La CNUCED vient de mettre en ligne le Rapport sur l’économie de l’information

La CNUCED vient de mettre en ligne le Rapport sur l’économie de l’information


Le rapport constate que :

"Le large accès au savoir qui caractérise la diffusion des connaissances sur Internet et le fait que les communications électroniques ignorent les distances et les frontières nationales en matière de transactions commerciales et financières, laissent présager des avantages économiques pour les pays pauvres, (...)
Les technologies de l´information et de la communication (TIC) permettent de dégager des gains d´efficacité tels qu´elles sont en train de modifier les modes de fonctionnement des entreprises et des économies, d´après les conclusions du Rapport 2007-2008 sur l´économie de l´information . La technologie sans fil, en s´affranchissant des distances, permet de nouveaux modes d´organisation de la production et de la consommation, caractérisés par une plus grande flexibilité, une réduction des coûts de transaction, une plus grande rapidité et précision dans les communications entre agents économiques.(...)
À une époque où l´innovation compte plus que jamais, rapidité et facilité de diffusion des connaissances par la communication électronique permettent aux idées nouvelles de surgir d´endroits multiples, ce qui rend moins nécessaire la centralisation de la production d´idées à l´intérieur de l´entreprise. Cela veut dire aussi que l´entreprise aura plus de difficultés à en maintenir le contrôle. L´innovation utilisant les TIC met l´accent sur l´interconnexion, la flexibilité et la décentralisation. D´après les auteurs du rapport, les produits intellectuels créés en commun et améliorés par des sources multiples (modèle des produits libres) illustrent une tendance nouvelle dont l´influence ne cesse de croître. Si cela soulève des questions quant au choix des régimes de droits de propriété intellectuelle, cela permet également aux entreprises des pays en développement d´avoir accès à moindre coût et plus rapidement à des connaissances qu´elles peuvent utiliser pour fabriquer et vendre des produits compétitifs.
D´après le rapport, le rythme rapide de l´innovation dans le secteur des TIC a contribué à faire baisser le coût de l´accès à ces technologies, ce qui a donné la possibilité à des populations pauvres de les utiliser pour exercer des activités lucratives et améliorer leurs connaissances. "

Mais pour que ces technologies profitent aux pays pauvres :

"Les pays en développement ont fréquemment besoin de réformes juridiques et institutionnelles, ainsi que d´infrastructures technologiques pour se mettre à niveau dans les domaines du commerce électronique et des services bancaires électroniques.
Le développement économique passe par des politiques gouvernementales favorisant les systèmes nationaux de connaissance et encourageant la compétitivité économique. Il faudrait accorder une importance toute particulière à la formation et à l´éducation, dans la mesure où l´économie nationale tire davantage de bénéfices des formations supérieures. Le rôle particulier des TIC comme catalyseur de l´innovation doit être encouragé, selon les auteurs du rapport, et être appuyé par le développement d´une infrastructure adéquate, la création d´un environnement sûr pour l´utilisation des TIC, l´instauration d´un régime de propriété intellectuelle propice au développement et la mise en œuvre de politiques de concurrence.

La responsabilité des pays du nord qui défendent par des brevets leurs avance technologique peut aussi freiner le rattrappage

"Les auteurs du rapport estiment qu´en raison de l´ampleur des retombées positives des TIC, les obstacles aux flux internationaux de connaissances peuvent être très préjudiciables aux pays pauvres, dont les ressources humaines et financières sont limitées.

La CNUCED préconise donc :

"Ils proposent des mesures devant permettre un transfert plus efficace de connaissances et de technologie vers les pays en développement, à savoir un assouplissement de la législation relative aux droits de propriété intellectuelle, l´adoption de modèles en accès libre, l´établissement de partenariats internationaux dans le domaine de la recherche-développement avec la participation de pays en développement et un accroissement de l´aide au renforcement des capacités scientifiques et technologiques nationales."

La situation paraît d'autant plus favorable que selon le rapport :

"La majorité des puces d´ordinateurs, des téléphones, des ordinateurs portables, des écrans de télévision, des lecteurs de DVD et autres produits électroniques et de télécommunication sont désormais fabriqués dans les pays en développement. La part de ces pays dans les exportations de services liés aux technologies de l´information et de la communication (TIC) est aussi en augmentation. Cela tient surtout à la forte croissance des deux plus grandes puissances économiques du monde en développement, la Chine et l´Inde.

La Chine est le premier exportateur de biens et l´Inde est en tête des ventes mondiales de services dans le secteur des TIC.

le rapport explique :

" comment les TIC se développent plus rapidement que beaucoup d´autres secteurs au niveau mondial et se déplacent de plus en plus vers les pays en développement, principalement ceux d´Asie. Ce secteur comprend non seulement l´assemblage des matériels ou biens de consommation électroniques, mais aussi la prestation de services dans des domaines tels que les conseils portant sur les logiciels et les technologies de l´information, les télécommunications et les centres d´appels. Ces dernières activités ont pris un essor considérable dans les pays en développement, qui recherchent de nouvelles niches commerciales et de nouvelles sources d´emploi dans le secteur des services. Dans des pays tels que le Maroc, le Ghana et l´Égypte, les politiques de développement mises au point par les gouvernements ont stimulé l´activité économique et l´emploi dans les TIC.


D'ailleurs selon le Selon rapport :

".Selon le rapport, les activités relatives aux TIC continueront de se déplacer des pays développés vers les pays en développement (graphique 1). Et ces technologies sont appelées à jouer un rôle de plus en plus important dans les échanges Sud-Sud ? c´est-à-dire entre pays en développement. L´impressionnante expansion économique de certains grands pays en développement, notamment la Chine, l´Inde et le Mexique, a des incidences considérables sur les résultats du secteur des TIC dans les autres pays du Sud.

En valeur, le commerce Sud-Sud de biens liés aux TIC a dépassé les échanges Sud-Nord en 2004 (graphique 2). Atteignant un montant de 410 milliards de dollars des États-Unis, il a en outre presque rattrapé celui du commerce Nord-Nord (450 milliards de dollars É.-U.) et l´a probablement dépassé en 2006. Selon le rapport, les pays en développement ont d´importants besoins en matière de TIC, et la demande y est donc élevée.

Les exportations mondiales de services fondés sur les TIC ont augmenté plus vite que l´ensemble des exportations de services pendant la période 2000-2005. Elles s´élevaient à 1 100 milliards de dollars É.-U en 2005, et représentaient environ 50 % des exportations totales de services, contre 37 % en 1995, ouvrant ainsi de nouveaux débouchés à l´exportation pour les pays en développement.

L´activité la plus dynamique du secteur a trait aux services informatiques et informationnels, dont les exportations ont augmenté six fois plus vite que le total des exportations de services entre 1995 et 2004. La part des pays en développement dans ces exportations est passée de 4 % en 1995 à 28 % en 2005 (graphique 3). Le plus frappant est qu´en 2005 (dernière année pour laquelle sont disponibles des chiffres comparables au niveau mondial), les exportations des pays en développement ont atteint le niveau correspondant aux exportations de services informatiques des pays de l´OCDE en 1998. Autrement dit, elles n´avaient que sept ans de retard et probablement moins en 2007. Cela s´explique en grande partie par la domination de l´Inde sur le marché mondial des services liés aux TIC.

