correction de la dissertation : les spécificités de la régulation fordiste

SUJET : LES TRENTES GLORIEUSES, LE NOUVEL AGE D’OR INDUSTRIEL .... AUTANT DE CARACTERISATIONS INSISTANT SUR LES SPECIFICITES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE DES ANNEES 1945-1974. VOUS TENTEREZ DE MONTRER EN QUOI CETTE PERIODE PEUT S’OPPOSER AUX PHASES ANTERIEURES DU DEVELOPPEMENT DU CAPITALISME.


PARTIE I : UNE CROISSANCE EXTENSIVE CARACTERISEE PAR UNE REGULATION CONCURRENTIELLE ET DES CRISES DE TYPE CLASSIQUE.

I - UNE CROISSANCE EXTENSIVE

A - UNE CROISSANCE RAPIDE DES INDUSTRIES DE BASE.

Excepté les cas britanniques et japonais, tous les pays ayant connu un développement économique au SIX siècle ont basé leur croissance économique sur les industries de base : biens d’équipements, infrastructures (chemins de fer)) . Ces industries ont joué le rôle de branche motrice tirant par leur dynamisme l’ensemble de l’économie: le taux de croissance annuel moyen des biens d’équipement entre 1900 et 1913 : 2,9 %, sur la même période pour les biens de consommation la VA ne progresse qu’au rythme annuel de 1,9 %.

B - DETERMINE UNE CROISSANCE CAPITALISTIQUE.

Tout au long du XIX siècle les entreprises ont recouru à un accroissement du ratio capital par tête, ce qui se traduit par une chute du ratio : production de biens de consommation/ production de biens d’équipement, qui passe selon HOFFMAN de 5 au début du XIX ème à 2,5 durant la seconde moitié du XIX siècle. Ceci est caractéristique d’une croissance fortement capitalistique. Mais elle demeure beaucoup plus quantitative que qualitative, ce qui ne peut générer que de faibles accroissements de la productivité.

C - UNE CROISSANCE INTENSIVE.

Ainsi que l’indique les auteurs de l’école de la régulation l’accumulation au XIX est à dominante extensive c’est à dire qu’elle est basée sur le rôle moteur de la formation du capital, mais qu’elle ne se révèle pas capable de dégager des gains de productivité suffisants : le taux de croissance annuel moyen de la productivité du travail par tête est de 1,8 % entre 1896 et 1913, de 5,4 % entre 1959 et 1973. La productivité du secteur des biens d’équipement connaît un taux de croissance annuel moyen de 1,7 % entre 1900 et 1913 mais de 5,2 % entre 1959 et 1974. Ceci va poser un problème pour le financement de la croissance capitalistique. Selon MARX ce problème résulte de la loi tendancielle à la baisse du taux de profit que les capitalistes compensent en faisant pression à la baisse sur salaires du prolétariat. On constate en effet au XIX ème que la répartition de la VA se fait au bénéfice des entrepreneurs et des épargnants et non en faveur des salariés . C’est la caractéristique de la régulation concurrentielle

II -UNE REGULATION CONCURRENTIELLE

A -UNE REPARTITION INEGALE DE LA VALEUR AJOUTEE.

Entre 1900 et 1913 le taux de croissance annuel moyen de la VA progresse de 2,9 % pour le secteur 1. Dans le même temps le taux de croissance annuel moyen des salaires ne progresse que de 0,4 % .

B - QUI REPOND A UNE LOGIQUE CONFERANT LE ROLE DETERMINANT A L’OFFRE.

La croissance confère un rôle déterminant à l’accumulation du capital donc à l’investissement et à l’épargne. Il faut que les agents éco mobilisent une épargne suffisante pour financer l’investissement qui est à la base de la croissance extensive. On postule donc que la loi de SAY est vérifiée: c’est l’offre qui détermine la demande et qui l’amène à son niveau. Accroitre la part des salaires ne feraient que freiner les capacités d’épargne de l’économie, élèveraient les taux d’intérèt,donc réduirait l’incitation à investir des agents économiques et freinerait l’accumulation du capital.

C - ET QUI EST A L’ORIGINE DE LA CRISE DU MODE D’ACCUMULATION EXTENSIVE QUE L’ON OBSERVE A LA FIN DU XIX SIECLE.

Caractérisons la crise de 1873-1895: les petites unités de production s’avèrent incapables de réduire leurs coûts de production alors qu’elles mènent une guerre des prix pour gagner des parts de marché conformément à la régulation concurrentielle ( Loi de l’offres et de la demande , flexibilité des prix). Ces entreprises pour éviter la faillite font pression à la baisse sur la part des salaires (cf flexibilité des salaires dans la régulation concurrentielle). Mais cela détermine une paupérisation de la population et plonge l’économie dans une crise de sous -consommation ( cf MARX) , sans pour autant sortir l’économie de la crise car la croissance extensive bute sur la loi des rendements décroissants et ce mode d’accumulation s’avère contraproductif .

III - DE LA REGULATION CONCURRENTIELLE AVEC ACCUMULATION INTENSIVE A LA CRISE DE 1929.

A - VERS LA CROISSANCE INTENSIVE .

Depuis la fin du XIX ème sont introduites des méthodes de production plus efficaces(taylorisme et fordisme) , de nouveaux produits (automobile) de nouveaux processus de production qui permettent d’élever la productivité : entre 1921 et 1929, le taux de croissance annuel moyen de la productivité du travail est égal à 6 %, il n’était que de 1,7 % entre 1900 et 1913.

B - PERMISE PAR l’INNOVATION.

Selon SCHUMPETER c’est l’innovation qui explique le dynamisme de l’économie capitaliste: pendant les périodes de récession les profits diminuent , le chômage augmente , les occasions d’investissement sont réduites . Mais alors les capitaux sont abondants , et des procédés technologiques nouveaux qui n’intéressaient pas les prêteurs attirent désormais l’attention. Des innovations fondamentales vont alors pouvoir être réalisées qui vont déterminer la phase de croissance :
- Ces innovation impulsent le processus de la destruction créatrice qui révolutionne en permanence de l’intérieur la structure de l’économie:les nouveaux procédés, produits conduisant à la disparition des industries qui avaient base leur croissance sur l’innovation fondamentale du cycle précédent.
- Cette innovation est discontinue dans le temps et fait l’objet d’explosions par grappes quand les entrepreneurs tirent partie des possibilités nouvelles de profit exceptionnels , elle provoque une augmentation générale de la demande d’inputs, contribue à exercer une pression haussière sur les prix. Ce mouvement est accentué par les anticipations optimistes de profits et de poursuite du processus d’expansion et alimenté par la création de crédit.

C - QUI DEMONTRE LE ROLE ESSENTIEL DE L’ENTREPRENEUR DANS L’ECONOMIE CAPITALISTE .

SCHUMPETER attribue le rôle le plus glorieux à l’entrepreneur /L’entrepreneur : « a une fonction propre dans le processus social » , c’est lui qui va impulser l’innovation, c’est donc lui qui va remettre en cause la routine issue de la phase d’expansion précédente et générer la croissance économique de la phase de croissance qui va s’ouvrir. Or selon SCHUMPETER, la motivation essentielle de l’entrepreneur c’est le profit : qui est à la fois le but et l’instrument du capitalisme .

D - ET EXPLIQUE QUE L’ON RESTE DANS UNE LOGIQUE DE REGULATION CONCURRENTIELLE.

Les économistes avec SCHUMPETER confèrent toujours un rôle essentiel à l’offre, ce qui explique que l’on préfère accroître les profits ( accroissement annuel moyen de 5% entre 1921 et 1929) en freinant l’accroissement des salaires qui sur la même période augmente beaucoup moins vite que la productivité .

E - ALORS QUE L’ON EST ENTRE DANS UNE LOGIQUE DE REGULATION MONOPOLISTE

Comme l’a expliqué SCHUMPETER l’on observe une concentration des entreprise , dont les méthodes de production sont radicalement différents de celles de la régulation précédente ( division du travail, standardisation des produits).Les entreprise vont alors inonder le marché de produits de consommation de masse qui seront lancés par la publicité. Les salariés deviennent alors de agents de croissance par leur consommation.

F - CE QUI DETERMINE UNE CRISE DE LA REGULATION.

La dissociation entre l’efficacité et la vigueur du mode de production fordistes et la médiocrité relative de la demande populaire, vont plonger l’économie dans une crise de surproduction qui remet en cause les fondements de la régulation concurrentielle.

G - AGGRAVEE PAR L’INEFFICACITE DES POLITIQUES ECONOMIQUES DE SORTIE DE CRISE.

Les remèdes appliqués dans un premier temps : politiques de type déflationniste:( flexibilité à la baisse des prix et des salaires, chute de la production industrielle) sont les remèdes caractéristiques de la régulation concurrentielle et des crises JUGLAR. Mais ils vont échouer et mettre un terme à la régulation concurrentielle. Apparaît alors un nouveau mode de régulation : la croissance intensive avec consommation de masse et régulation monopoliste.


PARTIE II - L’ACCUMULATION INTENSIVE AVEC CONSOMMATION DE MASSE.

I - UNE CROISSANCE INTENSIVE.

A - UNE ACCELERATION DE L’INNOVATION

Les méthodes tayloriennes et fordiennes appliquées dans l’entre deux guerres dans les entreprises se généralisent à l’ensemble du tissu productif et permettent : « une intensification du travail ouvrier ». Elles sont renforcés par l’accroissement du progrès technique ( process ou produit) et génèrent des gains de productivité très élevés : le taux de croissance annuel moyen de la productivité du travail est supérieur à 5 % entre 1959 et 1974, il n’était que de 2% entre 1900 et 1913. Le PIB par tête quant à lui progresse de 5,1 % par an entre 1950 et 1973, de 1,9 % par an entre 1870 et 1950.

B - QUI DEMONTRE QUE L’INNOVATION N’EST PAS ENTRAVEE PAR LA CONCENTRATION DES ENTREPRISE.

Comme l’écrit SCHUMPETER : « l’entreprise géante est finalement devenue le moteur le plus puissant à long terme de la production totale ». En effet contrairement à ce que l’on aurait pu s’attendre la concentration, la création d’oligopoles ou de situations de monopoles n’a pas freine le rythme d’introduction des innovations car : « l’homme d’affaire se sent placé dans une situation concurrentielle même s’il n’a pas de rival dans sa branche, en fait , dans de nombreux cas sinon dans tous, une telle pression virtuelle impose un comportement très analogue à celui que déterminerait un système de concurrence parfaite ». Or la grande entreprise présente un avantage supplémentaire par rapport à la petite, elle peut mobiliser des capitaux beaucoup plus importants.

C - ET QUI EST RENFORCEE PAR L’ACCUMULATION DU CAPITAL.

La FBCF croît à un rythme de 9,5 % par an entre 1950 et 1959, alors qu’elle ne progressait qu’au rythme de 4,7 % par an entre 1900 et 1913. Cela se traduit par une croissance capitalistique : le capital par tête progresse au rythme de 5,6 % par an entre 1950 et 1973, alors que le rythme n’était que de 1,5 % par an entre 1900 et 1913 dans le secteur I.

