites du PIB (ou du niveau de vie) si l’on souhaite mieux évaluer les variations du bien-être. […] De même, une entreprise qui pollue une rivière pour assurer sa propre croissance économique et contribuer ainsi au PIB occasionne des dégâts qui réduisent le bien-être de certaines personnes. Or ces dégâts ne sont pas considérés en tant que tels dans les comptes de la richesse économique.

J. Gadrey et F. Jany-Catrice, Les Nouveaux Indicateurs de richesse, La Découverte, « Repères »,2005

Document 4

Indice de santé sociale et PIB aux États-Unis

Indice de santé sociale à neuf variables et le PIB aux prix de 1996

(base 50 en 1959), États-Unis, 1959-1996


Note : L’indice de santé sociale valeur peut varier de 0 à 100.

Source : ibid.


Correction de la question de synthèse n°1 2007-2007

I – Travail préparatoire

  1. Définition de l’IDH : cf cours

Il apparaît une relation de corrélation entre croissance ( dont l’indicateur est le PIB/hab) et le développement ( mesuré par l’IDH et l’indice du niveau d’instruction ):

- en l’absence de croissance il n’ y a pas de développement :

  • analyse transversale : le Mozambique a , en 2004 , d’un côté le PIB/hab le plus faible du groupe ( 1237$ en PPA) et de l’autre l’IDH et l’indice du niveau d’instruction aussi les plus bas ( 0.39 et 0.47 )
  • analyse longitudinale : l’Afrique du Sud a vu son PIB par hab diminuer de 0.5% par an en moyenne entre 75 et 2004 et son IDH est passé de 0.655 à 0.653

- croissance et développement vont de pair :

  • analyse transversale :la Norvège a en 2004 un PIB/hab très élevé : 38 454 $ en PPAet un IDH très élevé : 0.99
  • analyse longitudinale :la Chine ou la Corée du Sud qui ont connu des TCAM du PIB/hab très élevés entre 75 et 2004 ( 8.4% et 6% ) ont vu aussi leur IDH fortement s’élever ( de 0.525 à 0.768 pour la Chine , 0.707 à 0.912 pour la Corée

Mais cette corrélation n’est absolument pas automatique ; de nombreux contre-exemples apparaissent :

- il peut y avoir croissance sans développement :

  • analyse transversale : en 2004 , l’Afrique du Sud a un PIB/hab plus de 2 fois supérieur à celui de la Chine , mais son IDH est inférieur (0.653 contre 0.768 )

- ou même développement sans croissance :

  • analyse transversale : Koweit et Corée du Sud ont en 2004 le même PIB/hab ( 20000 $ ) mais l’IDH de la Corée est supérieur (0.912 contre 0.871)
  • analyse longitudinale : le Koweit a vu son PIB/hab diminuer de 0.8% par an en moyenne entre 75 et 2004 , pourtant son IDH a augmenté : de 0.763 à 0.871

Ainsi , la corrélation entre croissance et développement si elle existe , n’est pas systématique

  1. Selon G.Aznar , c’est le passage d’une croissance extensive ( basée uniquement sur l’augmentation de la quantité de facteurs de production ) à une croissance intensive ( fondée sur une augmentation de la productivité qui permet d’accroître l’efficacité des facteurs de production ) qui a permis d’entrer à la fois dans une phase de croissance durable et continue et de développement .On observe une formidable augmentation des gains de productivité : en un siècle , la production par heure travaillée a été multipliée par 25 , celle par homme par 13 : cela traduit une augmentation considérable de la productivité du travail qui a permis :

· D’augmenter considérablement le niveau de vie de la population

· Tout en réduisant la durée du travail ( divisée par 2 en un siècle )

· Donc d ‘améliorer proportionnellement la qualité de vie , donc le développement économique , culturel et social

L’auteur établit donc une relation de causalité : la croissance est une condition nécessaire et suffisante pour générer le développement : Les capacités d’innovation et le progrès technique qui en ont résulté se sont traduites par une augmentation de la productivité qui assure une augmentation du niveau de vie et aussi une amélioration du mode de vie : la population consomme de plus en plus de biens et services différents qui lui permet de satisfaire des besoins essentiels et superflus ( cf lois d’Engel ) tout en travaillant moins et dans des activités moins pénibles et plus intéressantes . G.Aznar reconnaît donc ici l’intérêt des théories libérales