Ceci tradurait donc un processus de rattrappage accéléré des PVD et donc un processus de convergence économique dont la chine et l'Inde sont représentatifs :

"Ces technologies ont joué un rôle déterminant dans l´expansion des économies chinoise et indienne. La Chine se spécialise dans la production de biens liés aux TIC, qui a augmenté de manière spectaculaire entre 2000 et 2005. En 2004, la valeur ajoutée du secteur a atteint 7,5 % de son PIB, en hausse de 30 % par rapport à 2003. Le secteur des TIC est prépondérant dans le commerce extérieur du pays, représentant 34,4 % du total des échanges en 2006. La Chine a rattrapé les États-Unis en 2004, et est devenue le plus gros exportateur mondial de produits liés aux TIC. En 2006, ses exportations ont atteint 299 milliards de dollars É.-U.

L´Inde est le plus gros exportateur mondial de services liés aux TIC et le principal marché pour la délocalisation des systèmes de gestion. En 2006, le secteur des TIC représentait 5,4 % du PIB, en augmentation de 4,8 % par rapport à 2005 (la part de l´agriculture dans le PIB était de 18 %). Le montant des seules exportations de logiciels dépassait celui des investissements étrangers directs (la même année) dans un pays qui est aussi une des principales destinations des IED. Essentiellement grâce aux TIC, la part des services dans les exportations totales du pays est passée de 18 % en 1995 à 37 % en 2006.

Ce phénomène est accéléré par les IDE (qualifiés d'IED dans le rapport) :

"Les IED dans le secteur des TIC sont aussi en forte progression, les pays en développement devenant de plus en plus une destination pour ces investissements. Alors que la plupart des flux d´IED sont dirigés vers les pays émergents d´Asie, ils représentent une part plus importante des PIB des pays en développement qui sont plus petits. Le secteur de l´électronique a notamment enregistré d´importantes entrées d´IED. Les flux d´investissements Sud-Sud dans le secteur des télécommunications sont aussi en augmentation et proviennent essentiellement de grandes sociétés transnationales de pays comme l´Afrique du Sud, la Malaisie et le Mexique.

La délocalisation de la production de biens et de services liés aux TIC devrait se poursuivre, essentiellement vers les pays en développement. "

Néanmoins la concurrence va s'exacerber :

"Mais, dans le même temps, la concurrence va s´accentuer et les pays désireux d´attirer les IED et les activités délocalisées devront investir dans la formation de leur main-d´œuvre et dans leurs infrastructures de télécommunication et améliorer les conditions d´investissement.

Le rapport insiste sur le fait que des politiques publiques rationnelles peuvent contribuer à l´essor du secteur des TIC dans les pays en développement."


ANNEXE

Tableaux et graphiques

Graphique 1. Exportations mondiales de biens liés aux TIC, 1996-2005

Graphique 1.  Exportations mondiales de biens liés aux TIC, 1996-2005

Source:UN COMTRADE.

Graphique 2. Destination des exportations de biens liés aux TIC des pays développés et des pays en développement, 1996-2005

Graphique 2.  Destination des exportations de biens liés aux TIC des pays développés et des pays en développement, 1996-2005

Source:UN COMTRADE.

Graphique 3. Exportations de services informatiques et informationnels par niveau de développement

Graphique 3.  Exportations de services informatiques et informationnels par niveau de développement
Source: Données de la balance des paiements du FMI et calculs de la CNUCED.

Le rapport est moins positif sur la diffusion des technologies dans les pays du sud en particulier les PMA :

"La diffusion des technologies de l´information et de la communication (TIC) dans les pays en développement s´intensifie. Cependant, à l´exception des pays d´Asie de l´Est, qui sont à la frontière entre pays "développés" et pays "en développement" (surtout la République de Corée et Singapour), les seconds sont largement distancés par les premiers en matière d´application des TIC et de leur utilisation par les entreprises.

Parmi les TIC, la téléphonie mobile est la technologie la plus utilisée dans les pays en développement. Le nombre d´abonnés y a pratiquement triplé au cours des cinq dernières années et ceux-ci représentent désormais 58 % environ des abonnés. C´est dans les pays en développement d´Asie et d´Afrique que le taux de pénétration de la téléphonie mobile progresse le plus vite. Entre 2005 et 2006, la proportion des abonnés au Ghana est passée de 8% à 23% de la population et de 1% à 4% au Népal. Le "commerce mobile", à savoir l´achat et la vente de biens et services grâce à des appareils portatifs sans fil, se développe. Et l´explosion des paiements et des services bancaires mobiles devrait stimuler ce commerce, à condition d´instaurer un cadre réglementaire propice.

L´utilisation et la pénétration d´Internet continuent de progresser dans le monde, mais les pays développés représentent encore la majorité des internautes et enregistrent le taux de pénétration le plus élevé. En 2002, le taux d´accès à Internet dans les pays développés était 10 fois plus élevé que dans les pays en développement, contre six fois en 2006. Les pays en transition étaient le groupe de pays qui affichait la plus forte augmentation annuelle du taux de pénétration d´Internet entre 2002 et 2006. Le Bélarus et la Croatie enregistrent des taux de pénétration plus élevés que plusieurs pays développés, soit 57 % et 35 % respectivement. Plusieurs pays en développement s´emploient activement à généraliser l´utilisation d´Internet en adoptant des mesures destinées à accroître l´accès aux TIC et les compétences y relatives, en réformant la réglementation afin de stimuler la concurrence et de proposer des services à des prix compétitifs, en réalisant des investissements dans l´infrastructure des TIC et en favorisant la production dans ce secteur.

Même si les données disponibles montrent que le nombre d´abonnés aux services Internet à haut débit a progressé rapidement dans le monde entier, la plus grande partie de ces abonnés se trouve encore dans les pays développés et l´écart avec les pays en développement concernant le taux de pénétration du haut débit s´est creusé depuis 2002. Sept des 10 pays où ce taux est le plus élevé se situent en Europe. Il existe deux exceptions parmi les pays en développement, à savoir la République de Corée et Hong Kong (Chine), où les TIC sont largement diffusées. Un accès à Internet à haut débit permet d´adopter des applications qui ont des effets bénéfiques sur la productivité des entreprises et, compte tenu de l´évolution rapide de la technologie, il est important que les pays en développement rattrapent leur retard.

L´utilisation des TIC à des fins commerciales peut grandement contribuer à créer des activités rémunératrices et à accroître la productivité des entreprises. En moyenne, 34 % des entreprises européennes ont procédé à une intégration automatisée de leurs systèmes de gestion internes. Toutefois, les entreprises des pays en développement sont encore peu nombreuses à avoir adopté les TIC: seules quelques-unes d´entre elles possèdent un Intranet ou un Extranet, ce qui est souvent la première étape vers l´intégration automatisée des systèmes de gestion. Par exemple, une entreprise peut utiliser les TIC pour gérer ses approvisionnements. En améliorant l´échange d´informations avec ses fournisseurs, notamment grâce à des systèmes qui permettent d´automatiser le réapprovisionnement, elle peut optimiser ses stocks. Les entreprises dont les communications sont plus rapides et plus étendues peuvent affiner leurs plans de production et leurs prévisions de chiffre d´affaires à court et à long terme.

Pour illustrer les effets bénéfiques de l´utilisation des TIC par les entreprises des pays en développement, la CNUCED et l´Office national de statistique thaïlandais ont procédé à une analyse qui, pour la première fois dans un pays en développement, consistait à évaluer quantitativement l´impact de l´utilisation des TIC sur la productivité du travail dans les activités de production des petites et moyennes entreprises (PME).