D - QUI ENGENDRE UNE PRODUCTION DE MASSE

Le taux de croissance de la VA progresse à un rythme jamais observé antérieurement : 5 % par an entre 1959 et 1974, seulement 3 % par an entre 1900 et 1913. Le taux de croissance du PIB progresse 3 fois plus vite entre 1950 et 1973 qu’entre 1870 et 1950. Cette production de masse est caractérisée par de nouvelles branches motrices se situant dans le secteur des biens de consommation qui tirent le secteur des biens d’équipements qui à son tour engendre des gains de productivité. La croissance de 1945-1974 est donc bien radicalement différente de celle que l’on avait pu observer dans les phases antérieurs du développement du capitalisme. Toute la question est de savoir si ce mode de croissance n’allait pas buter sur la contrainte de la demande.

II - LA CONSOMMATION DE MASSE.

A - L’INSTITUTIONNALISATION DES SYNDICATS.

A partir de 1945 les organisations syndicales ouvrieres sont devenues d’indispensables partenaires sociaux , les syndicats obtiennent alors des augmentations de salaires indexés sur l’inflation et sur les gains de productivité ex-ante, en contrepartie le salariat est intériorisé comme forme normale d’organisation du travail, . Ce qui va à l’encontre de la conception marxiste , pour qui l’opposition entre la classe capitaliste et la classe ouvrière ne pouvait que s’exacerber à mesure que les contradictions du capitalisme se développaient.
De nouveaux processus régulateurs sont alors à l’oeuvre que certains d désignent sous l’appellation de régulation monopoliste . La vision classique d’un marché concurrentiel devient obsolète et l’Etat est conduit à intervenir pour réguler un marché qui n’est pas capable de s’autoréguler.

B - UNE INTERVENTION ACCRUE DE L’ETAT QUI DEVIENT L’AGENT REGULATEUR DE L’ECONOMIE.

Tous les agents ont compris qu’il fallait tirer les leçons de la crise de 1929, et qu’il était nécessaire d’introduire dans la sphère économique et sociale un agent pour assurer une croissance cohérente ne butant pas sur les imperfections des modes de croissance précédents. L’Etat intervient donc directement dans la sphère économique (nationalisations, planification, accroissement des dépenses publiques) et dans la sphère sociale (création d’un Etat Providence) afin d’assurer l’équilibre entre une consommation de masse et une production de masse.

C - UNE NOUVELLE NORME DE CONSOMMATION: L’APPARITION DU CONSOMMATEUR ET DE LA CONSOMMATIVITE.

La croissance au XIX ème conférait un rôle fondamental à lépargnant et considérait que la consommation était un reliquat déterminé par le taux d’intérèt. Avec la crise de 29, on se rend compte qu’il faut absolument trouver des débouchés à la production de masse. La demande va dés lors jouer un rôle fondamental et les entreprises comprennent qu’elles doivent accorder des augmentations de salaire conséquentes: taux de croissance du salaire entre 1960 et 1973 : 4,5 % par an, il était seulement de 1 % par an avant 1913. Elles sont en cela relayées par l’Etat: la part du salaire indirect dans le salaire total passe de 1,2 % à 32 %. « Cela produit non pas la croissance mais un certain type de croissance donc certains modes de vie: apparaît alors une norme de consommation dominante (l’american way of life) qui conduit à la généralisation du salariat: les femmes étant obligés de travailler pour augmenter le niveau de vie du ménage et acquérir des biens de consommation durables ». « Le capitalisme a transmis a toute la société le secret de son dynamisme : faire de la consommation une économie de temps et non pas un usage du temps:les salariés exploités quand le capitalisme avait besoin d’accumuler du capital ont été intégrés et ont perçu des salaires élevés quand les entreprises avaien t besoin d’écouler leur production de masse ».
La régulation monopoliste apparaît donc comme un stade supérieur du capitalisme dont les processus ont été assez puissants pour régulariser la courbe de l’expansion.

D - LA DISPARITION DES CRISES CLASSIQUES.

La régulatioin fordiste a permis pour un temps d’entraver les mécanismes du cyle classique au prix d’une inflation rampante. La régulation monopoliste a permis de réduire la flexibilité des salaires autour de la moyenne (écart de 35 points entre 1870 et 1895, l’écart entre 1960 et 1973 n’est plus que de 8 points ).Et ainsi d’assurer une consommation de masse capable d’absorber la production de masse .

E - LES LIMITES DE LA THEORIE SCHUMPETERIENNE.
SCHUMPETERconsidérait que l’innovation était l’élément central avec l’entrepreneur qui l’impulsait de la dynamique du capitalisme. Avec la montée de la buraeucratisation, la disparition ou du moins l’effacement de l’entrepreneur qui remet en cause le leader ship de la classe bourgeoise, SCHUMPETER est particulièrement pessimiste quant à l’avenir du capitalime : « MARX s’est trompé dans son pronostic des modalitrés d’effondrement de la société capitaliste, mais il na pas eu tort de prédire qu’elle s’effondrerait finalement »
Lafaiblesse des conceptions marxistes et schumpetériennes est d’avoir sous estimées les capacités d’adaptation du capitalisme. MARX n’a pas vu le passage de la croissance extensive à la croissance intensive qui remet en cause la loi tendancielle à la chute du taux de profit. SCHUMPETER quant à lui s’est focalisé sur un monde de petits entrepeneurs innovateurs et solitaires qui impulsent par l’offre une croissance. Or cela n’a plus rien à voir avec la réalité, l’Etat occupe aujourd’hui une place déterminante dans l’économie contibuant à l’effort de recherche. La demande est au moins aussi importante que l’offre pour assurer la croissance économique.

Mais cette croissance a des effets contraproductifs : elle sécrète des blocages et donc une crise de la régulation mais qui a des carctéristiques très différents de celle de 1929 .

Correction de la dissertation de termminale : croissance et progrès sont-ils synonymes

SUJET : DANS QUELLE MESURE PEUT-ON CONSIDERER QUE CROISSANCE ET PROGRES SONT SYNONYMES?

I - CROISSANCE ET PROGRES SONT SYNONYMES CAR
L ‘EFFICACITE DETERMINE L’EQUITE ET LE BIEN ETRE .

A - LE PASSAGE DES SOCIETES FROIDES AUX SOCIETES CHAUDES FAVORISE LE PROGRES .

1 LES SOCIETES FROIDES : DES SOCIETES IMMOBILES .

Les sociétés froides cherchent à perpétuer un équilibre ancestral une continuité , une culture par le biais d’institution qui rejettent toutes formes d’évolution .
Ces sociétés vont donc empêcher l’apparition d’innovateur générant un progrès technique et par la même un progrès social car elles savent que ces facteurs historiques détruiraient le précieux équilibre qu’elles cherchent à maintenir .
Elles vont donc refusant le progrès technique être très dépendante des conditions naturelles famines épidémies ) ce qui va déterminer une vision très pessimiste de l’histoire (cf la théorie de MALTHUS).
Dés lors que le souligne E LE ROY LA DURIE ces sociétés vont se heurter à un maximum quasi invariable qui va générer des crises cycliques qualifiées d’ancien régime : alternance de cataclysme démographique et économique et de phase de croissance qui se compensent afin d’assurer une stabilité dans le long terme .


LES SOCIETES CHAUDES : DES SOCIETES A CROISSANCE. .
Au contraire comme le souligne très bien C LEVI-STRAUSS nos sociétés contemporaines sont caractérisés essentiellement par une intériorisation résolue du devenir historique, elles en font ainsi le moteur de leur développement .
Elles se libèrent donc des contraintes naturelles en produisant des innovateurs (cf théorie de SCHUMPETER) ce qui va déterminer une vision optimiste du futur .
Ces sociétés vont donc connaître une croissance économique moderne globale et cumulative qui va permettre de dépasser les limites qui apparaissaient infranchissables aux sociétés froides .

B - LE PROGRES TECHNIQUE DETERMINE LA CROISSANCE : LA NOTION D’EFFICACITE.

Le progrès technique est ainsi caractéristique de nos sociétés contemporaines il a permis selon une vision optimiste à la ROSTOW de dépasser les limites imposées par un mode de croissance extensif butant sur la loi des rendements décroissants ( cf la théorie de MALTHUS).
En effet le progrès technique et l’introduction du mode de croissance intensif qui va en résulter vont permettre de produire toujours plus (cf chiffres de la croissance sur la longue période)en utilisant toujours moins d’hommes et de machines par unité produite c’est à dire en obtenant t des gains de productivité sans cesse renouvelés : cela c’est l’efficacité qui détermine le cercle vertueux : progrès croissance intensive profit investissement progrès .


C- L’EFFICACITE DETERMINE LE PROGRES AU SENS DU BIEN ETRE DE LA POPULATION .


Prenons l’exemple si représentatif cité par J FOURASTIE du petit village de DOUELLE en Quercy : en 1946 il fallait travailler 24 minutes pour un kilo de pain, 45 minutes pour un kilo de sucre , 7 heures pour un kilo de beurre , 8 pour un kilo de poulet, l’ alimentation y forme les trois quarts de l’alimentation totale , aujourd’hui l’alimentation y représente le cinquième . Comment expliquer cette évolution FOURASTIE nous explique que la raison en est la multiplication par douze en trente ans de la productivité agricole . On peut alors développer un second cercle vertueux : progrès croissance de la productivité croissance du revenu (DOC 1) croissance du niveau de vie et diversification des biens consommés (doc 5) croissance du bien être progrès au sens économique et social .


D - LE CONTRE EXEMPLE : LES PVD .

On peut opposer aux cercles vertueux précédents les cercles vicieux suivants :
sociétés immobiles (cf ROSTOW) pas de progrès pas de croissance pas d’investissement pas de progrès

pas de progrès donc pas de croissance donc pas d’augmentation du revenu donc pas d’accroissement du niveau de vie donc pas de progrès au sens d’augmentation du bien être de la population .

Ces deux cercles vicieux pouvant être synthétisés dans les cercle vicieux de la pauvreté de R NURSKE .


II - EN REALITE PAS DE RELATION EVIDENTE ENTRE CROISSANCE ET PROGRES .

A - L’EXEMPLE DES PVD .

1 - LA CROISSANCE APPAUVRISSANTE .

On développera ici l’idée chère aux théoriciens tiers mondistes d’une croissance qui est faite par et en fonction des intérêts des pays les plus riches c’est à dire des pays du centre des pays développés. La pauvreté des pays de la périphérie n’est alors que le résultat de l’enrichissement ( le prix à payer ) des pays du centre : on peut ici développer l’idée de la spécialisation imposée de l’extérieur dans les matières premières et de l’évolution du prix des produits de base .

2 - UNE CROISSANCE DUALISTE .

La croissance dans les PVD n’est pas globale et endogène mais exogène et sectorielle elle ne concerne dés lors qu’un petit segment de la population qui pille les richesse naturelles du pays laissant la très grande majorité de la population dans la pauvreté .cette surexploitation des richesses naturelles remet en cause un développement ultérieur : cf la notion de développement soutenable ou durable.

B - UNE CROISSANCE GENERANT DES EFFETS EXTERNES NON SOUHAITES : L’EXEMPLE DE LA POLLUTION

CF cours et cours de première.et dissertation croissance et développement durable

C - EFFICACITE ET EQUITE PEUVENT ETRE CONTRADICTOIRES : l’EXEMPLE DE LA CRISE ACTUELLE .

1 - LE PROGRES TECHNIQUE ET LES GAINS DE PRODUCTIVITE GENERENT DU CHOMAGE .