  1. Selon les auteurs , le PIB n’est pas un bon indicateur pour mesurer le développement , car le PIB est un indicateur quantitatif et le développement une notion qualitative, basée sur l’amélioration du sort de la population . Car comme l’écrit J.P.Delas « on compte comme richesse ce qui est nuisance ou réparation des dégâts de l’économie monétaire » . On peut opérer une double analyse :

- transversale : un niveau élevé de PIB peut être le signe d’un mal-être de la société : acheter de nombreux équipements de sécurité pour des personnes privées , dépenser des sommes importantes dans l’armée ou la police pour un Etat est un signe de mauvaise santé sociale , puisque cela montre la peur et l’inquiétude de la population

- longitudinale :

    • toute augmentation du PIB ne se traduit pas par une amélioration de la situation de la population : une augmentation du nombre d’accidents se traduit par une augmentation du PIB car des activités marchandes de réparations de voitures ou de soin médicaux sont créés .Mais ces activités ne génèrent pas d’amélioration du bien-être ; elles permettent juste de revenir au niveau initial de développement
    • elle peut même générer une détérioration du sort de celle-ci : l’augmentation du PIB peut se traduire par des effets externes comme la pollution qui entraîne une détérioration du développement actuel ( qualité de l’air et de l’eau moindre ) , mais aussi dans le futur : c’est la notion de développement durable

Les auteurs remettent donc en cause la conception libérale en particulier prônée par Kuznets qui considère que le développement peut se réduire à l’examen du PIB/hab ,J.Bruton ajoutant : « dans presque tous les cas , le produit par tête est un substitut efficace du développement »

  1. En 1991 , aux Etats Unis , l’indice du PIB aux prix de 96 est de 160 en 1992 , base 50 en 1959 :

( PIB en 92 aux EU aux prix de 96 / PIB en 59 aux EU au prix de 96 ) x 50

  1. En opérant une périodisation de ce graphique , on peut mettre en évidence 2 grandes périodes :

- entre 1959 et 1970 , le PIB en $ constants augmente au même rythme que l’indice de santé sociale . Cette période va dans le sens de l’analyse libérale qui postule que la croissance est une condition nécessaire et suffisante pour assurer le développement

- depuis le début des années 70 , les 2 indicateurs ont des évolutions divergentes : le PIB en $ constants a été multiplié par 1.6 , alors que l’indice de santé sociale a été divisé par un peu plus de 2 . Cette analyse montre donc les limites de l’analyse libérale : la croissance ne suffit pas pour assurer l’amélioration du sort de la population .

La croissance est donc une condition nécessaire mais non suffisante pour assurer le développement .

II – Questions de synthèse

I. Selon les libéraux , il y a un cercle vertueux croissance-développement

D’après les auteurs libéraux , la relation de corrélation automatique entre croissance et développement se double d’une relation de circularité vertueuse : la croissance est un préalable au développement ; en retour , le développement assure une croissance encore plus rapide .

A. Constat : croissance et développement sont corrélés

1. Ni croissance , ni développement ( q1 , doc 1 )

- analyse transversale : Mozambique

- analyse longitudinale : Afrique du Sud

2. Croissance et développement

- analyse transversale : Norvège ( q1 , doc 1 )

- analyse longitudinale : Chine et Corée ( q1 , doc 1) ; Etats-Unis entre 1959 et 1970 ( doc 4 , q5 ) ; enfin les chiffres de la hausse de la productivité assurant une baisse de la durée du travail et une amélioration de la qualité de vie ( q2, doc 2 )

B. Explications : la relation de circularité

1. La croissance est une condition nécessaire et suffisante au développement

a) Sans croissance , il n’ y a pas de développement : le cercle vicieux de la pauvreté de Nurske

b) Une série de ruptures et/ou un apport de capitaux extérieurs sont donc nécessaires

- pour les libéraux , des conditions préalables au décollage sont nécessaires

- pour les anciens pays industrialisés , selon Rostow , c’est une série de révolutions qui vont permettre de faire disparaître les sociétés traditionnelles qui bloquent le dynamisme économique

- en revanche , pour les PED actuels , selon Rosenstein-Rodan , il faut une aide des PDEM sous forme de capitaux extérieurs ( aide publique au développement)

- dans les deux cas , c’est l’adoption d’une économie de marché qui permettra , selon Fukuyama , d’instaurer un régime de croissance

c) Apparaît alors une forte croissance qui se généralise et assure le développement

- selon Rostow , tous les pays vont connaître le même schéma de croissance et arriver aux 4° et 5° stades du développement :la maturité et la phase de consommation de masse qui assure le bien-être et la satisfaction de toute la population