Il ressort de cette étude que l´utilisation des TIC par les entreprises thaïlandaises va de pair avec une hausse considérable du chiffre d´affaires par salarié. Contrairement à ce qui se passe dans les pays développés, l´utilisation de TIC élémentaires ? telles que l´emploi d´ordinateurs ? peut être à l´origine de fortes disparités en matière de productivité du travail. Les différences dans le degré d´utilisation des ordinateurs en Thaïlande se traduisaient par de grands écarts de productivité entre les entreprises. Une augmentation de 10 % de la proportion des salariés utilisant des ordinateurs entraînait une hausse de 3,5 % de la productivité du travail (contre 1,8 % dans les entreprises finlandaises). Une corrélation a été constatée entre l´accès à Internet et l´existence d´un site Web, d´une part, et un chiffre d´affaires plus élevé par salarié, d´autre part, en Thaïlande, le coefficient étant comparable à celui observé dans des pays développés: soit une augmentation de 4 % à 6 % liée à l´utilisation d´Internet en Thaïlande contre une hausse de 5 % aux États-Unis.

L´exemple thaïlandais confirme l´hypothèse selon laquelle les entreprises des pays en développement peuvent profiter autant que celles des pays développés de l´utilisation des TIC."




Tableaux

Tableau 1: Palmarès des 10 premières économies dans la téléphonie mobile, internet et le haut-débit, 2002-2006

Tableau 1: Palmarès des 10 premières économies dans la téléphonie mobile, internet et le haut-débit, 2002-2006
Source: UNCTAD calculations based on the ITU World Telecommunication/ICT Indicators database, 2007.


Quelle politique monétaire face à la récession ?

Face aux risques de récession les banques centrales réagissent très différemment : la FED a baissé son taux directeur deux fois et de manière conséquente, la banque d'angleterre suit le mouvement mais pas la BCE qui reste ciblée sur son objectif de lutte contre l'inflation , une position dogmatique selon certains :

sur le site du figaro :

La Banque centrale européenne maintient sa politique de lutte contre l'inflation. La Banque d'Angleterre baisse son taux directeur.

"Sans grande surprise, le conseil des gouverneurs de la BCE a maintenu son taux directeur à 4% lors de sa réunion mensuelle à Francfort. La banque d'Anglettere avait annoncé peu avant dans la journée une baisse de 0.25 point à 5.25% de son principal taux d'intérêt. L'institution britannique avait déjà abaissé son taux, en décembre, à 5,5%."

Sur le site de l'OFCE : LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE VA-T-ELLE FAIRE PLONGER LA ZONE EURO ?
Jérome CREEL et Éloi LAURENT


C’est bien la pire des folies que de vouloir être sage dans un monde de fous »
Érasme, Éloge de la folie

en laissant fermement entendre que les taux d’intérêt ne baisseraient pas dans la zone euro, et ce pour « ancrer solidement les anticipations d’inflation », le Président de la Banque centrale européenne (BCE) a résolument pris le contre-pied de la stratégie poursuivie par la Réserve fédérale américaine qui avait la veille abaissé son taux directeur de 75 points de base. Les places européennes sont aussitôt reparties à la baisse et le spectre de la crise économique s’est rapproché un peu plus près de la zone euro.
Les crises économiques du capitalisme moderne sont rarement le fruit des seuls marchés. Pour qu’un choc financier se transforme en choc réel, il faut qu’aux erreurs et aux errements des places boursières et des systèmes bancaires s’ajoutent ceux des banques centrales, parmi lesquels le défaut d’anticipation et l’obstination sont les plus préjudiciables.
Si, en 2001, le pire a été évité en Europe, le coût économique du biais dogmatique européen fut alors élevé. En retardant la baisse de ses taux d’intérêt alors que l’économie ralentissait manifestement, la BCE a plongé la zone euro dans une période prolongée de croissance molle dont elle n’est vraiment sortie qu’en 2006. Au même moment, grâce à une baisse franche et préventive de ses taux d’intérêt, la Réserve fédérale permettait à l’économie américaine de renouer avec une croissance vigoureuse de 3 % en rythme annuel, un an à peine après une première chute trimestrielle du PIB (graphique 1).
La situation économique est sans doute encore plus grave aujourd’hui. Et la BCE n’a plus l’excuse, ni de sa jeunesse et par conséquent d’une crédibilité à affirmer, ni d’un taux de change
faible aux effets inflationnistes. Non seulement la politique annoncée et poursuivie par la BCE nous paraît erronée, comme elle le fut en 2001, mais elle semble en outre incohérente.

Pour lire la suite de l'article : La Banque Centrale Européenne va-t-elle faire plonger la zone euro ? par Jérome Creel et Éloi Laurent


Le FMI lui même , exprime ses inquiétudes:


Pour une relance budgétaire ciblée

Réflexions de Dominique Strauss-Kahn
publiées dans le Financial Times,
le 30 janvier 2008

L'économie mondiale ralentit: les problèmes du secteur immobilier perdurent aux États-Unis, les systèmes financiers traversent toujours une passe difficile — aux États-Unis encore, mais aussi en Europe — et la croissance commence à marquer le pas dans le reste du monde. Du point de vue du Fonds monétaire international, ce sont bien sûr les considérations à moyen terme qui priment. Mais cela ne veut pas dire qu'il soit exclut pour autant de recourir aux politiques contracycliques, dont l'effet pourrait être efficace.

pour lire la suite :

Pour une relance budgétaire ciblée, Réflexions de Dominique Strauss-Kahn


des liens pour réviser

QUELQUES LIENS GLANES …

LE PRINCIPE :

- Ces liens sont tous gratuits, ils peuvent vous aider à compléter réviser

- mais ne se substituent pas à vos cours ,

- ils visent seulement à proposer une alternative gratuite aux différents le bac en x leçons que vous achetez .

- pour l'instant nous ne proposons que des liens en mathématiques, philosophie et histoire géographie

Proposez d’autres liens pour enrichir la liste :
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des cartes et animation sur la mondialisation

sur le site educreuse 23 une mine de cartes et animations sur la mondialisation :

http://www.educreuse23.ac-limoges.fr/loewy/swf/default.htm


En particulier pour un bon exemple de compréhension de la DIPP :Le tour du monde d'un jean:


Une étude de cas comme introduction

Le tour du monde d'un jean...

Un article du quotidien britannique The Guardian, sert à faire étudier un exemple concret de mondialisation de la production textile. Par l'étape de la construction d'un organigramme, l'exercice sert aussi à montrer comment bâtir une légende structurée. C'est le préalable à la réalisation d'un croquis. Le croquis spatialise les informations tirées de l'article de presse.