Dans le contexte économique actuel ( concurrence exacerbée, mondialisation ) les entreprise spécialisées dans les activité traditionnelles sont mises à mal par la concurrence des PVD à bas salaires (ex textile) ce qui contribue à leur fermeture et la délocalisation des emplois . Plus généralement face à la concurrence étrangère les entreprises françaises sont obligées de réaliser des investissements de productivité qui permettent certes d’obtenir des gains de productivité mais qui remplacent l’homme par la machine, dévalorisent les qualifications traditionnelles et génèrent donc une augmentation du chômage , en particulier du chômage structurel , de longue durée , d’exclusion .

2 - LE PARADOXE DE LA PAUVRETE AU SEIN DE L’ABONDANCE .

L’étude des documents 2 -3-4 démontre que le nombre de pauvres travailleurs (working poors) augmente en France mais plus généralement dans l’ensemble des pays développés.Donc que la croissance contrairement aux prévision trop optimistes de ROSTOW et des théoriciens libéraux (cf courbe de Kuznets) n’a pas permis de faire disparaître la pauvreté mais qu’elle peut au contraire la perpétuer ou lui redonner une seconde vie . En effet comme l’indique le doc 3 le développement humain est fragile , il n’est pas unidirectionnel . Ceci remet en cause l’idée simpliste des libéraux et de ROSTOW d’un modèle de référence .

3 - LA PAUVRETE GENERE DE LA PAUVRETE .

L’apport de KEYNES est ici fondamental (doc 6): en effet KEYNES à partir de l’étude de la crise de 29 démontre que l’accroissement du chômage réduit le nombre de ménage pouvant émettre une demande solvable , or lla production des entreprises se détermine en fonction de la demande effective qu’elles anticipent . Dés lors rien n’assure que le système économique dispose de capacités d’autorégulation qui lui permettent d’assurer le bien être de la population .Ce qui est vrai en période de crise l’est aussi en période de croissance , car des ménages plus riches réduisent leur propension à consommer , donc les débouchés des entreprises , donc la croissance .

CONCLUSION : Ainsi rien ne permet d’affirmer a priori que la croissance détermine le progrès que l’efficacité génère l’équité . En réalité les choses sont beaucoup plus complexes : l’efficacité et l’équité sont certes corrélées mais cela nécessite l’intervention d’un troisième facteur : un organe régulateur assurant une croisants générant du progrès .


III - EFFICACITE + REGULATION = EFFICACITE ET BIEN ETRE .

A - L’EXEMPLE DE LA REGULATION FORDISTE .

1 - LE MODE DE CROISSANCE AU XIX EME SIECLE.

La révolution industrielle contrairement à ce qu’affirmait SMITH ne s’est pas traduite par une amélioration du bien être de la population mais tout au contraire par une détérioration de la situation des classes populaires et par l’apparition du paupérisme. En effet comme l’a bien montré l’analyse de MARX (cf cours première et enseignement de spécialité) la situation de la classe ouvrière s’est dégradée afin de financé l’accumulation du capital . Donc on peut en conclure que la croissance au XIX ème siècle ne permet pas de corroborer le modèle de la main invisible développé par A SMITH.

2 - LA CRISE DE 29 A NECESSITE UNE REMISE EN CAUSE DU MODELE DE CROISSANCE CARACTERISTIQUE DU XIX EME SIECLE

Le passage d’un mode de croissance extensif à un mode de croissance intensif sans consommation de masse à la fin du XIX ème siècle a entraîné une formidable augmentation de la production , en particulier de biens de consommation. Or le mode de régulation était demeuré concurrentiel c’est à dire que les salaires augmentaient moins vite que les gains de productivité. Dés lors , conformément aux préceptes de l’analyse keynésienne , les entreprises furent confrontés à un insuffisance de débouchés qui généra un crise de sous consommation et de surproduction .

3 - C’EST A DIRE L’INTRODUCTION DE LA REGULATION FORDISTE .
Il faut ici expliciter le raisonnement vue en première : régulation fordiste : croissance intensive avec consommation de masse .

4 - QUI PERMET LES TRENTE GLORIEUSES.

La période de croissance qui a suivi la mise en place de la régulation fordiste résulte donc non de la seule relation efficacité équité mais plus fondamentalement de l’intervention d’un organisme régulateur : l’Etat. Qui a permis d’instituer la société de consommation de masse .


B - l’ASSIMILATION ENTRE HAUSSE DU NIVEAU DE VIE ET AMELIORATION DU BIEN ETRE DE LA POPULATION EST DISCUTABLE .

Nos sociétés de consommation de masse font une assimilation tout à fait discutable entre augmentation du niveau de vie c’est à dire de la consommation et amélioration du bien être . Assimilation qui est remise en cause par de nombreux sociologues tels que J BAUDRILLARD qui se refuse à considérer que la possession d’un téléviseur peut être assimiler à une amélioration du bien être de la population. En effet on peut se demander avec BAUDRILLARD si la société de consommation de masse n’a pas été généré par la société industrielle qui ne peut vivre sans inventer perpétuellement de nouveaux besoins . Nous serions alors esclaves de ces besoins fictifs, perpétuellement insatisfaits ( cf M SAHLINS), prisonniers d’un devoir de plaisirs .

C- LA REMISE EN CAUSE DE L’UNICITE DU MODELE DE CROISSANCE ET DE BIEN ETRE .

Il faut reprendre ici les idées sur le relativisme culturel vues en cours et critiquer la conception de ROSTOW.

correction dissertation : intervention de l'Etat et croissance

SUJET : DANS QUELLE MESURE L’INTERVENTION DE L’ETAT PEUT-ELLE ETRE FAVORABLE A UNE CROISSANCE DURABLE DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE ?

I ) UNE INTERVENTION INUTILE ET INEFFICACE .

A ) UNE INTERVENTION INUTILE

D’après les libéraux , l’intervention de l’Etat dans l’économie ne sert à rien car l’économie de marché est structurellement en équilibre . SAY démontre à partir de sa loi des débouchés qu’il n’existe aucun déséquilibre durable général : l’offre crée sa propre demande .
En effet , quand une entreprise produit , elle verse des revenus ( sous forme de salaires , profits , rentes ) d’un montant égal à sa production . Ces revenus vont servir intégralement à l’achat de biens , soit de consommation , soit d’équipement par le biais de l’épargne . Car toute l’épargne est réinvestie , parce que les individus ne thésaurisent pas : ils ne veulent pas garder de l’épargne sous forme liquide , car , d’après SAY , « la monnaie n’est qu’un voile » et n’a aucun rôle hormis celui de faciliter les échanges .
Un déséquilibre durable général ne peut donc exister : l’ensemble des produits ne peut donc connaître , en même temps , de mévente . En revanche , il peut exister un déséquilibre partiel temporaire : sur un marché particulier , l’offre est , par exemple , supérieur à la demande . J.S.MILL , par sa loi de l’offre et de la demande , démontre que la flexibilité des prix ( la capacité des prix à varier) permet de revenir à l’équilibre . En effet , si l’offre est supérieure à la demande , le prix diminue , l’offre diminue , la demande augmente , ce qui permet le retour à l’équilibre .

L’économie de marché est donc structurellement en équilibre : une intervention de l’Etat n’a donc aucun intérêt . Pire , cela peut générer des effets pervers empêchant la reprise de la croissance .

B ) UNE INTERVENTION NEFASTE

Par son intervention tant structurelle que conjoncturelle , l’intervention de l’Etat empêche la reprise de l’activité économique : c’est ce que montre la période des années 70 .

1° ) LA POLITIQUE CONJONCTURELLE .

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale , ces politiques sont d’inspiration keynésiennes .

a- la politique monétaire ;

Elle consiste à accroître la quantité de monnaie en circulation . Or , selon FRIEDMAN , cette politique est certes positive à court terme , car elle modifie les anticipations des individus ; ils se croient plus riches , consomment donc plus , ce qui engendre une augmentation de la production .
Mais , à moyen terme , ils se rendent compte que cette augmentation des revenus a seulement été nominale et monétaire : leur pouvoir d’achat n’a pas augmenté , car l’augmentation des revenus a été corrélée avec l’augmentation des prix . Comme leur pouvoir d’achat est constant sur le long terme , ils reviennent à leur plan de consommation initial , la production revient alors à son niveau antérieur .
FRIEDMAN reprend donc la théorie quantitative de la monnaie d’I.FISCHER pour expliquer la forte inflation des années 70 : l’augmentation de la masse monétaire n’a aucune influence sur la production , elle n’a d’effets que sur l’augmentation des prix , car la sphère réelle et monétaire sont déconnectées .
Or , l’inflation peut empêcher la croissance économique en ayant des effets pervers , tant au niveau interne qu’au niveau international .
Au niveau interne , l’inflation gêne le comportement rationnel des individus , car tous les prix augmentent en même temps . En effet , le prix joue le rôle de signal et indique quels sont les produits les plus demandés , ceux dont la production est la plus rentable . Si tous les produits connaissent une augmentation des prix , les individus ne savent pas si cette augmentation est due à des effets monétaires ( l’inflation) ou réels ( la demande est supérieure à l’offre ) . Cela empêche donc l’allocation optimale des facteurs de production : le travail et le capital ne sont pas placés dans les secteurs où ils permettent la plus forte croissance .
Au niveau international , l’accélération de l’inflation peut empêcher la reprise de l’activité : l’inflation engendre une perte de compétitivité-prix des produits , donc une perte de parts de marché des produits nationaux : les consommateurs préfèrent acheter des produits étrangers . La production nationale diminue donc. L'europe n'a donc aucun intérêt à appliquer une politique monétaireexpansive qui est d'ailleurs proscrite par les statuts de la BCE.

Cette perte de croissance va être renforcée par la politique budgétaire expansionniste de type keynésien .

b - la politique budgétaire

On constate , depuis 1965 , une augmentation très forte des prélèvements obligatoires ( impôts plus cotisations sociales ) : pour l’ensemble des pays de l’OCDE , la part des prélèvements obligatoires dans le PIB est passée de 26,7% à 38,7% . Or , cette augmentation des recettes de l’Etat s’est traduite paradoxalement par une hausse du déficit public : les recettes sont devenues inférieures aux dépenses . Ainsi , la France qui a connu une forte croissance du taux de prélèvements obligatoires ( il est passé de 34,5% à 44,2 ) a connu une augmentation de son déficit public en % du PIB ( de 0,5% à -3% ) . La situation est identique pour l’Allemagne : son taux de prélèvements obligatoires est passé de 31,6% à 39,2% , et son déficit de -0,1% à -2,7% ( docs 1 et 3 ) .
Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, l’augmentation du taux de pression fiscale n’améliore pas la situation financière de l’Etat , mais l’aggrave , comme le démontre LAFFER ( doc 2 ). Quand le taux d’imposition augmente peu , les recettes fiscales augmentent . Mais s’il augmente fortement , cela génère des effets pervers . L’effet direct de la hausse des taux d’imposition sur les recettes est due à l’évasion fiscale : comme les prélèvements augmentent , il est intéressant de frauder . Il y a aussi un effet indirect : la hausse des taux d’imposition génère une baisse du revenu disponible ( Revenu - Impôts ) . Cela a un effet désincitatif sur les comportements d’épargne et de travail des individus : ils considèrent qu’il n’est pas rationnel d’épargner et de travailler , car une grand partie de leurs efforts ne leur revient pas . Cet effet désincitatif touche surtout les personnes qui ont les revenus les plus élevés , car le système fiscal est progressif : plus le revenu est élevé , plus le taux d’imposition est élevé . Or , ce sont les personnes qui déterminent le niveau de croissance : elles ont un niveau d’épargne élevé , puisque leurs revenus sont forts ; or , l’épargne est , selon les libéraux , un préalable à l’investissement . Elles sont aussi très dynamiques et proposent des innovations . La hausse des taux d’imposition entraîne donc une réduction de la croissance économique , donc une baisse de l’assiette fiscale ( le montant de revenu qui sert au calcul de l’impôt ) . Il y a donc une baisse des impôts malgré la hausse du taux d’imposition .
L’augmentation des taux d’imposition ralentit donc la croissance . Cet effet est encore aggravera le fait que ces sommes ne sont pas utilisées de manière efficace , notamment par le biais de la politique structurelle .