- la croissance intensive assure hausse du niveau de vie et amélioration du mode de vie ( q 2 , doc 2 )

- l’augmentation des richesses créées permet le financement des infrastructures de santé et d’éducation , ce qui assure le développement

- comme la population satisfait ses besoins essentiels , elle passe à des demandes post-matérialistes :

  • Demande de démocratie : théorie de Fukuyama
  • Demande de réduction des inégalités : théorie de Kuznets

2. Le développement renforce la croissance

La croissance entraîne donc le développement qui accélère en retour la croissance

- développement = population plus qualifiée , en meilleure santé : elle est donc plus productive et plus innovante , ce qui permet de renforcer la croissance intensive qui est la forme de croissance la plus pérenne

- réduction des inégalités permet d’atteindre un système méritocratique où les places sont accordés non en fonction de la naissance mais en raison des qualités de chacun , ce qui assure un système économique plus efficace

- selon Fukuyama , la démocratie entraîne une augmentation des libertés et donc de la liberté d’entreprendre , qui renforce encore l’économie de marché et donc la croissance

Ainsi , d’après les libéraux , pour améliorer le sort des populations , il faut de la croissance . Celle-ci est une condition nécessaire et suffisante pour favoriser le développement . Ce déterminant essentiel crée alors un cercle vertueux croissance et développement que connaissent aujourd’hui , selon Fukuyama , les pays occidentaux ( fin de l’histoire) , que pourront connaître demain les PVD , s’ils suivent the one best way (Rostow et consensus de Washington)

II. Mais cette relation n’est pas automatique

Mais la vision des libéraux est beaucoup trop optimiste . En effet , la relation de corrélation entre croissance et développement ne paraît pas systématiquement vérifiée , car la relation de causalité s’avère discutable .

A. Constat : la croissance n’est pas systématiquement corrélée au développement

1. Croissance sans développement

- analyse transversale : Afrique du Sud ( q1 , doc 1) , exemple du Brésil vu en cours ( mal développement )

- analyse longitudinale : Etats-Unis depuis 1970 ( q 5 , doc 4 )

2. Développement sans croissance ( q1 , doc 1 )

- analyse transversale : Corée du Sud et Koweit

- analyse longitudinale : Koweit

B. Car la croissance peut être une condition nécessaire et non suffisante au développement

L’augmentation des richesses peut assurer une amélioration du sort de la population , mais ce n’est pas automatique . Cela dépend de nombreuses conditions :

- tout dépend la façon dont est obtenue la croissance : exemple du Brésil qui est une économie duale où un secteur moderne et dynamique coexiste avec un secteur vivrier et traditionnel

- surtout de la manière dont sont répartis les fruits de la croissance :

· L’utilisation des richesses peut servir à des dépenses militaires ou de prestige qui n’améliore pas le sort de la population

· Cela dépend donc des choix de l’Etat : celui-ci a un rôle essentiel à jouer pour que la croissance se traduise par du développement : pour diminuer les inégalités , assurer un système de santé et d’éducation généralisé à l’ensemble de la population

· D’autant plus que l’Etat est obligé de financer les maux de la croissance : stress et maladies professionnelles , les accidents , … Il ne fait que restaurer ce qui a été détérioré par la croissance .Le PIB augmente sans accroître le bien-être de la population ( question 3 , doc 3 )

· Se pose en plus le problème du développement durable : l’épuisement des ressources naturelles , la pollution et une répartition très inégale des richesses au niveau mondial ( divergence des PIB ) montre que la croissance peut générer des effets pervers

La corrélation mise en évidence par les libéraux entre croissance et développement est donc contestable. Certains auteurs préconisent même de rechercher le développement comme condition préalable à la

C. La démocratie et le développement peuvent être un préalable à la croissance

C’est la théorie de Sen : pays pauvres peuvent sans problème financer l’éducation et la santé de la population car ce sont des activités demandant peu de moyens ( amélioration de l’hygiène , éducation primaire ). Comme les pays sont pauvres , les salaires sont faibles ; il est alors peu coûteux d’accroître les conditions de santé et d’éducation de la population . Plus instruites et en meilleure santé , elles sont alors plus productives . Mais pour cela , il paraît important que des règles de bonne gouvernance soient mises en place par un Etat démocratique : les EU sont la première démocratie moderne , la croissance a suivi ; n’en est-elle pas un résultat ?