Les documents de travail élève (.pdf)

(382 Ko)



L'organigramme


Le tour du monde d'un jean

Le croquis

(186 Ko)



Un entretien de C Landais sur le creusement des inégalités


SUR LE SITE LA VIE DES IDEES : UNE VIDEO DE C LANDAIS : UN ENTRETIEN ENRICHISSANT


Camille Landais, économiste à l’Ecole d’économie de Paris, a analysé le creusement des inégalités en France dans la période récente et montre que la stabilité séculaire de l’échelle des revenus a laissé la place depuis 1998 au creusement d’un fossé entre les plus riches et la majorité de la population. Cette étude est tout à fait cruciale à l’heure où la question du pouvoir d’achat préoccupe l’ensemble de la classe politique. Entretien vidéo.

cliquez sur le lien : Des riches de plus en plus riches


des exemples d'entreprises innovantes


pour compléter l'analyse de schumpeter sur l'innovation en enseignement de spécialité terminale : des exemples d'entrepreneurs innovateurs : Sur le site du journal du net :











SEB : de la quincaillerie à la multinationale en 150 ans : ici


Mais aussi sur le même site de nombreux exemples d'innovateurs :
Voici où sont nées les grandes entreprises françaises



le plan européen contre le réchauffement climatique

pour compléter le cours sur le marché (droits à polluer et externalités)

sur le portail européen présentation du plan pour :

Lutter contre le changement climatique tout en stimulant la croissance et l’emploi

Logo de la lutte contre le changement climatique

La Commission présente un nouvel ensemble de mesures environnementales. Son ambition: une économie européenne sobre en carbone.

En 2007, l’Union européenne s’est fixé des objectifs ambitieux en matière d'environnement: 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 20 % d’augmentation de l’efficacité énergétique et 20 % d’énergies renouvelables. L’échéance? 2020.

«Notre mission, je dirais même notre devoir, est de créer le cadre d'action nécessaire afin de transformer l'économie européenne en une économie respectueuse de l'environnement et de continuer à montrer la voie au niveau mondial pour préserver notre planète», a déclaré le président de la Commission, José Manuel Barroso.

Ces propositions visent à garantir l'avenir de notre planète, tout en offrant de nouvelles perspectives aux entreprises européennes et en renforçant la sécurité de l’approvisionnement énergétique par le développement des énergies renouvelables.

Les principales mesures présentées sont les suivantes:

  • extension de l’actuel système d’échange de quotas d’émission, mis en place en 2005, à l'ensemble des grandes entreprises polluantes (notamment les centrales électriques) et à un éventail plus large d'émissions de gaz à effet de serre, comme le protoxyde d'azote (fertilisants) et les hydrocarbures perfluorés (aluminium);
  • application d’objectifs de réduction des émissions aux secteurs ne participant pas au système d’échange de quotas d’émission (bâtiment, transports et déchets par exemple): chaque État membre reçoit un objectif national défini de façon équitable, en fonction de sa situation spécifique;
  • définition d’un objectif contraignant pour l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la consommation globale, applicable à tous les États membres;
  • mise en place d’un nouveau cadre juridique pour le piégeage et le stockage souterrain du carbone, afin d’encourager l’investissement dans ces techniques coûteuses.

Combien ces mesures vont-elles coûter, justement? Les prévisions sont claires: on estime que le coût engendré par la lutte contre le changement climatique sera largement inférieur à 1 % du PIB si nous agissons maintenant, contre 5 à 20 % du PIB si rien n’est fait (voir le rapport Stern sur le changement climatique). Cela représente environ 150 euros par personne et par an jusqu’en 2020. En outre, en renforçant sa sécurité énergétique, l’UE pourrait réduire la facture de ses importations de gaz et de pétrole de 50 milliards d’euros par an.

La Commission espère que ce train de mesures sera adopté d'ici à la fin de l'année 2008.

Aspects de la lutte contre le changement climatique: concurrence English , environnement English et énergie English .

L’énergie dans un monde en mutation: vue d'ensemble.




Sur le même sujet

mais sur libération :

"Plusieurs ONG de défense de l'environnement estiment que le plan d'action sur le climat présenté aujourd'hui par la Commission européenne est un premier pas mais qui reste insuffisant, et dénoncent l'objectif contraignant fixé par Bruxelles pour l'utilisation des agrocarburants.
Le paquet de mesures "introduit un certain nombre de réformes nécessaires dans les domaines du climat et de l'énergie d'ici l'année 2020: des objectifs contraignants de réduction des émissions, une évolution importante vers les sources d'énergie renouvelables et des incitations de l'industrie européenne à accroître l'efficacité énergétique et réduire la pollution", a estimé Greenpeace dans un communiqué."

en complément :

les réformes du marché du travail analysées par l'IRES

sur le site de l'IRES


La Chronique n° 110 –janvier 2008

La France engage une série de réformes visant à "moderniser" le marché du travail , l'Ires s'interroge sur les mesures engagées chez nos partenaires : des articles accessibles (courts mais denser)

  • Danemark

THEME MONDIALISATION ET UNIFORMISATION CULTURELLE

THEME DE COMPREHENSION - MONDIALISATION ET UNIFORMISATION CULTURELLE ?

pour télécharger : Pdf_16x16 Word_16x16 Txt2_16x16
SUJET – la mondialisation culturelle (que certains qualifient d’ occidentalisation ou d’américanisation! ) met elle en danger la diversité culturelle, nécessitant alors la mise en oeuvre de politiques d’exception culturelle qui refuseraient d’assimiler la culture à une marchandise ?



Introduction :
En introduction regardez le début de la conférence de JP Warnier pour canal U :



Les sociétés face à la mondialisation des flux culturels

La globalisation des flux de produits culturels fait craindre à certains qu'on assiste à une uniformisation des cultures du monde. C'est déjà ce que redoutait Arthur de Gobineau au 19ème siècle. A l'encontre de cette opinion, deux arguments sont à prendre en compte. Ils sont en général mal compris des publics auxquels je m'adresse, et c'est sur ces deux points que portera la conférence. En premier lieu, plus que jamais, l'humanité est fragmentée par des conflits innombrables et souvent violents entre groupes, catégories sociales, communautés, pays. Ces conflits sont d'ordre politique au sens large du terme. Ils sont en partie alimentés par des clivages culturels. Mais ils ont aussi pour conséquence de produire, en permanence, des éléments de culture qui nourrissent la divergence culturelle. En d'autres termes, du fait des conflits politiques, l'humanité est une machine à produire de la différence culturelle. Dans la relation d'opposition, chacun cultive ses spécificités. Deuxième argument : les pronostics pessimistes sur la mondialisation de la culture procèdent tous d'une observation de l'offre globalisée de produits culturels (cinéma, musique, presse, mais aussi jouets, alimentation, etc.). Or, en observant la réception localisée, en faisant un travail d'ethnologue, on constate que les produits véhiculés par les flux mondiaux servent de matériaux pour des constructions culturelles locales diversifiées. Pour autant, tout motif de préoccupation ne disparaît pas. L'émiettement culturel est avéré. Les créations locales n'ont pas accès aux techniques industrielles et en pâtissent.