2° ) LA POLITIQUE STRUCTURELLE .

Cette politique va avoir 2 volets principaux : un plutôt social avec l’instauration d’un système de protection sociale visant à assurer la population contre les risques majeurs de l’existence ( maladie , chômage , retraite ) , un plutôt économique avec l’instauration de réglementations et de nationalisations , c’est-à-dire une intervention directe de l’Etat dans l’économie . Or ces deux types d’intervention freinent la croissance et empêchent la reprise économique .

a- la Sécurité Sociale

Ce système d’aides est indépendant de toute contribution productive de l’individu : il a droit à un revenu quel que soit son activité . Pour les libéraux , cela déresponsabilise les individus qui ne se sentent plus obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins . Surtout cela freine la croissance économique , car les entreprises manquent de main-d’oeuvre , car il est souvent plus rentable de rester au chômage que d’aller travailler . Cette baisse de l’offre de travail se traduit par une hausse du salaire minimum pour inciter les individus à travailler . Cette augmentation des coûts peut être répercutée de 2 manières par les entreprises : soit par une baisse des profits , ce qui entraîne une baisse de l’investissement , soit pas une hausse des prix , ce qui engendre une perte de compétitivité-prix et une perte de parts de marché . La conséquence est identique : une réduction de la croissance .

b- l’intervention directe de l’Etat dans l’économie

Ces réglementations peuvent être de nature très diverse : salaire minimum , lutte contre la pollution , ... L’objectif est identique : protéger les individus des inconvénients de la concurrence . Or , d’après les libéraux , au lieu d’améliorer la situation de la population , ces réglementations vont l’aggraver . En effet , elles empêchent la croissance, car elles empêchent les individus d’utiliser les facteurs de production ( travail et capital ) de la manière dont ils le souhaitent . Or , les individus savent mieux ce qui est bon pour eux que l’Etat . C’est ce que démontre A.SMITH avec la main invisible : l’intérêt individuel sert l’intérêt collectif . En recherchant son propre profit , l’individu utilise ses capitaux de la manière la plus rentable. Le niveau de production augmente .
Dans ces conditions , l’intervention de l’Etat , que cela soit fait par le biais des réglementations ou des nationalisations , est perverse . Dans le cas des nationalisations , cela revient à subventionner des activités dépassées et non rentables , c’est-à-dire des activités qui n’assurent pas la croissance maximale , au détriment d’activités nouvelles et innovantes . L’allocation optimale des facteurs de production n’est donc plus assurée , ce qui limite la croissance .


L’intervention de l’Etat est donc , selon les libéraux , la cause de la crise actuelle . La solution est alors de limiter voire supprimer l’intervention de l’Etat pour renouer avec la croissance . C’est ce qu’a fait la GB à partir de 79 avec M.THATCHER : le taux de pression fiscale est passé de 37,9 à 34,1 % ( doc 1 ) , elle a développé les privatisations ( doc 4 ) .
Pourtant les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances : la privatisation n’a pas entraîné un recul de la main mise de l’Etat sur l’économie ( doc 4 ) , car dans un Etat moderne il est impossible d’avoir un Etat non interventionniste . Ainsi , en GB , l’Etat continue d’agir par le biais de la politique d’enseignement , de subventions à la recherche .
Surtout ses résultats économiques ont été décevants . L’exemple anglais montre donc , a contrario , que l’intervention de l’Etat est utile et efficace .


II ) UNE INTERVENTION UTILE ET EFFICACE .

Les politiques libérales de limitation du rôle de l’Etat ont donc été un échec , car elles ont freiné la reprise , au lieu de relancer la croissance . KEYNES avait déjà montré , à partir de l’exemple de la crise de 29 , les effets pervers des politiques désinflationnistes . Car l’état naturel de l’économie est le déséquilibre : l’économie peut durablement restée au sous-emploi . L’Etat doit alors intervenir pour relancer l’économie .

A ) LES EFFETS PERVERS DES POLITIQUES LIBERALES

1° ) LES POLITIQUES MONETAIRES .

La politique monétaire a certes permis une réduction de l’inflation depuis le milieu des années 80 . Mais elle a surtout eu des effets négatifs sur le niveau de production , ce qui montre donc , comme l’affirmait KEYNES , que la quantité de monnaie en circulation influence les variables réelles . Les conséquences , tant au niveau interne qu’au niveau international , ont été négatives .
Au niveau interne , la restriction de la quantité de monnaie passe par une augmentation du taux d’intérêt nominal . Comme l’inflation a en même temps été réduite , il y a alors une hausse du taux d’intérêt réel . Cela se traduit par une baisse d’une composante de la demande : l’investissement . L’investissement diminue , quelle que soit la situation économique de l’entreprise : soit l’entreprise n’a pas de capacités de financement , elle doit emprunter , et le coût de l’emprunt la décourage ; soit l’entreprise a des profits et elle préfère effectuer des placements financiers qui sont plus rémunérateurs .
Cette réduction de la demande interne n’est pas compensée par une augmentation de la demande externe permise par la désinflation compétitive . Car tous les PDEM mènent cette politique depuis le milieu des années 80 : tous ont donc connu une réduction de l’inflation ; aucun ne peut alors gagner en compétitivité-prix . En revanche , la demande globale a diminué . Le fait que tous les pays adoptent une politique désinflationniste est donc un jeu à somme négative : tout le monde y perd .
Cette baisse de la demande est renforcée par la baisse de la demande engendrée par la politique budgétaire et structurelle .

2° ) LA POLITIQUE BUDGETAIRE ET STRUCTURELLE

En effet , la baisse de la demande de l’Etat diminue fortement , et elle n’est pas compensée par une hausse de la demande des ménages et des entreprises .
En ce qui concerne la demande des ménages , une politique de redistribution des revenus des plus pauvres vers les plus riches entraîne une baisse forte de la consommation , car ce sont les plus pauvres qui ont la propension à consommer la plus forte , c’est-à-dire qu’ils utilisent la plus grande partie de leur revenu pour consommer . Or si on réduit leur revenu pour accroître celui des plus riches , le niveau de consommation donc la demande diminue , alors que le niveau d’épargne augmente .
La politique visant à limiter le rôle de l’Etat dans la vie économique et sociale accroît l’écart entre l’offre et la demande , c’est-à-dire le déséquilibre de l’économie . Car , selon KEYNES , l’état naturel de l’économie est le déséquilibre , ce qui rend l’intervention de l’Etat utile et efficace ..

B ) UNE INTERVENTION UTILE ET EFFICACE .

1° ) AU NIVEAU DE LA POLITIQUE CONJONCTURELLE

a - une intervention utile

En effet , KEYNES remet en cause la loi des débouchés de J.B.SAY ( doc 5 ) . Selon lui , l’offre n’engendre la demande que dans un cas particulier : s’il n’y a pas de thésaurisation . Or , en règle générale , les individus préfèrent garder de l’épargne sous forme liquide , car la monnaie est un bien particulier qui a des caractéristiques que les autres biens n’ont pas . Elle a , outre les fonctions de facilitation des échanges , 2 autres fonctions : spéculation et précaution .
Dans ces conditions , la production est certes égales au revenu , le revenu bien égal à la consommation et l’épargne . Mais toute l’épargne n’est pas placée pour être réinvestie , une partie est thésaurisée . La demande ( investissement plus consommation ) est donc inférieure à l’offre .
Le marché n’arrive pas automatiquement à l’équilibre : l’Etat a alors pour fonction de favoriser la demande par une politique budgétaire et monétaire expansionniste , ce qui permet la relance de la croissance .

b - une intervention efficace

L’augmentation de la demande permet la croissance ; et , seul l’Etat peut favoriser l’augmentation des débouchés .

+ les bienfaits de l’augmentation de la demande sur le croissance : le mécanisme du multiplicateur .

Selon KEYNES , une augmentation de la demande engendre une augmentation de la production d’un montant supérieur à l’augmentation initiale de la demande . En effet , l’augmentation de la demande entraîne une augmentation des débouchés , donc de la production . Cette augmentation de la production se traduit par une hausse des revenus qui engendre une augmentation de la consommation . Cela entraîne une nouvelle augmentation des débouchés et donc de la production , qui à nouveau entraîne une augmentation des revenus et des débouchés .
L’effet multiplicateur dépend de plusieurs variables . La première est la propension moyenne à consommer : plus elle est forte , plus l’augmentation de la consommation est forte , et plus l’augmentation de la production est rapide . La deuxième est l’ouverture du pays vers l’extérieur : plus le pays est ouvert vers l’extérieur ( la propension à importer est donc forte ) , plus la probabilité qu’une part de l’augmentation de la demande parte à l’étranger est forte , plus l’effet du multiplicateur est faible . La troisième variable est le type de demande : l’effet multiplicateur est plus important avec l’investissement et les dépenses publiques qu’avec la consommation . En effet , pour augmenter la consommation , il faut augmenter les revenus . Or , une part de l’augmentation initialedu revenu n’est pas consommée , mais épargnée : dès la première étape du processus du multiplicateur , il y a une fuite vers l’épargne .
L’augmentation de la demande se traduit donc par une augmentation plus rapide de la production . C’est donc la croissance de la demande qui favorise la croissance économique . Or , seul l’Etat peut favoriser la croissance de la demande par sa politique monétaire et budgétaire .

+le rôle de l’Etat ;

L’Etat va alors agir sur les trois composantes de la demande .
La moins importante est l’augmentation de la consommation . Pour augmenter la consommation , l’Etat va mettre en place une politique fiscale progressive qui vise à réduire les inégalités de revenu primaire .
Pour inciter les entreprises à investir , l’Etat va mettre en place une politique monétaire et budgétaire expansionniste . En effet , les entreprises investissent si l’efficacité marginale de l’investissement est supérieur au taux d’intérêt nominal . Le rôle de l’Etat consiste donc à réduire le taux d’intérêt nominal et à favoriser l’augmentation de l’efficacité marginale du capital . Pour obtenir une baisse des taux d’intérêt nominaux , il faut mener une politique de création monétaire importante . Car le taux d’intérêt est , selon KEYNES , le prix de la liquidité , de la monnaie . A demande constante , une augmentation de l’offre de monnaie se traduit par une baisse du taux d’intérêt nominal .
Jouer sur l’efficacité marginale est plus difficile , car elle représente ce que va rapporter l’investissement ; c’est une prévision à long terme car l’investissement est une opération engagée sur plusieurs périodes .Or cette efficacité marginale ne dépend pas de variables objectives , mais subjectives : l’état de confiance . Si le contexte économique est déprimé , les entreprises pensent qu’elles n’arriveront pas à écouler leur production et n’investissent donc pas . Le rôle de l’Etat est alors indirect : il doit favoriser la confiance des entreprises en ce qui concerne leurs espérances de profit . C’est l’objectif de la mesure mise en place en 95 ( doc 6 ) : en réduisant les charges patronales pour certaines catégories de salariés , le profit des entreprises augmente , ce qui peut les inciter à investir .