Document 1 :
A:
Source : sciences po, atelier de carthographie

B :
La "diversité culturelle" apparaît donc comme l’expression positive d’un objectif général à atteindre : la mise en valeur et la protection des cultures du monde face au danger de l’uniformisation. Dans cette perspective, il est de fait que l’"exception culturelle " représente un des moyens parmi ceux qui peuvent conduire à la protection et à la mise en valeur de la diversité culturelle. Un élément clef du raisonnement réside dans l’affirmation que les biens et services culturels (livres, disques, jeux multimédia, films et audiovisuel) ne sont pas comparables à d’autres marchandises et services. C’est pourquoi ils méritent un traitement différent ou exceptionnel qui les protège de la standardisation commerciale allant de pair avec la consommation de masse et les économies d’échelle. Cela implique logiquement, au minimum, un traitement, lui aussi "différent", à l’intérieur des accords qui régissent le commerce international. Il importe de pouvoir mettre en place un cadre réglementaire efficace et de définir des politiques culturelles gouvernementales qui permettent de promouvoir
La doctrine de " l’exception culturelle " repose sur le principe que les biens et les services culturels, du fait de leur relation à la culture sont d’une nature particulière qui va au-delà des seuls aspects commerciaux. Ils véhiculent des contenus, des valeurs et des modes de vie qui sont partie prenante de l’identité culturelle d’un pays et reflètent la diversité créatrice des individus. Or, durant la dernière étape des négociations du Cycle de l’Uruguay, certains pays ont considéré que l’application des principes du GATT - tout particulièrement le traitement national et la clause de la nation la plus favorisée – au commerce des biens et services culturels ainsi qu’aux droits d’auteur menaçait la prise en compte de la spécificité culturelle de ceux-ci en faveur de leurs aspects purement marchands.
De plus, la survie des industries culturelles – spécialement le cinéma et l’audiovisuel – peut dépendre uniquement de la restriction aux importations de produits similaires ou de subventions concédées par l’Etat à des industries nationales, en raison de leur caractère culturel. Soumises aux seules règles de caractère commercial comme n’importe quel autre secteur d’activités, elles seraient rapidement remplacées par d’autres productions fortement financées du fait de leur situation de monopole ou de leur implantation multinationale. C’est pourquoi certains négociateurs considéraient que des mesures d’action positive étaient nécessaires pour maintenir et développer une production nationale viable que puisse refléter les expressions culturelles locales et éviter une standardisation des goûts et des comportements sociaux.
Source : http://www.unesco.org/culture/industries/trade/html_fr/question16.shtml#16.

Document 2 :
Deux camps s’opposent en mai 1993 suite à la position française d’exception culturelle, refusant l’inclusion du cinéma (et à degré moindre de l’audiovisuel) dans la liste des produits ou services à «libérer» :
- les «libre-échangistes» (ou hyperlibéraux selon les Européens) qui prônent l’abandon total des mesures de protection avec pour champion les Etats-Unis (mais pas seulement) ;
- les «exceptionnistes» (ou protectionnistes selon les Etats-Unis) qui veulent le maintien des industries nationales sans pour autant fermer hermétiquement leurs frontières. Leur champion en est l’Union Européenne, impulsée par la France et soutenue par le Canada.
Selon les exceptionnistes, les Etats ont le droit de conduire des politiques nationales destinées à faire vivre sur leur territoire les industries culturelles. Ils souhaitent donc maintenir les dispositifs de soutien mis en place pour les arts et la culture, avec une extension prenant en compte le dernier-né des arts, le cinéma. Ils ne sont toutefois pas en faveur d’un rideau de fer, car ils connaissent, en tout pragmatisme, leur dépendance à l’égard des collections et des catalogues américains et ils ne s’opposent pas à l’innovation technique ou à l’évolution économique. Economiquement toutefois, les exceptionnistes considèrent que le marché mondial dont il s’agit est un faux marché, dominé par un petit nombre d’entreprises multinationales pilotées par les Etats-Unis (ou dont les fonds de pension américains sont les principaux actionnaires). Certains dénoncent même la réalité du protectionnisme américain, pays qui importe moins de 1 % de la production cinématographique mondiale. Culturellement, ils s’opposent aussi à la perception que le cinéma (et l’audiovisuel) soit une simple industrie de divertissement et le conçoivent comme un art, relevant d’un patrimoine. Les exceptionnistes, , font valoir un certain nombre de droits: la logique du marché à elle seule ne peut garantir la diversité; les moyens de représentation de l’identité d’un pays ne peuvent être laissés à un tiers; la défense du pluralisme est une forme de défense de la liberté d’expression; les oeuvres de l’esprit ne sont pas une marchandise comme une autre; chaque peuple détient le droit au développement de sa propre culture; la liberté de création se doit d’être plurielle et pluraliste. Par voie de conséquence, certains devoirs incombent aux nations: les pouvoirs publics ont le devoir de rééquilibrer les extrêmes du marché; les Etats sont habilités à protéger les industries médiatiques du fait des plus grands risques financiers qu’elles courent; les mesures de discrimination positive (comme les quotas) aident à combler le handicap national face à Hollywood .
Les libre-échangistes, à l’inverse, considèrent que le cinéma est un divertissement, à base industrielle, au même titre que le vélo ou le jeu de cartes; ils rejettent toute idée de protection de cette industrie, arguant du fait qu’ils n’ont pas eux-mêmes de pratique concertée au niveau fédéral en ce qui concerne la communication, l’information, la culture. En effet, il n’existe pas aux Etats-Unis de ministère dédié à ces pratiques, qui se trouvent regroupées au sein du ministère de l’économie et du commerce. Sans ambiguïté ni état d’âme, ils demandent donc l’abrogation de toute barrière douanière et de tout subside d’Etat allant à ces produits. Les libre-échangistes, notamment par la voix de Jack Valenti, président de la très puissante Motion Pictures Association of America (MPAA) , émettent des critiques davantage dictées par le pragmatisme et la logique économique: l’exception est une approche élitiste et passéiste; le protectionnisme est une contravention à la liberté d’expression et de consommation; la mainmise de l’Etat sur la culture ne crée pas le talent et nuit à l’art; l’exception favorise le développement d’une mentalité d’assistés de la création; elle constitue une entrave à la concurrence et une perversion du marché; le refus de la réduction des coûts menace l’amélioration du niveau de vie de l’ensemble de la planète; l’inefficacité du protectionnisme mène au gaspillage des fonds publics; le déterminisme technologique rendra caduques toutes les politiques nationales par les effets de la numérisation (qui inévitablement provoquera la dissémination des produits américains).
Source : Exception culturelle, politiques nationales et mondialisation: enjeux de démocratisation et de promotion du contemporain Divina Frau-Meigs, in : http://www.audiovisualcat.net/publications/Q14france.pdf

Document 3 :
La mondialisation actuelle nous montre ce que le développement a été et que nous n'avons jamais voulu voir. Elle est, en effet, le stade suprème de l'impérialisme de l'économie. Rappelons la formule cynique d'Henry Kissinger : “La mondialisation n'est que le nouveau nom de la politique hégémonique américaine". Mais alors quel était l'ancien nom ? C'était tout simplement le développement économique lancé par Harry Truman en 1949 pour permettre au Etats-Unis de s'emparer des marchés des ex-empires coloniaux européens et éviter aux nouveaux Etats indépendants de tomber dans l'orbite soviétique. Et avant l'entreprise développementiste ? Le plus vieux nom de l'occidentalisation du monde était tout simplement la colonisation et le vieil impérialisme. Si le développement, en effet, n'a été que la poursuite de la colonisation par d'autres moyens, la nouvelle mondialisation, à son tour, n'est que la poursuite du développement avec d'autres moyens. Mondialisation et américanisation sont des phénomènes intimement liés à un processus plus ancien et plus complexe : l'occidentalisation. (...)
Ce n'est qu'au terme d'une longue Odyssée que l'idéologie et la "culture" occidentales aboutiront à l'économicisation de la vie. Il est vrai que ce processus a été poussé le plus loin aux Etats Unis, terre vierge où le poids de l'histoire était quasi-absente.
Source : S Latouche , l'occidentalisation à l'heure de la globalisation : défi européen et sagesse africaine , dakar mars 2005.

Document 4 :
Pour de nombreux auteurs, l'impérialisme culturel américain ne fait pas de doute. Il est vrai que des politiques volontaristes ont été menées aux Etats-Unis, caractérisées par des subventions au cinéma (dès les années 20) ou par la volonté d'ouverture des marchés nationaux, qui remonte à l'après-guerre.

L'argument principal contre l'impérialisme culturel américain est aujourd'hui la constatation de la place prépondérante des firmes de communication américaines et l'ampleur de la diffusion mondiale des produits culturels élaborés aux Etats-Unis. Le principal marché est américain, les innovations et les technologies sont américaines, les produits sont majoritairement américains, les firmes les plus importantes sont américaines.

La musique enregistrée, les films et séries télévisés qu'en France on appelle les «produits culturels» et aux Etats-Unis « entertaininent» constituent d'ailleurs l'un des secteurs économiques les plus internationalisés de l'industrie américaine. En 2000,40 %des revenus des compagnies de diffusions de films et séries télévisés américaines provenaient de l'exportation (34% en 1988). Plus impressionnantes encore sont les comparaisons. En matière de programmes télévisés, les Etats-Unis exportent plus que tous les autres pays du monde réunis. Partout ou presque, la situation est la même: les programmes de télévision américains sont omniprésents et les cinémas nationaux (sauf quelques exceptions comme l'Inde, l'Egypte ou la France) pratiquement laminés. L'hégémonie américaine s'exerce également dans tous les domaines de la communication. Le développement d'Internet ou des satellites laisse même augurer d'une progression future de leurs exportations.

La suprématie des produits américains entraîne-t-elle mécaniquement une pénétration de la «culture américaine»? La réponse à cette question n'est pas évidente. Certes, séries TV et films américains véhiculent des décors, des situations qui reflètent l'American way of life, mais la question est plus complexe qu'il n'y paraît . Pour pouvoir s'exporter, les images ou la musique deviennent des produits stéréotypés, neutres et passe-partout, bref «universels». Les films américains ne diffuseraient pas l'Amérique, mais une vision déréalisée et vidée de tout contenu politique, économique et social.

Le schéma le plus courant des films hollywoodiens, qui privilégie le rôle de l'individu, son autonomie et sa capacité de s'en sortir seul, est un modèle mythique qui ne correspond pas aux réalités sociales et culturelles réelles des Etats-Unis. Ce modèle, plébiscité dans la plupart des sociétés, traduit tout autant une «américanisation» du monde qu'une «mondialisation» de l'Amérique.

Source : J.C. Ruano-Bortolan , in Sciences humaines , 2002


Document 5 :

pour les plus motivés qui veulent approfondir les répercussions de la mondialisation sur le cinéma :l'intervention de Bonnel René pour canal U :

Le cinéma à l'épreuve de la mondialisation



La politique cinématographique n'a jamais été objet de consensus international. Traité comme une marchandise ordinaire par une majorité d'Etats adeptes du libre échange, le film est considéré par une poignée d'autres, sous la pression d'une partie de leurs opinions, comme une oeuvre d'art dont il faut protéger l'élaboration et la circulation. La France, championne de l'exception culturelle, a convaincu ses partenaires de mettre le cinéma et l'audiovisuel à l'abri de la libre concurrence. En même temps, au nom du principe de non discrimination, elle a dû étendre les bénéfices de son système d'aide aux ressortissants de l'Union européenne tout en valorisant les oeuvres d'expression originale française. Ces réformes ont accru la complexité du dispositif de soutien et le rendent inexportable. Cantonné dans une ligne défensive, les tenants de l'exception culturelle n'ont pas réussi à imaginer une politique qui garantit à terme la sauvegarde, voire le rayonnement de la création cinématographique européenne. Le développement technologique fragilise le droit des auteurs et facilite une pénétration déjà écrasante des produits américains. Les Européens, animés sur le sujet de convictions très variables, mènent la bataille en ordre dispersé. On parle déjà d'abandonner la règle de l'unanimité pour traiter de ces questions. L'Europe et la France sont à la croisée des chemins pour tenter de définir une stratégie qui protège l'autonomie culturelle de l'Europe c'est à dire son identité.



Source : le cédérom d'alternatives économiqes, 10 ème édition.

csource : http://cartographie.dessciences-po.fr/cartotheque/36D_budgets_chaines.jpg

Document 6 :

A :

Premier pays producteur de films au monde, dans le peloton de tête des nations cinéphiles, dotée d'une noria de chaînes de télévision, l'Inde a développé pratiquement sans l'aide de l'Etat une industrie du divertissement de grande ampleur. Comment est-elle parvenue à ce résultat ?Les industries de l’image ont rejoint des prédispositions culturelles. L’essor du cinéma indien démarre très tôt dans les années 20 quand ce pays est encore sous tutelle britannique : dans les années 30, le pays produisait déjà annuellement plus de 400 films. Ici, l’engouement du public fut d’autant plus vif qu’il avait reconnu dans les images animées un spectacle qui lui venait de sa propre culture : le bouddhisme et la religion tantrique. La population du bas continent asiatique est habituée à négocier entre la vie ordinaire et un univers imagé peuplé de dieux, demi-dieux et de créatures surnaturelles dont les histoires délivrent des modèles de comportements pour le quotidien. Le cinéma indien s’inspire aussi des autres formes de spectacle et d’arts populaires comme le théâtre parsi et la dramaturgie sanskrite.L’Inde fut proprement hypnotisée par l’invention du cinéma et Joël Farges rappelle qu’« il n’existe pas de par le monde de pays qui ait aussi vite et aussi totalement intégré une invention étrangère ». Des entrepreneurs locaux lanceront la machine, profitant du jeu subtil des Anglais qui poussèrent les Indiens à développer leur industrie pour renforcer la circulation des « us et coutumes » aux quatre coins de l’empire britannique, et pour écarter l’influence du cinéma américain censé avoir pour effet de discréditer la civilisation occidentale aux yeux des masses indiennes. Une production a alors pris son envol, s’appuyant sur les diverses cultures et langues locales (hindi, tamoul, bengali, ourdou , etc) qui composent la mosaïque indienne.Outre son enracinement dans la tradition populaire, ce cinéma se caractérise par l’ambition d’être un spectacle total. Les films hindi typiques sont réputés « masala », littéralement combinaison de plusieurs épices, mélange d’une pluralité d’ activités artistiques : musique, chants , danses et récits. Filière cinématographique et filière musicale sont étroitement mêlées : les musiques sont considérées comme marqueurs des films et elles captent près des deux tiers du marché du disque, alors que les variétés internationales en représentent 6%. L’industrie musicale participe même parfois au préfinancement des films. Plus encore qu’ailleurs, enfin, des synergies se sont nouées entre cinéma et télévision : cette dernière diffuse abondamment les longs métrages et confèrent aux stars glorifiées par de gigantesques opérations de marketing (émissions people, magazines d’actualité cinématographique, spots publicitaires, le tout relayé par Internet et la presse grand public) un statut de figures vénérées.L’Inde n’a pris presque aucune mesure publique en faveur d’une industrie de l’image car dans ce pays la machine productive privée (producteurs, distributeurs et organismes financiers), fonctionne magistralement et aboutit à saturer les écrans de films et de productions domestiques : en salle les films étrangers représentent à peine 5 % de l’offre et de la consommation, et sur les télévisions cette hégémonie culturelle s’affirme aussi. Un examen minutieux montre toutefois que ce pays, sous couvert d’une économie de pur marché, pratique un protectionnisme discret en faveur des programmes nationaux. Par exemple, jusqu’en 1992 le gouvernement a interdit de doubler les productions étrangères. Surtout, ce dernier a tenté de maîtriser les évolutions technologiques permettant l’influence extérieure : en témoignent les difficultés pour le réseau Star TV de télévision par satellite (qui appartient au groupe Murdoch) de pénétrer le territoire indien. Enfin, la National Film Development Corporation aide à financer des œuvres d’auteur de facture exigeante, mais ces aides sont modestes et ne touchent qu’une minuscule proportion de la production.L’industrie indienne produit plus de 900 films par an (934 en 2005) et accueille quelques centaines de films étrangers sur ses écrans, la plupart américains (en 2005, 80 films issus des majors américaines sont sortis sur les écrans indiens, l’offre de films anglophones croît de 35 % par an) dont la distribution se concentre dans les multiplexes des grandes villes. Mais aucun film étranger ne figure parmi les succès de fréquentation, le public indien se délecte exclusivement de ses romances locales. En dépit d’une volonté affichée de gagner des parts sur le marché international, et d’accommoder ses productions à ce dessein, la capacité exportatrice de ce pays est limitée. Le cinéma indien ne capte hors de ses frontières que 12 % de ses recettes et sa zone d’attraction se cantonne aux lieux de la diaspora indienne (Asie du sud-est, pays du Golfe, Angleterre et quelques villes californiennes). Le cinéma indien fait en réalité peu de concessions pour se rapprocher d’une facture hollywoodienne (en témoigne par exemple, la durée des films !) et décline plutôt les charmes de l’indianité qui flatte vis-à-vis de l’étranger une vision « enchantée » ou kitsch de ce pays. Participer au casino mondial des images suppose d’adapter la création, et les producteurs/auteurs soit n’ont pas les moyens, soit rechignent à trop concéder sur les partis pris esthétiques ou narratifs et sur les sujets. Ces productions se rentabilisent (ou pas) alors sur leur marché domestique (voir sur ce sujet la thèse de Camille Deprez).