KEYNES était favorable à une intervention de l’Etat pour arriver au niveau optimal de production qui permet d’assurer le plein emploi . Mais il était contre une intervention trop directe dans l’économie : ce sont les décisions privées des individus qui doivent déterminer le type et la quantité de produits . Pourtant une intervention structurelle de l’Etat peut être nécessaire pour favoriser la reprise de la croissance économique .

2° ) LA POLITIQUE STRUCTURELLE

L’intervention structurelle peut éviter les inconvénients d’une crise massive et être positive pour la croissance .
Ainsi , en subventionnant des activités peu rentables , l’Etat peu éviter un chômage massif préjudiciable à l’économie , puisqu’il entraîne une baisse des revenus et de la demande . L’Etat , en aidant les entreprises ( quand elles ont une taille importante ) peut injecter des capitaux et leur permettre soit de devenir compétitives , soit d’opérer un passage en douceur vers la fermeture en menant des plans de reconversion .
Mais l’Etat peut avoir des effets beaucoup plus positifs par sa politique de recherche et d’innovations .En effet , la recherche coûte cheret est très risquée : l’entreprise n’est jamais sûre de découvrir des processus rentables . Les entreprises peuvent donc hésiter à effectuer des recherches . L’Etat peut alors remplacer l’intérêt privé défaillant , puisqu’il permet une socialisation des risques . Or , d’après les théories de la croissance endogène , l’innovation est à la base de la croissance . Les travailleurs sont d’autant plus productifs que le stock de connaissances accumulées est important , car il profite à tous .


correction dissertation : intervention de l'Etat et croissance

SUJET : DANS QUELLE MESURE L’INTERVENTION DE L’ETAT PEUT-ELLE ETRE FAVORABLE A UNE CROISSANCE DURABLE DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE ?

I ) UNE INTERVENTION INUTILE ET INEFFICACE .

A ) UNE INTERVENTION INUTILE

D’après les libéraux , l’intervention de l’Etat dans l’économie ne sert à rien car l’économie de marché est structurellement en équilibre . SAY démontre à partir de sa loi des débouchés qu’il n’existe aucun déséquilibre durable général : l’offre crée sa propre demande .
En effet , quand une entreprise produit , elle verse des revenus ( sous forme de salaires , profits , rentes ) d’un montant égal à sa production . Ces revenus vont servir intégralement à l’achat de biens , soit de consommation , soit d’équipement par le biais de l’épargne . Car toute l’épargne est réinvestie , parce que les individus ne thésaurisent pas : ils ne veulent pas garder de l’épargne sous forme liquide , car , d’après SAY , « la monnaie n’est qu’un voile » et n’a aucun rôle hormis celui de faciliter les échanges .
Un déséquilibre durable général ne peut donc exister : l’ensemble des produits ne peut donc connaître , en même temps , de mévente . En revanche , il peut exister un déséquilibre partiel temporaire : sur un marché particulier , l’offre est , par exemple , supérieur à la demande . J.S.MILL , par sa loi de l’offre et de la demande , démontre que la flexibilité des prix ( la capacité des prix à varier) permet de revenir à l’équilibre . En effet , si l’offre est supérieure à la demande , le prix diminue , l’offre diminue , la demande augmente , ce qui permet le retour à l’équilibre .

L’économie de marché est donc structurellement en équilibre : une intervention de l’Etat n’a donc aucun intérêt . Pire , cela peut générer des effets pervers empêchant la reprise de la croissance .

B ) UNE INTERVENTION NEFASTE

Par son intervention tant structurelle que conjoncturelle , l’intervention de l’Etat empêche la reprise de l’activité économique : c’est ce que montre la période des années 70 .

1° ) LA POLITIQUE CONJONCTURELLE .

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale , ces politiques sont d’inspiration keynésiennes .

a- la politique monétaire ;

Elle consiste à accroître la quantité de monnaie en circulation . Or , selon FRIEDMAN , cette politique est certes positive à court terme , car elle modifie les anticipations des individus ; ils se croient plus riches , consomment donc plus , ce qui engendre une augmentation de la production .
Mais , à moyen terme , ils se rendent compte que cette augmentation des revenus a seulement été nominale et monétaire : leur pouvoir d’achat n’a pas augmenté , car l’augmentation des revenus a été corrélée avec l’augmentation des prix . Comme leur pouvoir d’achat est constant sur le long terme , ils reviennent à leur plan de consommation initial , la production revient alors à son niveau antérieur .
FRIEDMAN reprend donc la théorie quantitative de la monnaie d’I.FISCHER pour expliquer la forte inflation des années 70 : l’augmentation de la masse monétaire n’a aucune influence sur la production , elle n’a d’effets que sur l’augmentation des prix , car la sphère réelle et monétaire sont déconnectées .
Or , l’inflation peut empêcher la croissance économique en ayant des effets pervers , tant au niveau interne qu’au niveau international .
Au niveau interne , l’inflation gêne le comportement rationnel des individus , car tous les prix augmentent en même temps . En effet , le prix joue le rôle de signal et indique quels sont les produits les plus demandés , ceux dont la production est la plus rentable . Si tous les produits connaissent une augmentation des prix , les individus ne savent pas si cette augmentation est due à des effets monétaires ( l’inflation) ou réels ( la demande est supérieure à l’offre ) . Cela empêche donc l’allocation optimale des facteurs de production : le travail et le capital ne sont pas placés dans les secteurs où ils permettent la plus forte croissance .
Au niveau international , l’accélération de l’inflation peut empêcher la reprise de l’activité : l’inflation engendre une perte de compétitivité-prix des produits , donc une perte de parts de marché des produits nationaux : les consommateurs préfèrent acheter des produits étrangers . La production nationale diminue donc. L'europe n'a donc aucun intérêt à appliquer une politique monétaireexpansive qui est d'ailleurs proscrite par les statuts de la BCE.

Cette perte de croissance va être renforcée par la politique budgétaire expansionniste de type keynésien .

b - la politique budgétaire

On constate , depuis 1965 , une augmentation très forte des prélèvements obligatoires ( impôts plus cotisations sociales ) : pour l’ensemble des pays de l’OCDE , la part des prélèvements obligatoires dans le PIB est passée de 26,7% à 38,7% . Or , cette augmentation des recettes de l’Etat s’est traduite paradoxalement par une hausse du déficit public : les recettes sont devenues inférieures aux dépenses . Ainsi , la France qui a connu une forte croissance du taux de prélèvements obligatoires ( il est passé de 34,5% à 44,2 ) a connu une augmentation de son déficit public en % du PIB ( de 0,5% à -3% ) . La situation est identique pour l’Allemagne : son taux de prélèvements obligatoires est passé de 31,6% à 39,2% , et son déficit de -0,1% à -2,7% ( docs 1 et 3 ) .
Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, l’augmentation du taux de pression fiscale n’améliore pas la situation financière de l’Etat , mais l’aggrave , comme le démontre LAFFER ( doc 2 ). Quand le taux d’imposition augmente peu , les recettes fiscales augmentent . Mais s’il augmente fortement , cela génère des effets pervers . L’effet direct de la hausse des taux d’imposition sur les recettes est due à l’évasion fiscale : comme les prélèvements augmentent , il est intéressant de frauder . Il y a aussi un effet indirect : la hausse des taux d’imposition génère une baisse du revenu disponible ( Revenu - Impôts ) . Cela a un effet désincitatif sur les comportements d’épargne et de travail des individus : ils considèrent qu’il n’est pas rationnel d’épargner et de travailler , car une grand partie de leurs efforts ne leur revient pas . Cet effet désincitatif touche surtout les personnes qui ont les revenus les plus élevés , car le système fiscal est progressif : plus le revenu est élevé , plus le taux d’imposition est élevé . Or , ce sont les personnes qui déterminent le niveau de croissance : elles ont un niveau d’épargne élevé , puisque leurs revenus sont forts ; or , l’épargne est , selon les libéraux , un préalable à l’investissement . Elles sont aussi très dynamiques et proposent des innovations . La hausse des taux d’imposition entraîne donc une réduction de la croissance économique , donc une baisse de l’assiette fiscale ( le montant de revenu qui sert au calcul de l’impôt ) . Il y a donc une baisse des impôts malgré la hausse du taux d’imposition .
L’augmentation des taux d’imposition ralentit donc la croissance . Cet effet est encore aggravera le fait que ces sommes ne sont pas utilisées de manière efficace , notamment par le biais de la politique structurelle .

2° ) LA POLITIQUE STRUCTURELLE .

Cette politique va avoir 2 volets principaux : un plutôt social avec l’instauration d’un système de protection sociale visant à assurer la population contre les risques majeurs de l’existence ( maladie , chômage , retraite ) , un plutôt économique avec l’instauration de réglementations et de nationalisations , c’est-à-dire une intervention directe de l’Etat dans l’économie . Or ces deux types d’intervention freinent la croissance et empêchent la reprise économique .

a- la Sécurité Sociale

Ce système d’aides est indépendant de toute contribution productive de l’individu : il a droit à un revenu quel que soit son activité . Pour les libéraux , cela déresponsabilise les individus qui ne se sentent plus obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins . Surtout cela freine la croissance économique , car les entreprises manquent de main-d’oeuvre , car il est souvent plus rentable de rester au chômage que d’aller travailler . Cette baisse de l’offre de travail se traduit par une hausse du salaire minimum pour inciter les individus à travailler . Cette augmentation des coûts peut être répercutée de 2 manières par les entreprises : soit par une baisse des profits , ce qui entraîne une baisse de l’investissement , soit pas une hausse des prix , ce qui engendre une perte de compétitivité-prix et une perte de parts de marché . La conséquence est identique : une réduction de la croissance .

b- l’intervention directe de l’Etat dans l’économie

Ces réglementations peuvent être de nature très diverse : salaire minimum , lutte contre la pollution , ... L’objectif est identique : protéger les individus des inconvénients de la concurrence . Or , d’après les libéraux , au lieu d’améliorer la situation de la population , ces réglementations vont l’aggraver . En effet , elles empêchent la croissance, car elles empêchent les individus d’utiliser les facteurs de production ( travail et capital ) de la manière dont ils le souhaitent . Or , les individus savent mieux ce qui est bon pour eux que l’Etat . C’est ce que démontre A.SMITH avec la main invisible : l’intérêt individuel sert l’intérêt collectif . En recherchant son propre profit , l’individu utilise ses capitaux de la manière la plus rentable. Le niveau de production augmente .
Dans ces conditions , l’intervention de l’Etat , que cela soit fait par le biais des réglementations ou des nationalisations , est perverse . Dans le cas des nationalisations , cela revient à subventionner des activités dépassées et non rentables , c’est-à-dire des activités qui n’assurent pas la croissance maximale , au détriment d’activités nouvelles et innovantes . L’allocation optimale des facteurs de production n’est donc plus assurée , ce qui limite la croissance .


L’intervention de l’Etat est donc , selon les libéraux , la cause de la crise actuelle . La solution est alors de limiter voire supprimer l’intervention de l’Etat pour renouer avec la croissance . C’est ce qu’a fait la GB à partir de 79 avec M.THATCHER : le taux de pression fiscale est passé de 37,9 à 34,1 % ( doc 1 ) , elle a développé les privatisations ( doc 4 ) .
Pourtant les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances : la privatisation n’a pas entraîné un recul de la main mise de l’Etat sur l’économie ( doc 4 ) , car dans un Etat moderne il est impossible d’avoir un Etat non interventionniste . Ainsi , en GB , l’Etat continue d’agir par le biais de la politique d’enseignement , de subventions à la recherche .
Surtout ses résultats économiques ont été décevants . L’exemple anglais montre donc , a contrario , que l’intervention de l’Etat est utile et efficace .


II ) UNE INTERVENTION UTILE ET EFFICACE .

Les politiques libérales de limitation du rôle de l’Etat ont donc été un échec , car elles ont freiné la reprise , au lieu de relancer la croissance . KEYNES avait déjà montré , à partir de l’exemple de la crise de 29 , les effets pervers des politiques désinflationnistes . Car l’état naturel de l’économie est le déséquilibre : l’économie peut durablement restée au sous-emploi . L’Etat doit alors intervenir pour relancer l’économie .

A ) LES EFFETS PERVERS DES POLITIQUES LIBERALES

1° ) LES POLITIQUES MONETAIRES .

La politique monétaire a certes permis une réduction de l’inflation depuis le milieu des années 80 . Mais elle a surtout eu des effets négatifs sur le niveau de production , ce qui montre donc , comme l’affirmait KEYNES , que la quantité de monnaie en circulation influence les variables réelles . Les conséquences , tant au niveau interne qu’au niveau international , ont été négatives .
Au niveau interne , la restriction de la quantité de monnaie passe par une augmentation du taux d’intérêt nominal . Comme l’inflation a en même temps été réduite , il y a alors une hausse du taux d’intérêt réel . Cela se traduit par une baisse d’une composante de la demande : l’investissement . L’investissement diminue , quelle que soit la situation économique de l’entreprise : soit l’entreprise n’a pas de capacités de financement , elle doit emprunter , et le coût de l’emprunt la décourage ; soit l’entreprise a des profits et elle préfère effectuer des placements financiers qui sont plus rémunérateurs .
Cette réduction de la demande interne n’est pas compensée par une augmentation de la demande externe permise par la désinflation compétitive . Car tous les PDEM mènent cette politique depuis le milieu des années 80 : tous ont donc connu une réduction de l’inflation ; aucun ne peut alors gagner en compétitivité-prix . En revanche , la demande globale a diminué . Le fait que tous les pays adoptent une politique désinflationniste est donc un jeu à somme négative : tout le monde y perd .
Cette baisse de la demande est renforcée par la baisse de la demande engendrée par la politique budgétaire et structurelle .

2° ) LA POLITIQUE BUDGETAIRE ET STRUCTURELLE

En effet , la baisse de la demande de l’Etat diminue fortement , et elle n’est pas compensée par une hausse de la demande des ménages et des entreprises .
En ce qui concerne la demande des ménages , une politique de redistribution des revenus des plus pauvres vers les plus riches entraîne une baisse forte de la consommation , car ce sont les plus pauvres qui ont la propension à consommer la plus forte , c’est-à-dire qu’ils utilisent la plus grande partie de leur revenu pour consommer . Or si on réduit leur revenu pour accroître celui des plus riches , le niveau de consommation donc la demande diminue , alors que le niveau d’épargne augmente .
La politique visant à limiter le rôle de l’Etat dans la vie économique et sociale accroît l’écart entre l’offre et la demande , c’est-à-dire le déséquilibre de l’économie . Car , selon KEYNES , l’état naturel de l’économie est le déséquilibre , ce qui rend l’intervention de l’Etat utile et efficace ..

B ) UNE INTERVENTION UTILE ET EFFICACE .

1° ) AU NIVEAU DE LA POLITIQUE CONJONCTURELLE

a - une intervention utile

En effet , KEYNES remet en cause la loi des débouchés de J.B.SAY ( doc 5 ) . Selon lui , l’offre n’engendre la demande que dans un cas particulier : s’il n’y a pas de thésaurisation . Or , en règle générale , les individus préfèrent garder de l’épargne sous forme liquide , car la monnaie est un bien particulier qui a des caractéristiques que les autres biens n’ont pas . Elle a , outre les fonctions de facilitation des échanges , 2 autres fonctions : spéculation et précaution .
Dans ces conditions , la production est certes égales au revenu , le revenu bien égal à la consommation et l’épargne . Mais toute l’épargne n’est pas placée pour être réinvestie , une partie est thésaurisée . La demande ( investissement plus consommation ) est donc inférieure à l’offre .
Le marché n’arrive pas automatiquement à l’équilibre : l’Etat a alors pour fonction de favoriser la demande par une politique budgétaire et monétaire expansionniste , ce qui permet la relance de la croissance .

b - une intervention efficace

L’augmentation de la demande permet la croissance ; et , seul l’Etat peut favoriser l’augmentation des débouchés .

+ les bienfaits de l’augmentation de la demande sur le croissance : le mécanisme du multiplicateur .

Selon KEYNES , une augmentation de la demande engendre une augmentation de la production d’un montant supérieur à l’augmentation initiale de la demande . En effet , l’augmentation de la demande entraîne une augmentation des débouchés , donc de la production . Cette augmentation de la production se traduit par une hausse des revenus qui engendre une augmentation de la consommation . Cela entraîne une nouvelle augmentation des débouchés et donc de la production , qui à nouveau entraîne une augmentation des revenus et des débouchés .
L’effet multiplicateur dépend de plusieurs variables . La première est la propension moyenne à consommer : plus elle est forte , plus l’augmentation de la consommation est forte , et plus l’augmentation de la production est rapide . La deuxième est l’ouverture du pays vers l’extérieur : plus le pays est ouvert vers l’extérieur ( la propension à importer est donc forte ) , plus la probabilité qu’une part de l’augmentation de la demande parte à l’étranger est forte , plus l’effet du multiplicateur est faible . La troisième variable est le type de demande : l’effet multiplicateur est plus important avec l’investissement et les dépenses publiques qu’avec la consommation . En effet , pour augmenter la consommation , il faut augmenter les revenus . Or , une part de l’augmentation initialedu revenu n’est pas consommée , mais épargnée : dès la première étape du processus du multiplicateur , il y a une fuite vers l’épargne .
L’augmentation de la demande se traduit donc par une augmentation plus rapide de la production . C’est donc la croissance de la demande qui favorise la croissance économique . Or , seul l’Etat peut favoriser la croissance de la demande par sa politique monétaire et budgétaire .

+le rôle de l’Etat ;

L’Etat va alors agir sur les trois composantes de la demande .
La moins importante est l’augmentation de la consommation . Pour augmenter la consommation , l’Etat va mettre en place une politique fiscale progressive qui vise à réduire les inégalités de revenu primaire .
Pour inciter les entreprises à investir , l’Etat va mettre en place une politique monétaire et budgétaire expansionniste . En effet , les entreprises investissent si l’efficacité marginale de l’investissement est supérieur au taux d’intérêt nominal . Le rôle de l’Etat consiste donc à réduire le taux d’intérêt nominal et à favoriser l’augmentation de l’efficacité marginale du capital . Pour obtenir une baisse des taux d’intérêt nominaux , il faut mener une politique de création monétaire importante . Car le taux d’intérêt est , selon KEYNES , le prix de la liquidité , de la monnaie . A demande constante , une augmentation de l’offre de monnaie se traduit par une baisse du taux d’intérêt nominal .
Jouer sur l’efficacité marginale est plus difficile , car elle représente ce que va rapporter l’investissement ; c’est une prévision à long terme car l’investissement est une opération engagée sur plusieurs périodes .Or cette efficacité marginale ne dépend pas de variables objectives , mais subjectives : l’état de confiance . Si le contexte économique est déprimé , les entreprises pensent qu’elles n’arriveront pas à écouler leur production et n’investissent donc pas . Le rôle de l’Etat est alors indirect : il doit favoriser la confiance des entreprises en ce qui concerne leurs espérances de profit . C’est l’objectif de la mesure mise en place en 95 ( doc 6 ) : en réduisant les charges patronales pour certaines catégories de salariés , le profit des entreprises augmente , ce qui peut les inciter à investir .

KEYNES était favorable à une intervention de l’Etat pour arriver au niveau optimal de production qui permet d’assurer le plein emploi . Mais il était contre une intervention trop directe dans l’économie : ce sont les décisions privées des individus qui doivent déterminer le type et la quantité de produits . Pourtant une intervention structurelle de l’Etat peut être nécessaire pour favoriser la reprise de la croissance économique .

2° ) LA POLITIQUE STRUCTURELLE

L’intervention structurelle peut éviter les inconvénients d’une crise massive et être positive pour la croissance .
Ainsi , en subventionnant des activités peu rentables , l’Etat peu éviter un chômage massif préjudiciable à l’économie , puisqu’il entraîne une baisse des revenus et de la demande . L’Etat , en aidant les entreprises ( quand elles ont une taille importante ) peut injecter des capitaux et leur permettre soit de devenir compétitives , soit d’opérer un passage en douceur vers la fermeture en menant des plans de reconversion .
Mais l’Etat peut avoir des effets beaucoup plus positifs par sa politique de recherche et d’innovations .En effet , la recherche coûte cheret est très risquée : l’entreprise n’est jamais sûre de découvrir des processus rentables . Les entreprises peuvent donc hésiter à effectuer des recherches . L’Etat peut alors remplacer l’intérêt privé défaillant , puisqu’il permet une socialisation des risques . Or , d’après les théories de la croissance endogène , l’innovation est à la base de la croissance . Les travailleurs sont d’autant plus productifs que le stock de connaissances accumulées est important , car il profite à tous .


Correction dissertation de terminale : les rigidités créées par la régulation fordiste sont-elles responsables du chômage

SUJET : CERTAINS ECONOMISTES ET HOMMES POLITIQUES CONSIDERENT QUE LA RIGIDITE CREE PAR LA REGULATION FORDISTE EST A L’ORIGINE DU CHOMAGE . PENSEZ-VOUS QU’UN RENOUVEAU DE LA FLEXIBILITE PERMETTRAIT DE RESORBER LE CHOMAGE ?


En France , la solution retenue pour réduire le chômage , qui touche aujourd’hui plus de 12 % de la population active , est la réduction du temps de travail . La durée légale du travail passerait de 39 à 345 heures ; chaque salarié travaillant moins , le gouvernement estime que les entreprises devraient embaucher plus . Or le CNPF s’est vivement lancé contre ce projet , estimant que « les entreprises françaises ne peuvent plus subir de législations trop spécifiques » ( doc 5 ) . La RDT ne créerait pas d’emplois , car elle alourdirait les coûts des entreprises , tant au niveau des salaires , qu’au niveau des réglementations .Or selon le CNPF , c’est le contraire qu’il faudrait faire : réduire le coût du travail et supprimer les réglementations .
Ainsi , conformément à l’analyse néo-classique , le retour au plein-emploi se ferait grâce au retour au marché de cpp , que 40 ans de régulation fordiste ont abandonné . Pour résoudre le chômage , il faudrait que les entreprises puissent adapter, au jour le jour, les effectifs et les salaires en fonction de la conjoncture . Or , cette flexibilité quantitative externe , quand elle a été appliquée , n’a pas permis de réduire fortement le taux de chômage . L’échec de ce type de flexibilité ne doit pourtant pas empêcher les entreprises de s’adapter , mais elles doivent le faire d’une autre manière , en développant une flexibilité quantitative interne .


I ) LA FLEXIBILITE DE L’EMPLOI ET DU SALAIRE DOIT REDUIRE LE CHOMAGE

La régulation fordiste a transformé le travail , qui était un facteur variable en un facteur fixe . Et cette régulation a été à l’origine d’une augmentation du chômage , car on remarque que les pays qui ont adopté une flexibilité quantitative , au niveau des salaires et du contrat de travail , ont des taux de chômage nettement plus faibles . La solution au chômage serait donc de rendre à nouveau flexible le travail .