C’est à travers une avalanche de récits produits par le cinéma et la télévision que les sociétés contemporaines se jouent et se rejouent leurs histoires, leurs expériences singulières, leurs angoisses et leurs espoirs, c’est par le biais de cette féerie projective que se consolident sentiments identitaires et cohésion sociale. C’est par elle aussi que beaucoup de pays ont géré (ou gèrent) leur transition vers la modernité individualiste. Sur ces enjeux , l’Inde joue la course en tête avec les Etats-Unis : dans ces deux pays capitalisme et identités nationales se sont fécondés mutuellement pour donner naissance à une industrie du divertissement dans laquelle tous les habitants se reconnaissent et se complaisent au point de pouvoir vivre quasiment en autarcie culturelle. La taille des marchés nationaux, qui facilite la rentabilisation des investissements, explique pour une part ces situations inédites, mais d’autres facteurs méritent d’être cités : fierté nationale, multiculturalisme interne, et sûrement accueil généreux et sans complexe par le public des sortilèges du divertissement

Source : L'exception culturelle indienne ne ressemble guère à celle de la France Monique Dagnaud : http://www.telos-eu.com/2006/10/lexception_culturelle_indienne.php

B :
Une comparaison avec d’autres pays dotés d’une puissante industrie de l’image mérite le détour. Les Etats-Unis ont produit 475 films en 2004. Les films américains détiennent 83,5% des parts de marché sur leur territoire, 93% si l’on ajoute les co-productions avec des pays européens. En revanche, l’industrie cinématographique, qui pèse 23,5 milliards de dollars en 2004 (un chiffre en croissance régulière), ne réalise que 40% de ses recettes sur son marché national et inonde la planète de ses productions.
A l’aune de ces données, on mesure l’exception française. Ici, le cinéma et l’audiovisuel sont d’abord tenus pour des activités artistiques, destinées à stimuler l’imaginaire national et le lien social, et sont rarement conçus pour pénétrer le marché mondial. La part accordée aux films des auteurs-réalisateurs adeptes du scénario « ouvert », qui laisse une certaine improvisation lors du tournage, signe un mode de production fort éloigné de la fabrication hyper-rationalisée à l’américaine. La France ne met pas au fronton de sa politique la guerre des images comme le font les Etats-Unis ou le Japon. Son public n’est pas rivé sur son cinéma domestique, comme aux Etats-Unis ou en Inde. Dans ce domaine, grâce à une forte production et à l’accueil généreux de films étrangers, elle s’adonne à ce qu’on pourrait nommer « la bonne volonté culturelle ». Et en matière d’œuvres de télévision, elle privilégie le regard ethnographique sur elle-même. Pour l’ensemble de sa production culturelle, la France est tournée vers son public intérieur, et, quand elle l’expatrie, pense plus rayonnement culturel que victoires en parts de marché.
Source : Pourquoi l’exception culturelle s’exporte mal
Monique Dagnaud : http://www.telos-eu.com/2006/01/pourquoi_lexception_culturelle.php

C : sur le site du journal du net
© Getty Images

Yaourt, pizza, fromage ou café, ces produits ont conquis le monde. Qu'ils soient partis de France, de Suisse ou des Etats-Unis, ils sont devenus, chacun dans leur domaine, des références dans de nombreux pays.

Mais pour partir à la conquête du monde, les entreprises qui les produisent ont choisi de s'adapter aux goûts et aux couleurs locales au lieu d'imposer un modèle unique de consommation. Découvrez les.


Document 7 :
Approuvé par 127 pays sur les 135 ayant participé aux négociations de juin 2005, le projet instaure la non-subordination de la future Convention aux traités internationaux existants – et donc, en, particulier, ceux de l’OMC – et répond à trois objectifs autour desquels s’est rassemblée une vaste majorité d’États :
· affirmer le droit souverain des États à mettre en œuvre des politiques culturelles ;
· reconnaître la spécificité des biens et services culturels (qui ne sont pas “ des marchandises comme les autres”,selon l’expression usuelle)
· renforcer la coopération et la solidarité en faveur des pays en développement.
Durant la session de juin, les États-Unis furent le seul pays à s’exprimer ouvertement contre le projet de Convention. Ainsi, dès la clôture des travaux, la délégation étasunienne a réagi par un communiqué très vif, où l’on pouvait lire, notamment : « L'avant-projet de convention est profondément défectueux et fondamentalement incompatible avec la mission statutaire de l'Unesco de promouvoir la libre circulation des idées par l'intermédiaire des mots et des images (...) Cela entachera certainement la réputation de l’Unesco en tant qu’organisation internationale responsable et sérieuse ».Cependant, plus d’un diplomate a souri devant cette posture des États-Unis en défenseurs de « la libre circulation » : chacun sait bien, en effet, que s’ils ont réintégré l’Unesco en octobre 2004, après 19 ans de boycottage, c’est justement dans le but manifeste d’empêcher l’aboutissement d’une telle Convention ; d’autre part, ils sont le pays au monde le plus protectionniste en matière culturelle, puisque leurs importations dans ce secteur représentent à peine 2 % de leur consommation totale
Source : Mondialisation et diversité culturelle : le projet de convention sur les biens culturels de l’unesco : les états-unis furieux et isolés in : http://www.voxlatina.com/vox_dsp2.php3?art=1901