A ) LA REGULATION FORDISTE A CREE UNE RIGIDITE DU TRAVAIL .

1° ) LA REGULATION MONOPOLISTE DU MARCHE DU TRAVAIL .

D’après R.BOYER , l’apparition de la régulation fordiste s’est traduite après 1945 par :
- une indexation des salaires sur les prix
- une indexation ex-ante des salaires sur la productivité
- une insensibilité accrue du salaire et de l’emploi aux déséquilibres présents sur le marché du travail
- une intervention de l’Etat : l’Etat a imposé aux entreprises le développement des conventions collectives au niveau de la branche et a instauré le SMIG ( Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti : le SMIG devait suivre l’inflation pour permettre de conserver le même pouvoir d’achat ) puis le SMIC ( en 69 , Salaire Minimum interprofessionnel de Croissance : le SMIC doit suivre l’inflation et la croissance économique pour que les salaires les plus bas profitent des fruits de la croissance )

2°) A CREE UNE RIGIDITE DU TRAVAIL

En effet , le travail devient un facteur fixe , tant au niveau de son prix que de son utilisation :
- au niveau du prix : le salaire ne peut plus varier , et notamment baisser , du fait de l’existence du SMIC .
- au niveau de son utilisation : l’embauche devient difficile , car le licenciement est difficile du fait de la protection des salariés développée par le Contrat à Durée Indéterminée : les motifs de licenciement sont rares ( fautes grave , licenciement économique , démission )

B ) QUI EST A L’ORIGINE DU CHOMAGE .

Or , on remarque que les pays qui ont développé une rigidité du travail forte , tant au niveau du salaire qu’au niveau du contrat de travail, sont aussi ceux qui ont les taux de chômage les plus élevés ( docs 1 et 2 ) .
- au niveau des salaires ( doc 1 ) : on note , en effet , une nette corrélation entre rigidité des salaires réels ( salaires nominaux moins inflation ) et croissance du taux de chômage . Des pays comme l’Allemagne , les Pays-Bas , la GB et la France qui ont les salaires réels les plus rigides , sont aussi ceux qui ont connu la croissance du taux de chômage la plus forte : ainsi , en 91 , le taux de chômage de la France est de 9% . En revanche , les pays qui ont une rigidité des salaires très faibles , comme les EU , la Suède , le Japon , ont connu des hausses très faibles du taux de chômage entre 73 et 2005, voire même des baisses pour la Suède : ainsi , le taux de chômage du Japon n’est que de 4% en 2005 .
- au niveau du contrat de travail : là aussi , la rigidité est un obstacle à la création d’emploi . Les EU ont une rigidité de l’emploi très faible , c’est-à-dire que la quantité de travail employée varie très rapidement en fonction de la conjoncture : quand le PIB diminue de 1% , l’emploi diminue de 0,42 % . Or , parallèlement , le taux de chômage américain est de 4,7 % en décembre 2005 . En revanche , la France a une rigidité de l’emploi très forte : quand le PIB diminue de 1% , l’emploi diminue de 0,25% ; cette rigidité est corrélée avec un fort taux de chômage : plus de 10% en décembre 2005 .

Ainsi , la rigidité du travail , tant au niveau du coût qu’au niveau du contrat du travail , est source de chômage . Pour résoudre le chômage , il faut donc , comme le demandent les libéraux , opérer une flexibilité quantitative externe .

C ) LA SOLUTION : LA FLEXIBILITE QUANTITATIVE EXTERNE .

1° ) Au niveau du coût du travail .

D’après l’analyse néo-classique , l’entreprise avant d’embaucher opère un calcul coût -bénéfice pour savoir si l’embauche d’un travailleur supplémentaire est rentable pour elle . Elle compare le coût du travail avec ce que rapporte le salarié supplémentaire : sa productivité marginale . Tant que la productivité marginale est supérieure au coût , l’entreprise a intérêt à embaucher car son profit augmente . Or , la loi des rendements décroissants postule que plus on utilise de facteur travail , plus la productivité marginale est faible . Pour que l’entreprise augmente ses embauches , il faut donc que le salaire diminue .

2°) Au niveau des réglementations sur le travail ( doc 5 )

G.SARKOZY considère que l’ensemble des réglementations visant à protéger les salariés , au lieu d’améliorer leur situation , la dégrade , car elle crée du chômage . Selon lui , pour inciter les entreprises à embaucher davantage , il faut donc supprimer ces entraves , puisque « les entreprises françaises ne peuvent plus subir de législations trop spécifiques » . En effet , un entrepreneur va hésiter à embaucher avec notre jurisprudence actuelle , car il sait qu’en cas de difficultés économiques , il aura du mal à le licencier . Il préférera donc ne pas embaucher .

Cette flexibilité au niveau du coût du travail et de la quantité de travail va engendrer un cercle vertueux , permettent la croissance et l’embauche ( doc 3 )

3° ) Un cercle vertueux créée par la flexibilité quantitative externe .

En effet , cette flexibilité quantitative externe permet une augmentation de la compétitivité ( capacité à accroître ses parts de marché ) tant au niveau des prix qu’au niveau de la qualité .
- l’augmentation de la compétitivité-prix : la flexibilité du salaire engendre directement réduction du coût du travail puisque la montée du chômage se traduit obligatoirement par une baisse du salaire . La suppression des législations portant sur le travail entraîne aussi une baisse du coût de production , mais de manière indirecte . En effet , le licenciement s’opérant instantanément et sans coût ( il n’ y a pas d’indemnités de licenciement ) , il n’ y a jamais de main d’oeuvre excédentaire rémunérée , alors qu’elle est devenue inutile pour la production . Le coût de production diminue , ce qui permet de baisser le prix de vente
- cette flexibilité engendre aussi une augmentation de la qualité , d’après la théorie du partage de profits de M.WEITZMAN . Dans cette analyse , le salaire est partagé en 2 : une partie est fixe , une partie est variable , fonction des profits de l’entreprise . Plus le niveau de profit est élevé , plus le salaire sera élevé . Dans ces conditions , le salarié est motivé et incité à accroître sa productivité et à innover pour améliorer les processus de production et les produits .
Cette augmentation de la compétitivité , tant au niveau des prix qu’au niveau de la qualité , va se traduire par une augmentation des parts de marché du pays , la production augmente rapidement , ce qui permet une augmentation des revenus et de nouvelles embauches , ce qui permet la baisse du chômage .

La flexibilité salariale et de l’emploi apparaît ainsi comme la solution miracle permettant de diminuer le niveau de chômage . L’exemple du Japon et des EU sont souvent pris pour montrer les effets positifs de la flexibilité .Or , ces deux exemples sont à relativiser . Le Japon est certes un bon exemple de flexibilité salariale puisque le partage des profits y est appliqué ; mais cette flexibilité salariale est compensé par une forte rigidité de l’emploi : quand le PIB diminue de 1% , l’emploi ne diminue que de 9% ( doc 1 ) . En effet , le Japon est un des pays de l’OCDE où l’emploi est le plus rigide car l’emploi à vie y est développé par les grandes entreprises . Les EU sont aussi une réussite à relativiser , car ce taux de chômage faible a eu des conséquences négatives , tant au niveau économique et social : il y a eu une augmentation des inégalités , développement de travailleurs pauvres .La flexibilité salariale et de l’emploi a donc des effets pervers , tant au niveau micro que macro-économiques . Mais , il ne faut pas en déduire que la flexibilité est une solution inefficace et dangereuse : certes la flexibilité quantitative externe des libéraux crée des effets pervers , mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas développer d’autres formes de flexibilité .

II ) DE LA FLEXIBILITE , NON PAS QUANTITATIVE EXTERNE MAIS QUALITATIVE INTERNE .

A ) LES EFFETS PERVERS DE LA FLEXIBILITE QUANTITATIVE EXTERNE .

1° ) Au niveau micro

En effet , contrairement à ce qu’affirment les libéraux , la flexibilité des salaires et la précarité de l’emploi peuvent réduire la compétitivité , au lieu de l’accroître . « Les sondages montrent , en effet , une désaffection croissante des salariés , et notamment des cadres vis-à-vis de leur entreprise . Une menace à terme pour la compétitivité , qui inquiète , certains employeurs » ( doc 6 ) .
En effet , la précarité de l’emploi peut être néfaste pour l’entreprise et sa compétitivité du fait de l’absence de formation interne opérée par l’entreprise . En effet , l’entreprise n’a pas à intérêt à former un personnel temporaire , car le coût de la formation ne pourrait être compensée par une augmentation de la productivité future , les salariés ne restant pas assez longtemps dans l’entreprise . Or , d’après l’analyse du capital humain de G.BECKER , une augmentation de la qualification engendre une augmentation de la productivité . La précarité de l’emploi empêche donc la hausse de la productivité .
Cette hausse est aussi freinée par la flexibilité des salaires . En effet , d’après l’analyse du salaire d’efficience , ce n’est pas la productivité qui détermine le salaire réel , comme l’affirme les néo-classiques , mais le salaire qui détermine la productivité . En effet , pour les salariés , le salaire est le signe de l’intérêt et du jugement de l’entreprise quant à son travail et ses qualités . Un salaire trop faible incite le travailleur à réduire sa productivité , car il considère que ses efforts ne sont pas récompensés .
Ainsi , il n’est pas rationnel pour une entreprise d’opérer une flexibilité quantitative externe pour accroître sa compétitivité . En effet , ce qui détermine la compétitivité , ce n’est pas le niveau absolu de coût , mais sa comparaison avec la productivité . Ainsi , une flexibilité quantitative externe engendre certes une baisse du coût du travail , mais qui peut aussi se traduire par une baisse plus forte de productivité , qui va alors réduite la compétitivité de l’entreprise .

La flexibilité quantitative externe a donc des effets pervers au niveau micro , elle en a aussi au niveau macro-économique , car si le salaire est un coût pour l’entreprise , c’est aussi un revenu pour les ménages .
2° ) Au niveau macro- économique .

En effet , dans les sociétés capitalistes , le salaire est la principale composante du revenu des ménages , et il détermine la consommation puis l1 demande effective avec la propension à consommer , selon l’analyse de KEYNES . Or la flexibilité quantitative externe , par la baisse du salaire et la précarité des emplois va influencer la demande effective , et par là , l’emploi .

a) La flexibilité quantitative externe engendre une baisse de la demande effective

En effet , selon KEYNES , la consommation , qui est une composante de la demande effective , est fonction de 2 variables : le revenu et la propension à consommer .
- la consommation est une fonction croissante du revenu : plus le revenu augmente , plus la consommation est forte .
- mais , cette augmentation ne se fait pas de manière linéaire : plus le revenu augmente , plus l’augmentation de la consommation est faible . Ainsi , l’autre déterminant de la consommation est la propension moyenne à consommer : la part du revenu qui est consommée . Plus cette part est forte , plus l’augmentation de la consommation sera importante .
Or, la baisse des salaires et la précarité des emplois vont réduire le niveau de consommation :
- la baisse des salaire engendre obligatoirement une baisse des revenus et donc de la consommation
- alors que la précarité des emplois entraîne une augmentation de la propension à consommer : les ménages savent que leur emploi est instable , qu’ils peuvent très rapidement être au chômage . Dans ces conditions , pendant leur période d’activité , ils vont développer une épargne de précaution qui réduit d’autant la consommation .
Ainsi , la flexibilité quantitative est à l’origine de la demande de biens et services qui va engendrer une baisse de la demande de travail et du PIB ( doc 2 )

b) qui se traduit par une baisse de la demande de travail .