Document 8 :
Dans « Branchements », le passionnant essai qu'il consacre aujourd'hui à la mondialisation culturelle, Jean-Loup Amselle) se montre, lui, extrêmement radical dans le refus d'opposer la défense du « local » aux appétits supposés du grand méchant loup mondialiste. Nul doute que les positions de cet anthropologue feront grincer les dents de l'« obsédé de la pureté culturelle » qui sommeille parfois chez le militant antimondialisation . Jean-Loup Amselle se refuse en effet à agiter le spectre d'un quelconque « McWorld » (selon l'expression forgée par Barber). Dire que la globalisation actuelle aboutit à l'anéantissement de la diversité culturelle mondiale dans un fade fourre-tout est un pur fantasme. Un fantasme qui trahit une vision réactionnaire de l'histoire des civilisations, selon laquelle des « segments culturels étanches » auraient traversé les siècles sans se mêler véritablement, et seraient aujourd'hui en passe de s'abîmer irrémédiablement dans le grand chaudron bariolé de la mondialisation

A travers une série d'exemples historiques convaincants, Amselle montre à l'inverse que notre mondialisation actuelle ne fait que prendre la suite d'une foule de dispositifs de globalisation antérieurs, tels que l'expansion du « modèle français » au XVIIIe siècle, ou l'islamisation en Afrique au Xe siècle. Ces dispositifs importés ont-ils abouti par le passé à une aliénation des esprits ? A chaque fois, au contraire, ils ont été interprétés dans les idiomes culturels locaux, mixés et samplés avec des traditions et des religions antérieures, souvent elles aussi importées à des époques plus anciennes encore, aboutissant au final à des créations originales. Pratiquer le christianisme en Ethiopie, où il est devenu avant tout un moyen de singularisation nationale et a été très tôt acclimaté, n'a pas le même sens que le pratiquer à Boston ou à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. A chaque fois le modèle importé est retravaillé, déplacé. De la même façon, on pourra hurler à la « coca-colonisation » mondiale en voyant une tribu africaine utiliser ce vulgarissime soda yankee comme breuvage sacré dans ses mariages, il n'empêche que là encore on voit bien qu'il y a eu déplacement, inventivité culturelle, et non acculturation

Source : Aude Lancelin Ils contre-attaquent «l'Empire» Le Nouvel Observateur,15.2. 2001 http://www.france-mail-forum.de/fmf22/cul/22lancel.html


Document 9 :
Alors, demain, nos économies seront -elles toutes calquées sur un modèle américain dont l'efficacité économique n'a d'égal que l'âpreté sociale ? Voire. « Le drame, c'est que la plupart des économistes, peut-être 70 , travaillent aux Etats-Unis, précise Robert Boyer. Les décideurs qui comptent, dans les ministères des Finances ou les banques centrales, ont été formés dans cette grande matrice intellectuelle. Il est pour eux naturel d adopter l'idée selon laquelle le marché pourvoit à tout. Il suffirait de ressembler aux Etats-.Unis pour résoudre les crises.
Mais c'est impossible, car le modèle américain n'est pas la règle, c'est l'exception : ce capitalisme US, qui a aboli les relations sociales antérieures , est fondé sur une immigration de gens qui ont rejeté leur société d'origine et un individualisme constitutif . c'est la seule société qui fonctionne ainsi. Voilà le paradoxe :si les Etats-Unis étaient un syncrétisme moderne, ils pourraient prétendre être la référence , mais c'est le pays le plus exceptionnel de la planète , avec une mobilité géographique extraordinaire, et dans lequel les formes de socialisation ont été complètement façonnées par le marché . Ce système est absolument inexportable » Car les capitalismes ont une histoire. Enracinés dans des terreaux politiques, sociaux, et culturels spécifiques, ils donnent des pousses pour le moins variées. <( En profondeur, le capitalisme dépend de la conception que chaque communauté se fait de la vie en société, de ce qu'est un homme libre, et donc des contraintes acceptables et intolérables pour lui. explique le sociologue Philippe d-lribame. Ce n'est pas un hasard si l'Angleterre valorise la culture du contrat, si l'Allemagne valorise la culture du consensus, et si les Français mélangent revendication d'autonomie et référence au chef. Ces comportements remontent parfois au Haut Moyen Age, et létude des systèmes économiques d'aujourd'hui montre qu'ils ont traversé les siècles. Ces différences très profondes ne peuvent que donner naissance à des capitalismes différents. Certes, on peut copier telle ou telle technique. Nos sociétés s'empruntent en permanence des institutions, des lois ou des procédés de gestion. Mais ensuite, elles trient, elles adaptent, elles rusent avec la théorie. Et ce faisant, elles restent fidèles à leurs propres conceptions. » , il y a donc autant de cultures capitalistes qu'il y a de cultures. Et la mondialisation n'y change rien, au contraire.Au fur et à mesure qu'il s'étend, le capitalisme arbore en effet des visages de plus en plus différents (...) Dans ces conditions, la mondialisation n'a pas plus de chances de conduire à "uniformisation des capitalismes que le fordisme hier ou la révolution industrielle avant-hier. « On ne me fera jamais croire que les Etats modernes, qui prélèvent et redistribuent entre 35 et 55 de la richesse nationale, sont impuissants, martèle l'économiste Pierre-Noél Giraud. Ils ont des moyens d'action énormes en matière d'infrastructures, de formation, de recherche, d'environnement, de création d'entreprise... Ces moyens énormes, ils les utiliseront de manière différenciée, en fonction de leur culture et de leurs institutions. » - Bref.il y a et il y aura autant de capitalismes que de pays capitalistes. La preuve ? Vue de plus près, l'américanisation apparente des systèmes économiques tient souvent du trompe-l'œil. SOURCE : S Tolotti, le XXIème siècle sera fil américain •? , in croissance, n°422

Quelles entreprises exportent en France ?

sur le site du CEPII :

le club très select des firmes exportatrices


Matthieu Crozet
Thierry Mayer




La mondialisation est partout. Du moins, c’est l’impression qu’elle donne : de plus en plus de pays s’ouvrent aux échanges internationaux et de moins en moins de secteurs semblent protégés de la concurrence internationale. Cette impression correspond bien aux analyses traditionnelles, qui considèrent que les échanges commerciaux sont affaire de spécialisation intersectorielle et qui se focalisent essentiellement sur les barrières telles que les droits de douane ou les coûts de transport. Mais l’accès à des données fines, au niveau de chaque entreprise exportatrice, fait apparaître un paysage sensiblement différent et permet de dresser un constat plus précis et nuancé de la mondialisation. L’analyse des bases de données des douanes et de l’INSEE montre que la proportion des firmes françaises qui ont directement une activité d’exportation est étonnamment faible, et que ces entreprises se distinguent nettement des autres : elles sont plus grandes, plus productives et versent des salaires plus élevés à leurs employés. Un éclairage sur ces "stars" qui font la mondialisation est nécessaire pour comprendre l’ampleur réelle de l’internationalisation des marchés et mieux identifier les barrières qui entravent effectivement les capacités d’exportation d’un pays comme la France.

pour lire la suite : ici