En effet , comme l’a démontré KEYNES , la demande effective détermine le niveau de production et donc le niveau d’embauche . La baisse de la demande effective se traduit par une baisse de la production ; les entreprises ont moins besoin de personnel , elles licencient ce qui engendre une augmentation du chômage .
Or le chômage est cumulatif , c’est le principal enseignement de la crise de 29 : l’augmentation du chômage se traduit par une nouvelle baisse des revenus , qui crée une nouvelle baisse de la demande effective , et une nouvelle hausse du chômage , créant un cercle vicieux .
On ne peut même pas dire , selon les néo-classiques , que la baisse de la demande interne va être compensée par une augmentation de la demande extérieure , du fait de l’amélioration de la compétitivité . En effet , dans la mesure où tous les pays adoptent une stratégie de flexibilité quantitative , cela devient un jeu à somme négative : il y a désinflation généralisée , aucun pays ne gagne en compétitivité , mais il y a une baisse de la demande mondiale et donc une baisse de la production .

La flexibilité quantitative externe n’est donc pas la solution pour régler le problème du chômage . « Pour autant , faut-il , comme le déclarait récemment A.TOURAINE , « être contre la flexibilité » »?
Ce n’est pas l’avis d’A.LEBAUBE , dans Le Monde ( doc 4 ) : certes il est contre une flexibilité quantitative externe « qui risque d’endommager durablement la cohésion sociale , voire de provoquer des dégâts irrémédiables pour la société dans son ensemble » . Mais il faut aujourd’hui « introduire de la souplesse dans les modes de fonctionnement » pour faire face à la concurrence accrue due à la mondialisation . Il faut donc , pour résoudre le chômage , plus de flexibilité , « mais les solutions ne résident pas , quoiqu’on en dise , dans une seule flexibilité , qui serait externe , telle qu’elle est actuellement défendue par les tenants du libéralisme » . Il faut donc de la flexibilité mais de la flexibilité quantitative interne .

B ) IL FAUT DEVELOPPER LA FLEXIBILITE QUANTITATIVE INTERNE .

Cette adaptation du système productif repose , selon R.BOYER , sur deux types de souplesse :
- polyvalence des salariés : les salariés disposent de compétences variées qui leur permettent de changer de poste de travail
- atelier flexible : c’est la flexibilité de l’équipement ; les mêmes outils permettent de produire différents biens .
Or, cette flexibilité se révèle totalement contradictoire avec la flexibilité développée par les libéraux et permet des résultats nettement meilleurs .

1° ) Une flexibilité totalement différente de celle des libéraux

En effet , pour avoir des ouvriers polyvalents capables de travailler sur des équipements complexes , il faut développer une formation continue coûteuse . Dans ces conditions , il parait irrationnel pour les entreprises de considérer ces travailleurs qualifiés comme pouvant être remplacées par n’importe quel autre salarié , comme le fait l’analyse néo-classique . L’entreprise a investi dans ces salariés et elle va vouloir les garder pour bénéficier des fruits de cet investissement . Elle va donc les garder , quelle que soit le niveau de production . Ce modèle est celui du Japon et de la Suède , qui à une forte rigidité de l’emploi ( au Japon , quand le PIB diminue de 1% , l’emploi diminue de 0,9% ) , est associée une forte flexibilité interne .

2° ) Permet de réduire le niveau de chômage ;

Cette flexibilité quantitative interne permet à la fois de réduire les licenciements et de créer des emplois :
- de réduire les licenciements : en effet , si la production diminue , l’entreprise n’a pas besoin de licencier , puisque ses salariés ont plusieurs compétences et peuvent donc changer de tâche .
- de créer des emplois : car ce type de flexibilité est tout à fait adapté à la demande actuelle . En effet , alors que la demande de la régulation fordiste portait sur des biens standardisés ; aujourd’hui , la demande s’est modifiée : les individus veulent des biens différenciés . Dans ces conditions , il faut un système de production , capable de produire en petites séries et de faire face aux variations de la demande de manière très rapide . Or seul , le modèle de flexibilité interne répond à ces exigences . Cette flexibilité quantitative interne , en répondant mieux à la demande , permet donc de gagner des parts de marché , et par là d’embaucher .

La flexibilité est donc une solution pour résoudre le chômage . Mais derrière la simplicité apparente de la réponse , se trouve une analyse beaucoup plus complexe . En effet , comme l’affirme R.BOYER , la flexibilité est un concept protéiforme qui peut relever de logiques totalement contradictoires . Ainsi , la flexibilité quantitative externe , développée par les libéraux , parait , à première vue une solution efficace , mais si elle est simple à mettre en oeuvre , elle est aussi source d’effets pervers . Le seul type de flexibilité efficace est donc la flexibilité quantitative interne qui permet d’adapter les équipements et la main-d’oeuvre à la demande . Or , aujourd’hui , « le patronat , d’abord , leurs relais au sein de la majorité ensuite persistent à vouloir donner l’impression qu’il n’y a qu’une seule voie praticable » .Le problème majeur est , en fin de compte , de savoir avec qui la France doit être en concurrence : si ces principaux concurrents sont les NPI et les PVD , il faut alors développer une flexibilité salariale et de l’emploi , en acceptant aussi les conséquences sociales
( hausse des inégalités et pauvreté ) ; si ce sont les pays développés , il faut développer la flexibilité qualitative pour accroître la compétitivité-qualité . Ce qui signifierait une modification de la gestion de main-d’oeuvre et notamment de la formation , qui profite , en France , principalement aux plus
qualifiés .



















les statistiques du chômage (suite)

Les statistiques du chômage sur Télos :
Chômage : que peut-on dire sans thermomètre ?
Matthieu Lemoine
1 février 2007

A l'approche des élections, une polémique s'est développée autour des chiffres du chômage. Les résultats trimestriels de l'enquête Emploi montreraient que le taux de chômage n'aurait pas baissé jusqu’à 8,6 % en décembre, comme l'indiquent les derniers chiffres estimés à partir du nombre de personnes inscrites à l'ANPE. Il se serait en fait stabilisé à 9,2 % au troisième trimestre, mais la publication de ces résultats par l'Insee serait reportée à l'automne prochain, en raison de problèmes de fiabilité statistique. L'Insee et le gouvernement sont accusés de manipulation. Rien n’est moins sûr.

comment évaluer le capital humain : note du CAS


Analyse : Comment peut-on évaluer le capital humain ?
La Stratégie de Lisbonne fait de l’éducation et de la formation des enjeux prioritaires pour la croissance et la compétitivité de l’Union européenne. Il reste malgré tout difficile de définir en cette matière des objectifs quantifiables, susceptibles de suivi et pouvant faire l’objet de comparaisons. La mise en place de tels indicateurs suppose notamment de savoir appréhender l’efficacité des systèmes de formation nationaux.
L’exercice comporte nécessairement une dimension conventionnelle et se heurte d’emblée au problème de la pluralité des objectifs poursuivis en matière d’enseignement : l’étendue des connaissances acquises selon les
champs disciplinaires, leur degré d’approfondissement dans un domaine particulier, et leur caractère plus ou moins opérationnel en termes de pratiques professionnelles. À cet égard, on ne peut qu’être frappé par le fait que le système éducatif américain est à la fois jugé comme l’un des plus coûteux et des moins performants en termes de niveau de connaissances des élèves, et comme l’un des plus efficaces au regard de l’insertion professionnelle des bénéficiaires de la formation. Ce paradoxe n’est pas aussi surprenant qu’il y paraît de prime abord, lorsque l’on remarque que la plupart des travaux s’attachent à évaluer l’efficacité des systèmes de formation en termes d’étendue et de niveau de connaissances, mais sans être véritablement capables d’apprécier leurs aptitudes à insérer les jeunes diplômés sur le marché du travail.
Si on se limite à la formation initiale, en laissant de côté la formation continue qui soulève l’épineuse question de la reconnaissance des acquis professionnels et de leur valorisation, l’évaluation de l’efficacité des systèmes de formation repose aujourd’hui essentiellement sur trois méthodes. Or celles-ci comportent chacune leur part d’incertitude et, surtout, elles n’aboutissent pas aux mêmes classements.

analyse de la triche en devoir sur SOS SES je blogue

Ce week-end sur SOS SES je blogue : Je voudrais aborder le sujet de la triche lors des évaluations. Quel constat pouvons-nous dresser ? Quelles analyses et quelles interprétations pouvons-nous en tirer ?

pour lire la suite (en trois épisodes ) : http://sosses.over-blog.com/article-5510286.html

le résumé de la 10ème session du Groupe de Travail I du Giec en France , janvier 2007 : une conférence neutre en carbone

Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) : le résumé du rapport est désormais disponible en français :
Les activités humaines sont désormais menées à une telle échelle que des systèmes naturels complexes comme le climat mondial s’en trouvent perturbés. Les scientifiques ont beaucoup appris au cours de ces dernières décennies sur le climat et sur la façon dont il réagit à l’action de l’homme, en particulier aux émissions de gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone, le méthane ou l’hémioxyde d’azote. Néanmoins, le système climatique est si vaste et si complexe que subsistent encore bien des incertitudes. L’évolution du climat représente un défi considérable pour les décideurs. Bon nombre d’entre eux font valoir que cette évolution risque de provoquer des dommages considérables et irréversibles et que l’absence d’une certitude scientifique absolue ne devrait pas être invoquée comme excuse pour rester inactif. D’autres sont d’avis qu’il s’agit d’un risque acceptable, qui ne justifie pas un important changement d’orientation en matière d’investissement, tant au plan financier qu’en ce qui concerne les ressources humaines. En quelque sorte, les décideurs doivent faire un tri, bien peser le pour et le contre, évaluer les risques et décider des mesures à prendre.L’enjeu est si important et le système si complexe que les décideurs ne sauraient s’en tenir aux interprétations les plus courantes de l’évolution observée ni aux seules vues de tel ou tel expert. Ils ont besoin d’une source objective d’informations scientifiques, techniques et socioéconomiques sur les changements climatiques et leurs conséquences pour l’environnement et la société ainsi que sur les solutions qui pourraient être adoptées pour y faire face, notamment quant aux coûts et aux mérites comparés de l’action et de l’inaction.Conscients de tout cela, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ont créé, en 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ce groupe a pour mandat non pas d’effectuer de nouveaux travaux de recherche ou de contrôler la qualité des données relatives au climat, mais plutôt d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique à ce sujet dont on peut disposer à l’échelle du globe, notamment dans les publications, revues et ouvrages dont la valeur scientifique est largement reconnue, mais aussi en tenant compte – lorsque la documentation le permet – des stratégies industrielles et des pratiques traditionnelles. Il importe que les rapports du GIEC rendent compte de manière impartiale des différents points de vue et qu’ils facilitent la détermination des orientations, sans pour autant préconiser ou refléter des choix précis en la matière.
10ème session du Groupe de Travail I du Giec en France , janvier 2007 : une conférence neutre en carbone
Téléchargez la version française du Résumé à l'intention des décideurs
Téléchargez : le Dossier de Presse , Note d'accréditation pour les journalistes
Discours d'ouverture de Christian Brodhag, Délégué interministériel au développement durable
Téléchargez :
le Guide Méthodologique d'organisation de conférence neutre en carbone